Les coureurs de Lampre sont visés.

Tout a commencé par une banale annonce, la veille du Tour des Flandres : Lorenzo Bernucci déclarait forfait à cause d'un accès de fièvre. Hasard ou pas, ce même samedi matin, les enquêteurs perquisitionnaient sa demeure toscane. Ils ont saisi des produits interdits, destinés, selon Bernucci, à sa femme et à son frère. L'Italien, vainqueur d'une étape du Tour 2005, avait déjà été suspendu un an pour avoir pris un coupe-faim, un produit qu'on a encore retrouvé dans sa maison. Ce genre de ...

Tout a commencé par une banale annonce, la veille du Tour des Flandres : Lorenzo Bernucci déclarait forfait à cause d'un accès de fièvre. Hasard ou pas, ce même samedi matin, les enquêteurs perquisitionnaient sa demeure toscane. Ils ont saisi des produits interdits, destinés, selon Bernucci, à sa femme et à son frère. L'Italien, vainqueur d'une étape du Tour 2005, avait déjà été suspendu un an pour avoir pris un coupe-faim, un produit qu'on a encore retrouvé dans sa maison. Ce genre de récidive ne fait plus broncher le peloton depuis longtemps. Les nouvelles sont devenues plus alarmantes quand il est apparu que Bernucci n'était pas le seul coureur visé : c'est tout Lampre-Farnese Vini qui est dans la mire des enquêteurs, qui soupçonnent un dopage organisé collectivement. Pourtant, depuis l'affaire Festina et le nettoyage qui s'en est suivi, on pensait ces pratiques révolues. Parmi les 35 inculpés, on retrouve les noms de quelques directeurs de Lampre mais aussi de Giuseppe Saronni, l'ancien champion du monde devenu manager de Lampre. Selon des sources transalpines, Beppe serait ami avec Guido Nigrelli, la figure centrale de cette affaire, depuis trente ans. Nigrelli, surnommé le Barde, possède une pharmacie dans le petit village de Mariana Mantovana, en Lombardie. Il est connu dans le milieu équestre et est le préparateur d' Alessandro Ballan depuis quelques années. Ce dernier a effectué l'essentiel de sa carrière chez Lampre, qu'il a quitté cet hiver pour BMC, qui l'a suspendu en attendant de plus amples informations. Les premiers soupçons à l'encontre de Nigrelli (55 ans) datent de près de dix ans. En 2001, il a éveillé l'intérêt de la Justice après une razzia policière à grande échelle à Sanremo, pendant le Giro. Nigrelli a également été cité comme témoin dans l'affaire Emmanuele Sella, le grimpeur italien contrôlé positif à la cera en 2008 mais bénéficiaire d'une diminution de peine suite à l'expression de ses regrets. L'enquête en cours pourrait s'appuyer sur les aveux de Sella et concerne des faits remontant à 2008 et à 2009. On retrouve d'autres noms connus : Damiano Cunego, qui s'est empressé de quitter le Tour du Pays Basque, et Alessandro Petacchi, dont les propriétés ont été perquisitionnées. Lampre s'est distancié de toute pratique illégale dans un communiqué officiel. Le cyclisme déjà tant décrié risque de recevoir un nouvel uppercut qui s'étend au-delà de la Botte. Une trace mène de Mariana Mantovana à Humanplasma, la banque de sang viennoise qui avait procuré de la cera au grimpeur autrichien Bernhard Kohl.