Les prestations de Genk avant son match aller du troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions n'étaient pas vraiment rassurantes: une défaite contre Valence (0-1), un nul face au PSV (0-0), une défaite contre Roda (4-1) et un autre revers en Supercoupe contre le Club Brugeois (0-2), sans oublier une défaite face à Lokeren lors de la première journée de championnat (2-3). Pourtant, le Sparta Prague a tremblé à Genk. Il s'y est incliné 2-0.
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Les prestations de Genk avant son match aller du troisième tour préliminaire de la Ligue des Champions n'étaient pas vraiment rassurantes: une défaite contre Valence (0-1), un nul face au PSV (0-0), une défaite contre Roda (4-1) et un autre revers en Supercoupe contre le Club Brugeois (0-2), sans oublier une défaite face à Lokeren lors de la première journée de championnat (2-3). Pourtant, le Sparta Prague a tremblé à Genk. Il s'y est incliné 2-0. Comment une formation qui a aussi peu changé peut-elle être déstabilisée et trouver aussi difficilement le chemin du but? JanMoons demeure le portier attitré mais la concurrence est plus rude: s'il faisait jeu égal avec IstvanBrockhauser, DavySchollen, de St-Trond, semble promis à l'équipe nationale. En gardien moderne, Moons est habile à la relance mais commet parfois des fautes. Jan Moons: "A court terme, ma situation ne change pas. Istvan était plus âgé mais il était aussi plus expérimenté. Davy s'est illustré contre le PSV mais j'ai retrouvé immédiatement ma forme de la saison passée. Je suis prêt. Je suis encore lié à Genk pour trois saisons et j'ai l'intention de les honorer. La pression m'aide à rester affûté. Certains prétendent qu'elle va être trop forte et que je vais en pâtir. Ce n'est pas mon avis".Que pensez-vous des prestations de l'équipe? Moons: "Comme elle n'a guère changé, nous connaissions nos possibilités mais plusieurs joueurs courent après leur forme. Contre Bruges, cinq ou six étaient en dessous de leur niveau, comme Koen Daerden et Josip Skoko. Contre Prague, nous avons serré les dents et ça a marché. La préparation a été différente cette année. L'entraîneur nous avait prévenus que pour nous battre sur trois fronts, nous devrions travailler davantage en début de saison, faire plus d'heures. Il nous est arrivé de nous entraîner le matin avant un match amical, pour comprendre ce que ça fait d'entamer une rencontre quand on est fatigué. N'oubliez pas non plus que Tomasic était déjà intégré à la défense et qu'à son forfait, Soley l'a remplacé alors qu'il ne s'entraînait avec nous que depuis quelques jours. Il n'avait donc pas d'automatismes. Au début, beaucoup de joueurs vivaient encore dans l'euphorie du titre, sur le terrain et en dehors". MaestroDerrière, KevinVanbeuren a reçu la chance qu'il avait perdue au profit de JusticeWamfor après quelques matches l'année dernière. Il a beaucoup progressé. Soley Seyfo, transféré de Lokeren, est nouveau. Avec son 1,95 mètre et ses 86 kg, il doit conférer plus de puissance à la défense limbourgeoise, qui a aussi besoin d'un leader. S'il a commis des erreurs contre son ancien club, il a été meilleur contre le Sparta. DidierZokora:"Ce revers a constitué une bonne leçon. Nous nous sommes entraînés plus spécifiquement. L'entraîneur nous a confrontés à trois attaquants. Nous ne pouvions pas reculer: il fallait relancer. Ils n'ont réussi à nous passer que deux fois sur dix. Nous avons aussi visionné le match contre Lokeren. L'entraîneur m'a demandé de diriger les autres défenseurs. Après tout, en Afrique, on m'appelle Maestro". Et l'équipe? Zokora: "A la relance, les défenseurs doivent monter plus vite. Nous reculons trop et nous laissons trop d'espaces entre nous et l'entrejeu. Chacun a son tempérament et j'admets qu'au début, j'étais stressé. Je n'ai pas touché beaucoup de ballons en première mi-temps, contre Prague, ne serait-ce que parce qu' Akram Roumani préférait procéder par de longs ballons, pour ne prendre aucun risque". Skoko a tiré la sonnette d'alarmeRien de neuf dans l'entrejeu: Thijs et Skoko forment le duo central, avec Daerden à gauche. A droite, la place n'est pas assurée. Médiocre contre Lokeren, Chatelle a été remplacé par Beslija puis Suzuki contre Prague. Si le jeu est varié sur l'aile gauche, il reste poussif de l'autre côté. Chatelle semble meilleur défensivement, Suzuki se défait aisément de son adversaire, Beslija a un tir redoutable et une bonne vista mais comme la saison passée, il peine à conserver son niveau. SefVergoossen a donc demandé au staff médical de lui concocter un programme spécial. Josip Skoko : "Lorsqu'on vient d'être sacré champion, il semble difficile de se focaliser sur le championnat suivant. Il faut donc tout répéter car en fait, il s'agit de la mêmeéquipe, qui est aussi celle d'il y a un an et demi. Du statut de nobody, nous sommes passés d'un coup à celui de somebody. Tout le monde veut nous battre et c'est deux fois plus difficile. C'est pour ça que je dis que la mentalité doit changer. L'équipe est jeune, il est normal que l'un ou l'autre oublie certaines choses et qu'il faille les répéter. Tout va rentrer en ordre". Il y a eu quelque ajustements. Skoko: "Parfois, il y avait quelques mètres de trop entre la défense et l'entrejeu ou entre l'attaque et la deuxième ligne. En plus, un bon jeu de position est essentiel dans notre style de jeu. Or, plusieurs étaient régulièrement à quelques mètres de leur place idéale. éa n'a l'air de rien mais quelques mètres devant ou derrière obligent toute l'équipe à revoir son positionnement, faute de quoi les médians doivent combler 40 ou 50 mètres, dans un sens ou dans l'autre. Contre Lokeren, par exemple, Bernd et moi étions essoufflés après 20 minutes en première mi-temps. Si en plus nous devons procéder par longs ballons... Physiquement, le groupe n'est pas encore à 100% mais ça ne tardera plus. C'est l'affaire de quelques semaines. Actuellement, nous sommes bien pendant une heure. Nous avons eu des problèmes à l'arrière droit et tout ce flanc a une large marge de progression, il faut le reconnaître. L'autre leçon contre le Sparta, c'est que nous avons besoin des joueurs de la deuxième ligne pour marquer. Nos attaquants sont mieux couverts qu'avant. L'année dernière, nous ne devions jamais modifier notre système. Nous allons peut-être devoir y apporter des variantes en amenant d'autres joueurs devant le but, au terme de longs sprints".DaganoAu début de la saison passée, WesleySonck et MoumouDagano se cherchaient. Ensuite, ils ont marqué sans arrêt. Va-t-on revivre le même scénario? Sonck et Dagano n'ont pas encore fait trembler les filets. Moumou Dagano: "Contre Prague, ça allait. L'entraîneur a confiance dans le groupe qui a été champion mais après notre match d'ouverture contre Lokeren, il a quand même dit qu'il devrait peut-être modifier le 11 de base. Nous devions donc y aller à fond et nous concentrer sur notre tâche. Nous savions aussi que ce match était très important et qu'il fallait le gagner, ne serait-ce que pour faire le plein de confiance pour la suite. Nous pensions trop au titre. Chacun a procédé à son introspection et la préparation est déjà oubliée, je dois dire. La concurrence est plus rude qu'avant, nous devons donc être plus durs. Mentalement, ça va être plus pénible. Je n'y pense pas trop. Après tout, il est normal d'être confronté à la concurrence dans un grand club et je considère cette situation comme une préparation. L'année dernière, il n'y avait pas de concurrence". Et le reste de l'équipe? "Le flanc droit a besoin d'un temps d'adaptation mais il n'y a guère de différence. Pour les trois joueurs, c'est la même chose: ils doivent déborder et centrer. Suzuki l'a fait et peut-être prendra-t-il un jour une de nos places en attaque. J'ai vécu une situation analogue l'année dernière. Je crois que je n'ai pas marqué durant les trois premiers matches de championnat. Je manque peut-être un peu de confiance mais elle reviendra quand je retrouverai le chemin du but. Le fait que le club n'a pas changé sa ligne d'attaque ni retiré l'un de nous prématurément est un énorme gage de confiance. Si nous ne marquons pas, nous devons au moins veiller à ce que les défenseurs adverses n'en profitent pas pour monter". Raoul De Groote