La soif de football aura rarement été aussi forte qu'en ce moment. La finale de la Coupe, samedi, a été le prélude de la reprise. Les choses sérieuses commencent le week-end prochain. L'affligeant feuilleton produit par la Pro League dans sa quête de la bonne formule de championnat est enfin terminé. Dans cet univers d'egos surdimensionnés, celui qui ose encore parler de solidarité se ridiculise. Il n'y a qu'un terme pour qualifier cette affligeante comédie : la honte, une honte profonde.
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La soif de football aura rarement été aussi forte qu'en ce moment. La finale de la Coupe, samedi, a été le prélude de la reprise. Les choses sérieuses commencent le week-end prochain. L'affligeant feuilleton produit par la Pro League dans sa quête de la bonne formule de championnat est enfin terminé. Dans cet univers d'egos surdimensionnés, celui qui ose encore parler de solidarité se ridiculise. Il n'y a qu'un terme pour qualifier cette affligeante comédie : la honte, une honte profonde. Ce pays souffre d'un manque de leadership et de détermination. Les contradictions parfois lamentables quant aux bonnes mesures à prendre durant cette pandémie, qu'il s'agisse des politiciens ou des virologues, ont fait tache sur le monde du football. On appelle la Pro League à plus de clarté et d'indépendance depuis longtemps, mais on peut se demander si elle va maintenant s'y atteler. Après une interruption, Sport/Foot Magazine reparaît, à la veille de cette compétition. Avec les armes journalistiques que notre magazine possède et en poursuivant l'extension de notre site, amorcée depuis plusieurs mois. Ce numéro est la traditionnelle bible du football pour la nouvelle saison. L'avenir nous dira dans quelle mesure nous allons découvrir un nouveau paysage footballistique. Des scénarios catastrophe ont surgi à l'apparition du coronavirus. Des clubs allaient faire faillite, tout le football était bâti sur du sable, il fallait réfléchir à tous les niveaux. Avant même la crise sanitaire, le football avait largement franchi les limites de l'indécence, avec ses salaires et ses indemnités de transferts incroyablement élevés. Le football doit se redéfinir, se trouver une nouvelle identité. Il doit changer radicalement de mode de pensée. Les clubs ont moins de capitaux et au niveau international, les transferts de cent millions d'euros ne semblent plus envisageables. La nouvelle réalité du football ne peut plus ressembler à l'ancienne. Il serait toutefois vain de penser que cela peut entraîner une certaine harmonisation au sein de l'Europe. In fine, chacun balaie devant sa propre porte. Ces dernières semaines, nos clubs ont abondamment annoncé la promotion dans leur noyau A de plus de talents du cru. Cela semblait nécessaire. Puisqu'ils sont contraints de fermer le robinet des dépenses, ils doivent se tourner vers leur patrimoine. Pourtant, nous assistons à une nouvelle vague de transferts étrangers. Et cette tendance va se poursuivre, puisqu'il est possible d'effectuer des transferts jusqu'au 5 octobre. Mais une fois de plus, il s'agira de matériel de seconde main. Cela n'entraînera pas beaucoup de passations de pouvoir. Le Club Bruges reste le principal favori. Il s'appuie sur la force de la continuité, même si l'Antwerp l'a brutalement réveillé en finale de la Coupe. Cette défaite ne peut cependant pas démolir toutes les solides fondations posées. La Coupe peut conférer un élan supplémentaire à l'Antwerp, et La Gantoise est également décidée à réduire l'écart qui la sépare du champion. La direction place la barre très haut. Reste à espérer pour les Buffalos qu'ils conservent leur calme, malgré ces ambitions. Les questions ne manquent pas. Le Sporting Charleroi est-il capable de confirmer ? Les idées de Hannes Wolf vont-elles fonctionner à Genk ? Les nouvelles lignes de conduite adoptées par Anderlecht vont-elles se traduire sur le terrain ? Quel est le poids réel du Standard ? Après des semaines confuses, le Beerschot et OHL sont-ils prêts pour la D1A ? Et comment Waasland-Beveren, que d'aucuns considèrent, à tort, comme le responsable du cirque de ces dernières semaines, va-t-il gérer la critique ? Voilà dans quelles conditions nous entamons cette saison. Provisoirement sans spectateurs. Mais surtout avec un autre esprit.