Août (10 sur 12)

Timmy Simons : Non parce que la préparation avait été bonne. A notre façon de nous entraîner, j'ai senti que nous avions tous soif de titres. Il faisait trop chaud pour nous à Beveren alors que le climat ne gênait pas les Ivoiriens.
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Timmy Simons : Non parce que la préparation avait été bonne. A notre façon de nous entraîner, j'ai senti que nous avions tous soif de titres. Il faisait trop chaud pour nous à Beveren alors que le climat ne gênait pas les Ivoiriens. Oui. La seule chose que j'ignorais, c'était la forme de nos adversaires. L'intensité des séances était plus élevée que la saison passée, après notre titre. Surtout qu'à part Olivier De Cock, tout le monde était prêt, alors qu'un an avant, nous avions eu plusieurs blessés. La concurrence nous a obligés à être affûtés. Trond Sollied a fait jouer les meilleurs. Il aurait pu opter pour des joueurs qui restaient au Club mais non, il a préféré le meilleur onze, soit les onze joueurs qui allaient le mieux ensemble. Trond a une vision et s'en détache rarement. Son calme et son assurance déteignent sur nous. Oui, car j'avais pointé Gand parmi les candidats à l'Europe. Le Club réagit toujours bien à un revers. En trois jours, nous n'avons pas eu le temps de douter mais on n'efface pas une élimination européenne par une victoire contre le Lierse. Cela nous a poursuivis quelques semaines. Nous avons mesuré les conséquences de cette élimination. Pour les joueurs aussi, il est important d'être européen chaque saison et le Club nous en offre la possibilité. Mais Sollied ne s'attarde jamais longtemps sur un revers. Il insiste sur le défi suivant. C'est cette année que nous gagnons le billet européen suivant. Nous l'hypothéquons si nous nous laissons aller au premier revers. Nous ne sommes d'ailleurs jamais meilleurs que quand nous avons des matches à enjeu tous les trois ou quatre jours. Cela nous motive plus qu'une semaine suivie d'un seul match. Le championnat anglais nous conviendrait. Le temps passe vite, comme ça. J'ai trouvé Donetsk plus fort sur le moment. Quand on ne contrôle pas son adversaire à domicile, il faut accepter d'être éliminé. En championnat, nous maîtrisons neuf matches sur dix et ne sommes guère sous pression. Au niveau européen, il faut être au top dans toutes les lignes. Sollied m'aligne en défense quand celle-ci risque d'être sous pression. Je commets des erreurs derrière mais je ne doute pas. Quel que soit l'entraîneur, c'est lié à la tradition des clubs. Ici, seul Ostende a essayé de jouer, avec trois attaquants. Il a encaissé sept buts. Ceux qui tentent de jouer ici ont une chance de chiper quelque chose mais s'exposent aussi à une raclée. Ostende. Le Standard en première mi-temps, Genk pas du tout : Koen Daerden était l'avant-centre, Paul Kpaka a poursuivi Peter Van der Heyden 90 minutes et Orlando Engelaar n'a pas passé le rond central. Genk et Charleroi sont en position européenne. S'ils sont aussi défensifs, comment le reprocher aux autres ? Charleroi nous a surpris en parvenant à neutraliser nos défenseurs latéraux. C'est rare d'y arriver. Bosko est un killer. Quand il est bien placé dans le rectangle, neuf fois sur dix, son tir est cadré. Sans blessure, il marquerait entre 20 et 25 buts par saison. Il a un tir puissant et sait réaliser une action. Rune est toujours bien placé et joue simplement. Face au gardien, il marque généralement. Un froid Norvégien... Il faut aussi des gens qui réalisent des actions. Prenez son but à Mouscron : d'autres auraient passé le ballon en retrait, lui pivote et tire. Son rendement serait supérieur s'il jouait plus simplement. Il suit son instinct mais gaspille ses forces. L'aura. Il m'arrive de faire l'impasse sur une soirée de Coupe UEFA, pas sur la Ligue des Champions. Quelle soirée pénible ! Leur approche a fonctionné mais quand on vise l'Europe, on pourrait jouer en fonction de ses atouts au lieu de s'adapter à l'adversaire. Au retour, il a montré qu'il avait assez d'atouts offensifs. Cette défaite ne nous a pas abattus car nous savions que nous méritions mieux. Le match que nous devions et pouvions gagner. Nous étions les meilleurs. Après un quart d'heure, nous sentions que nous pouvions briguer plus qu'un point. Jamais nous n'aurions dû galvauder cette avance. Des erreurs individuelles nous ont été fatales, pas la tactique. En pratique, nous restons difficiles à contrôler. On croit tout savoir sur nous mais on ne connaît pas nos automatismes. Quand j'entends certains analystes décortiquer notre système, je me dis qu'ils ont une mauvaise vue. Nous adaptons toujours une série de variantes en fonction de l'adversaire. Nous le surprenons en prenant des risques, en jouant homme contre homme derrière, en modifiant certaines trajectoires de course. Parfois, face à un mur, il nous arrive de ne plus savoir quoi faire mais c'est rare. En général, l'adversaire est sur les rotules après une heure. Il comble les brèches puis s'effondre et nous laisse des espaces, la couverture est plus lâche, sans que nous haussions le rythme. Nous y sommes parfois contraints et devons alors jouer le tout pour le tout. Ici, le Germinal Beerschot a calé après la première occasion. Un but fait souvent la différence. Les équipes ne savent pas changer de style, passer d'un concept défensif à un offensif. Contre le Lierse, nous avons dû mettre les gaz. Nous avons pratiqué l'individuelle en défense et envoyé quatre gabarits devant. On ne fait la guerre que quand les combinaisons sont stériles. Nous avons suffisamment de discipline. Je ne suis pas le seul à entraîner les autres. Ils peuvent beaucoup apprendre de Philippe Clement et de Gert Verheyen. Bart Vlaeminck l'a compris. Mais la concurrence est redoutable et c'est pour ça que peu de jeunes émergent : ils trouvent le temps trop long ou ne sont pas à même de franchir le cap. On sait que contre Mons, il faut faire la guerre avant de penser au football mais nous nous surveillons. Si l'un d'entre nous pense que ça ira tout seul, nous le remettons sur les rails. Mieux vaut être prêt au pire. Non. Le match s'est bien déroulé à Anderlecht. Sans le but magnifique d'Yves Vanderhaeghe, le Sporting ne serait jamais revenu. Jusque-là, il n'avait pas montré grand-chose. Dans une affiche, le 1-0 doit suffire. Ce revers ne nous a pas déstabilisés. Nous n'avons pas livré la plus mauvaise mi-temps de la saison-là. Un point était un bon résultat. Nous ne pouvions pas mieux. Nous étions déçus mais il nous restait deux objectifs. Nous nous sommes concentrés dessus pour éviter un autre revers. Nous nous sommes repris immédiatement, sans sombrer dans la crise. Ils ne sont pas plus forts mais sur la scène européenne, l'erreur est interdite. Nous en avons commis, eux pas. Une fois de plus, le stage de préparation a été excellent. Nous nous sommes entraînés beaucoup et intensément. Nous savions que nous étions prêts à lutter pour le titre. Il ne faut pas s'arrêter à ce genre d'incident. Infliger de fortes amendes provoque une escalade. Et il ne faut pas étaler ses divergences de vue dans la presse. Jusqu'à la trêve, le terrain était bon. Le dernier mois, il a été meilleur grâce aux travaux de la Ville et nous avons retrouvé le plaisir d'y jouer. On peut mettre du rythme dans le match quand il ne faut pas contrôler le ballon en trois temps. Sur un mauvais terrain, il faut essayer de jouer dans le camp adverse et de tester la force de l'autre car combiner depuis notre camp n'a aucun sens. Non. Nous méritions mieux à Genk et Lokeren a joué comme Charleroi, défensivement, alors qu'il a de bons éléments : Kristinsson, Tailson, Pinto. Ils s'adaptent aisément. Nous n'avons pas douté. Je vois mes coéquipiers tous les jours. Si nous avions levé le pied à l'entraînement, nous aurions peut-être laissé le doute s'infiltrer mais nous étions affûtés. Un moins bon résultat n'est pas synonyme de crise ni de méforme. Ceux qui écrivent ça se basent sur les seuls résultats. Nous nous sommes demandés si la presse ne préférait pas qu'Anderlecht soit champion, par sympathie pour l'underdog. Nous étions sur nos gardes, sachant combien ce serait difficile contre ces jeunes. A cet âge, quand on affronte Bruges ou Anderlecht, on se sublime. Il faut être fort mais si Michael reçoit la confiance dont il a besoin, il suivra les traces de Peter. Il s'est parfaitement intégré. D'autres, généralement des étrangers, souffrent la première année, comme Nastja Ceh. Si le Standard avait eu cette équipe quelques mois plus tôt, il luttait pour le titre. En début de championnat, il n'y avait pas de groupe. J'y suis habitué. A Westerlo, c'est Mark Wotte qui est venu pour le compte de Feyenoord. Quand Anderlecht a perdu des points à La Louvière, à la mi-avril. C'était un match comme contre le Cercle. Butina a pris de l'assurance à l'EURO. L'année précédente, il était sous pression, puisque Dany Verlinden jouait encore. Certains ont besoin de concurrence pour livrer le meilleur d'eux-mêmes, d'autres en souffrent. L'entraîneur sait qui fait partie de telle ou telle catégorie. Je ne citerai aucun nom. Nous avons mûri. Aux moments cruciaux, nous avons réagi sans tarder à chaque revers. Les deux. Nous devons jouer les uns pour les autres sans accorder d'attention au reste. Même si le courant ne passait plus entre l'entraîneur et certains joueurs, il fallait encore jouer pour soi-même. Celui qui veut saboter un entraîneur se nuit à lui-même. Quand il dit à ses joueurs qu'il ne les abandonnera pas en cours de saison, nous le croyons. Trond est droit. Après quatre ans, nous savons qui nous pouvons croire. Si vous vous départissez trop de votre vision ou de votre ligne, vous perdez votre crédit. Il vaut mieux s'en tenir à sa vision, même si elle est parfois erronée. Au moins, cette attitude force le respect et on peut s'appuyer sur quelque chose. Je préfère ça à des changements tactiques toutes les deux semaines. Nous en avons posé les jalons pendant les deux préparations, en été et en hiver. Geert Foutré" Seul Ostende a essayé de jouer ici, en alignant TROIS ATTAQUANTS. Il a encaissé SEPT BUTS "