Peter Van Petegem n'a pas l'intention de s'expatrier aux States. Son parcours d'entraînement typiquement flandrien lui convient mieux que jamais et, dans son logement provisoire de Zingem, il sait que chaque jour, Angelique l'attend. Changement dans la vie privée, changement dans la vie professionnelle.
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Peter Van Petegem n'a pas l'intention de s'expatrier aux States. Son parcours d'entraînement typiquement flandrien lui convient mieux que jamais et, dans son logement provisoire de Zingem, il sait que chaque jour, Angelique l'attend. Changement dans la vie privée, changement dans la vie professionnelle.Dans la chaleur de son living, l'homme est manifestement serein. La saison s'annonce prometteuse surtout après sa victoire à Kuurne-Bruxelles-Kuurne.Votre transfert a ressemblé à une sorte de long chemin de croix. Votre nom a été cité dans une bonne demi-douzaine d'équipes. Vous auriez peut-être pu vous retrouver sans formation.Peter Van Petegem : Sans équipe? Alors là, non! Jamais! Je dirais même l'inverse, je n'ai jamais eu autant de propositions de ma vie. Je n'avais que l'embarras du choix. Tout a commencé par les changements opérés, dès le début de l'année dernière, au sein de l'équipe Farm Frites. On a d'abord mis Cees Priem à la porte, ensuite, c'est Hendrik Redant qui a été écarté, alors qu'on mettait en place un nouveau manager et un nouveau directeur sportif. L'adaptation à ces modifications dans le personnel fut très malaisée, d'autant que s'y greffaient d'autres problèmes, notamment au niveau des contrats mais aussi de la soi-disante discipline à observer. Ils établirent alors des règles régissant notre vie de tous les jours. Mais c'est surtout le manque de confiance à l'égard de ces nouveaux dirigeants qui était le principal problème à affronter. Pour eux, ce devait être également difficile puisqu'ils avaient été parachutés à la tête de l'équipe à la mi-janvier 2000. C'est aussi à cette époque que TVM décida de se retirer. La situation financière devenait plus précaire mais la saison était déjà lancée et il fallait continuer coûte que coûte! Je me rappelle avoir dû jouer les médiateurs. L'approche des nouveaux dirigeants était parfois à ce point dure que quelques gars eurent bien envie, dès le début, d'envoyer tout balader! Bruylandts, par exemple, serait certainement parti même sans les problèmes qu'il a eus liés à son hématocrite trop élevé. Heureusement pour eux qu'ils n'avaient pas dans leur équipe un leader du genre Vandenbroucke qui les aurait laissés dans leur jus!Qu'entendez-vous par une approche dure?On avait l'impression d'être à l'école gardienne. Moi, par exemple, je comptais déjà 10 saisons professionnelles à mon actif, il n'était pas question qu'on vienne me donner des conseils sur ma manière de vivre. Nous étions traités comme des enfants, avec un principe de base : la sévérité. Quelque part, avec ce changement de direction par rapport à celle de Priem, on passait aussi d'un extrême à l'autre. Seulement, si on voulait faire correctement les choses et soigner chaque détail, comme ils le prétendaient, il nous aurait fallu bien plus d'argent. Chez Rabobank, par exemple, c'est ce qui se passe, mais le budget est en conséquence. D'autre part, du temps de Priem, j'avais fait le choix, moi, d'une plus petite formation pour l'ambiance et la solidarité qui y règnaient. La nouvelle direction visait très haut, elle est tombée très bas. Encore que la première partie de la saison s'est relativement bien passée. J'ai vraiment voulu que tout le monde enterre la hache de guerre, en disant qu'on ferait le point après les classiques printanières. J'avais cependant prévenu les patrons qu'une telle politique allait encourager les gens à chercher un emploi ailleurs dès la fin du printemps. Ça s'est entièrement vérifié. Les problèmes n'ont jamais fait qu'augmenter. De mon côté, j'ai été franc avec eux à la fin de l'année. Je leur ai dit que je n'avais jamais choisi de travailler de cette manière, j'avais perdu un an et je ne voulais pas en perdre un second puisque mon contrat courait encore sur une saison supplémentaire. Je ne suis pas quelqu'un qui déchire, comme ça, un parchemin. Pourtant, il fallait que je le fasse, il fallait que je parte.C'est alors que tout se complique.C'était un peu avant le Tour de France et deux possibilités s'offraient à moi: suivre Cees Priem, qui voulait former une nouvelle équipe, ou bien signer avec Patrick Lefevere. Dans les deux cas, il fallait que je rachète d'abord mon contrat chez Farm Frites. Patrick ne voulait rien entendre de ce rachat. Je lui alors dit que si Priem concrétisait son projet, je le suivrais. Pour Cees, c'était capital, car le sponsor qu'il avait trouvé ne voulait s'engager dans le cyclisme qu'à la condition expresse que je fasse partie de l'équipe. Les conditions financières qui m'étaient offertes par mon ancien directeur sportif étaient réellement très avantageuses. Rien avoir avec celles proposées par Patrick, qui étaient inférieures à ce que j'avais chez Farm Frites.Chez Domo, vous auriez pu enfin côtoyer votre modèle, Johan Museeuw.Il y avait une telle différence financière entre les deux propositions. En outre, Priem pouvait, via la législation néerlandaise, racheter mon contrat Farm Frites alors que Lefevere ne voulait pas s'immiscer dans cette bataille juridique. Juste avant le Tour de France, Patrick avait pourtant parlé avec les responsables de Farm Frites en vue d'un co-sponsoring, mais comme les Hollandais avaient encore 18 ou 19 coureurs sous contrat et des obligations en matière de matériel, le projet a capoté. Lefevere m'a clairement dit que Domo et Farm Frites ne pourraient jamais collaborer. Je lui ai alors confié que je prendrais une décision pour la fin du Tour. Le dernier dimanche de la Grande Boucle, Priem me téléphonait pour m'annoncer que tout était réglé avec Mapei.Quelle fut Votre réaction?Je pouvais emmener quatre équipiers. Cet accord me paraissait donc très positif. Deux heures plus tard, Lefevere, qui cherchait un co-sponsor, m'appelait pour me dire que ses négociations avec le sponsor de Priem avaient échoué. Il savait que j'étais en partance pour Mapei. Quelques jours plus tard, Domo et Farm Frites entérinaient leur accord; le but de ce rapprochement était manifestement de m'attirer ou de me garder puisque j'étais lié contractuellement avec Farm Frites dans cette formation. C'est vraiment alors que les choses ont pris une sale tournure. Chacun y est allé de son grain de sel par rapport à mon engagement chez Mapei. Peter Post s'en est aussi mêlé.Quel rôle Peter Post a-t-il joué dans cette affaire?Fin juin, la direction de Farm Frites s'était manifestée en prétendant vouloir modifier la politique de l'équipe. Je leur avais répondu que cela ne servirait à rien; que lorsque les chevaux sont partis, il faut fermer l'écurie. Jeter Teun Van Vliet ou Jacques Hanegraaf ne changerait rien à la situation. La confiance était partie, rien ne pouvait la restaurer, même en mettant 10 millions de plus sur la table. Après cette entrevue, ils avaient décidé de me laisser partir. Et c'est alors que Post est intervenu, refusant catégoriquement cet accord, à moins, bien sûr de payer! Il ne voulait pas entendre parler d'arrangement, de tribunal, il lui fallait 15 millions. Même Lefevere m'a téléphoné pour me prévenir que je n'obtiendrais jamais ma liberté. Il m'a semblé clair à ce moment que l'on agissait en coulisses pour que je doive prester mon contrat chez Farm Frites et que j'atterrisse automatiquement chez Domo.Lefevere aussi, à un certain moment, a proclamé ne plus vouloir de vous!J'ai été fidèle à moi-même. J'ai tenu ma parole : Priem, qui avait trouvé un sponsor qui payait mon salaire, m'emmenait chez Mapei et basta. Ma décision était prise. Ça ne les a pas empêchés de tout faire pour casser mon contrat avec Mapei afin de me récupérer chez Farm Frites. De mon côté, je savais qu'en prenant ma décision, j'allais de toute façon décevoir certaines personnes.A posteriori, ne trouvez-vous pas dommage de n'avoir pu vous entendre avec Domo? Si Museeuw arrêtaît, vous n'auriez donc jamais roulé à ses côtés, en portant les mêmes couleurs que lui.A contrario, je constate que je suis professionnel depuis 10 ans et que je n'avais jamais reçu de proposition de contrat de la part de Lefevere. C'est qu'on n'avait pas vraiment besoin de moi. J'ai aussi tenté de faire accepter que Priem travaille pour Domo mais Patrick Lefevere ne voulait pas.Quid de Mapei?J'avais signé un contrat de deux ans et non pas un pré-contrat avec Mapei. Van Sevenant aussi d'ailleurs. Une semaine après le Tour, tout avait été réglé avec la formation transalpine. C'est alors que la concurrence a réagi. Je ne sais pas exactement comment cela s'est passé, mais bon, Post a joué son mauvais rôle, Lefevere aussi. Il y a eu beaucoup de jalousie dans tout cela. Mapei a été mis sous pression et l'intérêt qu'elle me portait s'est progressivement étiolé au point de se demander quel était l'intérêt d'aller dans une équipe où mes équipiers et moi n'étions plus les bienvenus. Même si, je l'admets, c'était une sorte de rêve pour moi d'évoluer dans ce groupe. CSC, la formation managée, par Bjarne Riis s'est alors mise sur les rangs et m'a proposé le même salaire que Mapei. J'ai, à ce moment-là, décidé de prendre la direction du Danemark. Post, une fois de plus, s'en est mêlé en refusant de rédiger la lettre qui nous libérait du contrat passé avec Farm frites. Quoi que je fasse, Post me mettait des bâtons dans les roues. C'était la seule personne qui était réellement contre moi. Il m'a même téléphoné un jour pour me dire qu'il s'arrangerait bien pour que je ne puisse pas courir l'année suivante et qu'il me détruirait. Post m'accusait d'avoir anéanti l'équipe en ayant choisi de laisser tomber Farm Frites. Je lui rappelais alors que j'avais aussi sauvé Farm Frites au printemps. Si je n'avais pas usé de mon influence, certains de mes équipiers auraient claqué la porte dès le mois de février ou mars.Peter Post était-il au courant de ces détails?Lui, il devait arranger quelque chose avec Farm Frites, un point c'est tout! D'ailleurs, avec Domo, le partenariat n'a pas posé de problème. On a alors adapté les contrats : certains ont été payés, d'autres ont été casés dans d'autres équipes. Mais ce qui était possible pour la plupart, ne l'était pas pour moi. Ni pour Van Sevenant ni pour Klier d'ailleurs. Mikhailov, qui roule maintenant pour Lotto, de même que Spinelli chez Saeco seront encore payés cette saison par Farm Frites. Pour moi, apparemment, un tel accord n'était pas possible. Peter Post tenait à ce que je paie une certaine somme afin de retrouver ma liberté parce qu'il en aurait touché une partie de cet argent!Pourquoi les négociations avec Riis ont-elles échoué?Entre-temps, CSC avait fait signer Laurent Jalabert. Il n'y avait plus assez d'argent pour moi. Comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, le sponsor dégotté par Priem a renoncé à s'investir dans le cyclisme, certainement dégoûté par les pratiques douteuses dont j'ai fait l'objet. C'est à partir de ce moment que la situation s'est compliquée. Pas tellement pour moi, en fait, mais pour les équipiers qui voulaient me rester fidèles. J'ai eu beaucoup d'offres : Saeco, Once, Alexia, Coast, mais la meilleure émanait de Mercury. Toutes ces formations étaient très motivées parce que mon transfert chez elles leur permettait de passer en première catégorie. Mercury m'intéressait surtout parce qu'elle voulait s'investir au niveau des classiques. Elle avait aussi déjà recruté des garçons comme Van Bon et Koerts. J'ai dû me battre un peu pour faire engager Vansevenant (il n'y avait pas de problème pour Van Bondt), mais tout est vite rentré dans l'ordre. Le sponsor s'est engagé au minimum pour trois ans, j'ai moi-même un contrat avec une option d'un an supplémentaire. Cela dit, j'avais à peine donné ma parole aux Américains que Gerolsteiner me soumettait une proposition financièrement extraordinaire.La concurrence entre équipes n'était-elle pas un peu folle?Cela me semble d'autant plus fou que lorsque j'ai gagné le Tour des Flandres en 99, j'ai peut-être eu deux propositions. La vie est parfois étrange.Avez-vous remarqué une grande différence entre les organisations hollandaise et américaine?TVM n'évoluait pas sur le même pied que Rabobank et Telekom. Là où tout est superbement organisé chez Raas ou Godefroot, il fallait parfois improviser chez nous. Mais nous le savions à l'avance. A l'inverse, il y avait chez TVM une ambiance à nulle autre pareille, un véritable esprit de groupe, c'est surtout cela qui nous motivait. Je ne crois pas pouvoir retrouver cet esprit un jour. Nous formions une famille, un bloc. C'est la seule chose qui pourrait nous manquer aujourd'hui, une solidarité à toute épreuve. Les Américains ont une approche agréable aussi. Ils sont relax tout en étant extrêmement bien organisés.Ne croyez-vous pas que les ennuis au sein de l'équipe ne vous ont pas enlevé ce petit pour cent qui permet de faire la différence entre un vainqueur et un vaincu?Je n'en suis pas sûr, mais je ne crois pas. J'étais concentré à 100% sur mon boulot. Je sais que lorsqu'on me blesse, d'une manière ou d'une autre, j'apporte toujours une réponse sur le vélo. Notez qu'après les classiques, les dirigeants ont osé prétendre, parce que nous avions quand même bien roulé, que leur tactique était la bonne. Ils n'avaient rien compris. A Gand-Wevelgem, c'est tout juste si Teun Van Vliet ne se réservait pas tous les honneurs de notre succès. Je retiens que presque tous les coureurs sont venus me voir pour me remercier d'avoir su préserver l'esprit collectif.Retrouvez-vous ce même esprit chez Mercury?Il est tôt pour le dire, mais je sais, en tout cas, que j'ai toujours eu d'excellents contacts avec Alain Galopin. Il me fait entièrement confiance et compte sur moi pour animer le groupe. J'ai aussi signé chez Mercury parce qu'Alain y était directeur sportif. Pendant les stages, j'ai ressenti une excellente ambiance. J'aime le côté détendu des Américains.Avez-vous reçu des programmes d'entraînement?Des tests et des programmes sont à la disposition des coureurs, mais je pratique ce métier depuis si longtemps que je sais exactement ce que je dois faire pour être en forme au bon moment. J'ai toujours atteint mes pics de forme quand je le voulais, sauf maladie évidemment.Et Greg LeMond dans tout cela?Il est manager, en association avec Warden. Je ne l'ai pas encore vu personnellement mais il viendra aux courses. Et puis, il est logique que je le rencontre car j'ai signé avec Viatel, une entreprise active dans la téléphonie, avant qu'elle ne s'associe avec Mercury. Si l'on imagine, par exemple, que Viatel désire former une équipe de son côté, une clause de mon contrat prévoit que j'ai le droit de choisir. Je ne suis donc pas obligé de suivre Viatel.On vous reproche souvent de vous reposer un peu sur vos lauriers dans la deuxième partie de la saison.Le problème réside dans le fait qu'on est confronté à un choix : participer au Tour ou non. Si on ne roule pas à la Grande Boucle, on se retrouve hors course pour un bout de temps. Avant le Tour, seul le Championnat de Belgique est important, mais vaut-il la peine qu'on s'y prépare spécifiquement quand on sait qu'on ne sera pas sous les feux de l'actualité en juillet? Ensuite, pour jouer les premiers rôles à Zurich ou San Sebastian, il faut être très fort. Moi, je n'aime pas rouler au Tour, ce n'est pas une course qui me convient. Mais imaginez que je sois en bonne position pour la Coupe du Monde après le printemps, je crois alors que j'aborderais les classiques restantes avec un autre état d'esprit et en me préparant différemment.Tchmil ne fait pas le Tour non plus, mais il est pourtant là en août en Coupe du Monde.Tchmil, c'est un spécial. Il peut ne pas être en grande forme et quand même forger un résultat, rien que sur son caractère. Il a aussi une manière bien spartiate de s'entraîner. Cela dit, je repense à la manière dont il a roulé au dernier Mondial et je me dis qu'il était vraiment au-dessus du lot. Quel dommage pour lui d'avoir été débordé sur la fin!L'an dernier, vous vous êtes montré compétitif de Milan-Sanremo jusqu'à l'Amstel Gold Race. C'était la première fois.Je pense qu'en vieillissant -on appelle cela la maturité sportive- j'arrive à être plus performant plus longtemps. Je digère mieux les gros efforts consentis en course. Avant, j'avais un pic de 15 jours et puis après, je me sentais déjà moins véloce pour faire la différence. Il y a peut-être moyen d'appliquer la même préparation pour la deuxième partie de la saison. Dans ma tête, le début est plus important que la fin de saison. Je voudrais également souligner une différence existant entre les coureurs de tour et les coureurs de classiques. Nous, les spécialistes des épreuves d'un jour, on peut faire toutes les courses à l'avant, mais si on n'en gagne pas une, personne ne retient notre nom. Par contre, un coureur qui gagne une étape dans un grand tour, on en parle toute l'année. Je confesse malgré tout que j'avais deux buts en fin d'exercice 2000, Sydney et Plouay, et je les ai manqués tous les deux. Un peu malade en Australie, puis j'ai mal récupéré le voyage de retour.Certaines personnes pensent que vous êtes capable de gagner Milan-Sanremo...C'est une épreuve que j'adorerais remporter même si elle a tendance à devenir un rendez-vous pour sprinters. A ce titre, je pense vraiment qu'il va falloir partir de loin ou de plus loin que du Poggio pour avoir une chance de faire la nique aux routiers sprinters. Je pense à la Cipressa par exemple. Bartoli, l'an dernier, a montré la voie, mais il faut encore tenir 50 km. Et si l'on rate son coup on ne peut plus jouer la victoire. Si on fait un choix, il faut l'assumer. J'en parlais dernièrement avec Galopin et il me conseillait d'attendre le sprint. Pas d'accord! Dans un groupe de dix, je ne crains personne, mais, pour un emballage massif, qui peut contrer des gars comme Zabel ou Vainsteins? Je pourrais certes me placer en ordre utile, mais, dans ce genre d'épreuves, une place d'honneur ne suffit pas. Je suis convaincu qu'il faut faire la course beaucoup plus tôt, se dégager dans le Cipressa. C'est là qu'il faut démarrer car il y a toujours un moment où le peloton ralentit. Comme Bartoli en 2000 mais le problème réside dans le fait que trop peu de coureurs ont pu l'accompagner. Je pourrais vous en parler pendant des heures. Et c'est cela qui est extraordinaire avec la Primavera, c'est la course la plus facile de la saison mais la plus difficile à gagner!Vous habitez à Zingem, mais avec qui vous entraînez-vous?Mario De Clercq pour le moment, mais aussi avec Baguet et Van Bondt. Pendant le dernier Tour de France, je me suis beaucoup entraîné avec Museeuw. Mais il habite à la mer, c'est quand même loin de chez moi. En hiver, on ne se voit quasiment pas.Quand on entend tout ce que vous avez vécu cet hiver, on trouve que vous avez diablement su garder la tête froide.Je crois que ma nouvelle situation familiale m'y a aidé. Avec Angelique, j'ai trouvé la femme de ma vie. On s'entend merveilleusement et on peut parler de tout. Je me sens bien chez moi, avec elle et son petit garçon de 6 ans.Les pratiques un peu sombres qui se sont déroulées à l'occasion de votre transfert, pensiez-vous qu'elles avaient vraiment cours dans le milieu du cyclisme?Chez Lotto, j'avais déjà vécu une situation difficile. Que dire sinon que nous, les coureurs, nous sommes les clowns du cirque. Si vous êtes un petit, vous êtes impuissant. Si vous êtes un grand, les forces s'équilibrent, vous pouvez parfois rendre les coups. C'est ce que j'ai fait cette fois-ci.Vous sentez-vous plus fort après tout ce que vous avez vécu cet hiver?Je tiens à dire que tous ces événements ne m'ont pas empêché de m'entraîner cet hiver. Loin de là même! Je ne me suis jamais senti aussi bien à l'aube d'une saison. Je crois franchement que ma situation privée particulièrement favorable a grandement déterminé mon état d'esprit. Le coeur léger chez moi et le coeur à l'ouvrage sur le vélo, c'est l'idéal. Ma motivation à faire bien mon métier est totale elle aussi. L'horizon est clair devant moi, je vois l'avenir avec une grande sérénité, tant professionnellement que d'un point de vue personnel.Vous êtes donc prêt à prendre votre revanche sur le sort qui s'est acharné sur vous l'an passé?Je n'ai aucune revanche à prendre, sur qui que ce soit. Je ne me suis disputé avec personne. Et je n'en veux certainement pas à Patrick Lefevere; il a effectué un choix pour son équipe et je le respecte. Post, par contre, c'est autre chose. Tout ce qu'il a été dire sur moi... Il voulait vraiment me détruire. A lui, je ne veux plus jamais parler. Et pour que je nourrisse pareille rancune, il faut déjà que l'on ait été loin! Dans ce genre de contextes, je ne prends jamais de décision à la légère, mais une fois qu'elle est prise, elle est prise.Serez-vous l'homme du printemps?L'an dernier, j'ai bien roulé au printemps et j'ai pris plus de mille points UCI. Malheureusement, je n'ai pas gagné de grandes courses. Cette saison, je veux à nouveau en gagner une belle, encore plus belle que Kuurne-Bruxelles-Kuurne, juste pour moi, pas pour la galerie.Philippe Van Holle