"Je suis ému et heureux ", éructe Milan Jovanovic au c£ur de la fête qui embrase Sclessin après l'obtention du 10e écusson rouche face à Anderlecht comme la saison passée. " Je me demande si on peut vivre quelque chose de plus beau et de plus fort en tant que sportif. Il y a un an, le Standard a étonné avec la conquête d'un titre après 25 ans d'attente. C'était magnifique mais le plus dur commençait : confirmer. Nous y sommes parvenus. Cet effectif, le coach, le staff technique, la direction, le public : nous sommes tous historiques ! C'est fou. Il était important de bien gérer le stress et la fatigue. Il y a plus beau comme match, c'est évident, mais pas plus émouvant. J'ai réalisé tous mes rêves en Belgique. Je ne peux pas espérer plus. Merci, merci, merci et j'espère que ce championnat de fous rendra définitivement des couleurs et de l'optimisme à votre foot. "
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"Je suis ému et heureux ", éructe Milan Jovanovic au c£ur de la fête qui embrase Sclessin après l'obtention du 10e écusson rouche face à Anderlecht comme la saison passée. " Je me demande si on peut vivre quelque chose de plus beau et de plus fort en tant que sportif. Il y a un an, le Standard a étonné avec la conquête d'un titre après 25 ans d'attente. C'était magnifique mais le plus dur commençait : confirmer. Nous y sommes parvenus. Cet effectif, le coach, le staff technique, la direction, le public : nous sommes tous historiques ! C'est fou. Il était important de bien gérer le stress et la fatigue. Il y a plus beau comme match, c'est évident, mais pas plus émouvant. J'ai réalisé tous mes rêves en Belgique. Je ne peux pas espérer plus. Merci, merci, merci et j'espère que ce championnat de fous rendra définitivement des couleurs et de l'optimisme à votre foot. " Même si l'énorme enjeu mina sévèrement le niveau technique, le chaudron de Sclessin dimanche passé et le stade Constant Vanden Stock trois jours plus tôt ont accueilli un véritable double Super Bowl à la belge qui a charrié son lot d'émotions, de tensions, de larmes de joie ou de chagrin, de batailles entre Belgacom TV et BeTV, de buts déjà gravés à jamais sur les rétines et dans la mémoire collective. Le dernier coup de sifflet de Paul Allaerts a mis fin à un formidable thriller. Ce film unique a duré toute une saison mais s'est emballé quelques heures après le Gala du Footballeur Pro 2009. Sport/Foot Mag est resté au c£ur du sujet en compagnie de Jova... Milan Jovanovic : " Pour moi, c'est toujours un plaisir de féliciter quelqu'un que je connais, un sportif, un équipier, un ami ou un coach. Je sais que rien ne s'obtient sans efforts ou sans valeurs. Il y a un an exactement, j'étais tellement heureux de mon titre de Footballeur Pro qui couronna ma bonne saison et on m'en parla beaucoup à l'étranger. Cette fois, la palme est revenue à Mbark Boussoufa. Le trio des nominés est logique : Boussoufa, Bryan Ruiz, Dieumerci Mbokani. Ce sont les trois meilleurs joueurs de D1, les seuls qui peuvent réussir sans problème n'importe où au top européen. Mon préféré, c'est Mbokani. The best, absolutely the number one in Belgium. Il y a deux ans que je le dis sans cesse. Au début, je ne sais pas si on me croyait. Dieu aurait déjà dû gagner la distinction de Footballeur Pro, le Soulier d'Or, le Soulier d'Ebène, etc. Mbokani n'est pas estimé à sa juste valeur et cela me fait mal au c£ur. Il y a là une forme d'injustice qui peut expliquer l'attitude de mon équipier : son estrade, c'est le terrain et, balle au pied, sa classe est suffisamment éclatante. Le reste, il s'en fout. Lui et moi, on mérite trois monuments à Sclessin. Même si le collectif est ultra-important, tout aurait été bien plus dur si le Standard n'avait pas eu Dieu et Jova. Sans nous deux, le Standard aurait été troisième les deux fois. Aujourd'hui matin, nous avions rendez-vous à 9 h à l'Académie Robert Louis-Dreyfus. Avant l'entraînement prévu à 10 h, j'ai évidemment congratulé Laszlo Bölöni pour sa distinction d'Entraîneur 2009. Il a relevé des défis qui n'étaient pas du tout évidents. Michel Preud'homme avait misé sur un style gagnant. Bölöni a apporté son métier, ses touches techniques, le désir de jouer souvent haut et vite, etc. Il a varié les coups entre le 4-2-3-1 et le 4-4-2. Son intelligence, son charisme et son désir d'aller loin ont fait du bien à tout l'effectif qui a élevé son niveau tactique et mental. La presse est revenue sur la fin épique de Gand-Standard. Comme mes équipiers, j'ai été étonné par les réactions de certains Anderlechtois. Pour moi, les test-matches, ce sont deux cerises sur le gâteau. C'est aussi une bénédiction pour le foot belge car l'intérêt médiatique n'a jamais été aussi grand. Je n'ai deviné aucune tension particulière à l'entraînement qui a servi de réveil physique et de début de concentration. C'est alors qu'on perçoit clairement tous les acquis d'une bonne campagne européenne. Le stress est transformé en force tranquille et positive. Les test-matches, tout le monde les a perçus comme du bonheur supplémentaire, une prolongation de ce que nous avions vécu sur la scène internationale. A Anderlecht, les mines étaient défaites comme si les test-matches étaient une malédiction. Je savais que la semaine serait un peu différente pour moi. Ma carte jaune à Gand me privait de la première manche à Bruxelles. Une injustice : il y avait bel et bien un penalty sur moi à Gand. J'ai exprimé mon incompréhension et reçu une carte jaune. Dommage, évidemment, mais je me suis tout de suite dit que cela me permettrait d'accumuler de la fraîcheur pour la deuxième manche. Emotionnellement c'était pas évident, car même si on ne joue pas, on accumule progressivement pas mal d'adrénaline qui doit sortir. "" Nouvel entraînement à huis clos sur le coup de 17 h. J'ai essayé d'être relax tout au long de la journée. J'ai aidé ma femme à préparer son voyage en Serbie. Elle rentre jeudi avec les enfants à Novi Sad. Pour mon épouse, ce n'est pas évident et elle aurait aimé assister aux matches mais avec deux gamins en bas âge, c'est difficile. A l'Académie Robert Louis-Dreyfus, l'atmosphère est superbe. Même si ce n'est pas une obsession, les choses se mettent en place. Je suis étonné par la maturité des jeunes. J'adore les Mehdi Carcela, Hiraç Yagan, ChristianBenteke, Sinan Bolat, etc. Je leur offre mon vécu. Je suis aussi très touché par la gentillesse de SalimToama ou l'optimisme de Landry Mulemo. J'ai une immense estime pour des personnalités comme Oguchi Onyewu, Wilfried Dalmat, Benjamin Nicaise, TomislavMikulic ou Leon Benko. On ne me comprend pas toujours. Je suis parfois trop impulsif ou explosif et cela tranche en Belgique. C'est mon caractère, je suis ainsi fait et je ne changerai jamais. Je suis honnête et je n'ai jamais fait de mal à personne. A Liège, je n'accorde plus d'interview à deux journalistes. Ils me cherchent sans cesse alors que je suis toujours le premier à penser aux autres. Ils n'ont rien compris... L'incident avec Axel Witsel ? Oublié. Le plus important, c'est le Standard. J'ai loué sans cesse la classe de ce joueur. C'est lui qui a été à la base du problème contre le Club Bruges, pas moi. J'ai prouvé à Gand que je n'étais pas rancunier. A l'entraînement, j'ai une fois de plus apprécié la classe de Bolat. Je sais qu' Andres Espinoza ne vit pas des moments faciles mais il possède assez de talent pour trouver des solutions en Belgique ou à l'étranger. Bolat a éclaté et il m'épate par son talent et sa force mentale. C'est une révélation. A 20 ans, il est sidérant. La grande classe. Sinan est le meilleur gardien de D1. Mardi, je lui ai un peu parlé. Je lui ai conseillé de ne pas trop écouter les louanges. Dans le foot actuel, on peut être un héros dans les médias puis une... merde le lendemain. Une erreur d'inattention suffit. Il doit rester concentré et m'a dit que cela ne lui poserait aucun problème. Bolat est un vrai puma... Je l'ai trouvé imperturbable à l'entraînement. " " La veille d'un match de cette importance est toujours spéciale. Il faut entrer dans le vif du sujet tout en restant calme. Un joueur peut perdre de l'influx s'il est trop perméable aux émotions qui naissent autour d'un club. Tous mesurent l'importance du rendez-vous pour eux et pour le club. J'ai décodé la presse et j'ai eu la confirmation que ces test-matches ennuient fortement les Anderlechtois. Ils ont tort de tout expliquer avec le penalty arrêté par Bolat à Gand. Anderlecht a perdu le titre à Tubize, pas ailleurs. Sans leur faux pas là-bas, ils auraient été champions. Le Standard a négocié un programme de fin de championnat plus éprouvant que le leur. A l'entraînement, l'envie était présente. A huis clos, le coach a profité de cet entraînement matinal pour étayer sa stratégie. Il l'a fait comme d'habitude et j'ai deviné dans les propos et les attitudes que le Standard était frais et prêt. Entre les deux grands rivaux, le sprint est fabuleux. A mon avis, le Standard a plus de joueurs qui peuvent porter rapidement la différence dans le camp adverse. Le style est plus direct. Je pense entre autres à Dalmat dont les déboulés font toujours très mal. Même si ce n'est pas encore définitif, Bölöni revient au système en 4-2-3-1 qui nous a réussi lors de nos matches européens. Igor de Camargo est prêt comme il l'avait déjà montré en montant au jeu à un quart d'heure de la fin du match à Gand. Sa taille et son abattage constituent des atouts importants devant et dans la ligne médiane. L'équipe s'est retirée dans notre hôtel de l'Académie : c'est la veillée d'armes. Je ne les ai pas accompagnés. Cela m'a peiné. C'était peut-être encore plus dur pour le Standard que pour moi. J'avais tout de même la certitude que Bölöni trouverait la parade. Le Standard a gagné des matches sans moi, sans Witsel, Mbokani, Dalmat, de Camargo, Steven Defour, etc. " " En fin de matinée, j'ai accompagné ma femme et mes enfants à Zaventem. Leurs bagages étaient imposants. J'avais également affrété un transporteur pour envoyer des tas de choses par la route en Serbie. A l'aéroport, j'ai accordé un entretien au journal Het Laatste Nieuws avant de retrouver un ami et agent de joueurs, Boris Vaskovic, venu de Novi Sad. Après cela, avec mon manager Cvijan Milosevic, nous avons traversé Bruxelles pour rencontrer longuement Sport/Foot Mag au Café Belga de la Place Flagey, à Ixelles, où j'ai bu du jus de framboise. Le champagne, c'est pour plus tard. A 19 h 30, j'arrive au Stade Constant Vanden Stock. Là, j'ai compris pourquoi j'aime le foot belge. Les Belges sont chaleureux. J'ai traversé une immense foule sympathique et très sportive. Je ne me suis jamais senti en danger. Des centaines d'Anderlechtois m'ont félicité et même encouragé. J'ai signé des tas d'autographes et j'ai été photographié avec pas mal de supporters. Même si les deux clubs sont d'éternels rivaux, il y a moyen de se respecter. Je ne jouerai jamais à Anderlecht, c'est impossible, mais ce sont des moments significatifs pour moi. Si le Standard, c'est mon stade et mon public, je suis respecté partout. J'en suis fier, je ne le cache pas. Le Standard m'a séduit sur la pelouse d'Anderlecht. Mon équipe s'est bien présentée en 4-2-3-1. Mbokani a démontré pourquoi il est le meilleur joueur de D1. A lui tout seul en pointe, il a donné du travail à toute la défense. Aucun arrière anderlechtois n'a osé mettre le nez à la fenêtre à cause de la menace Mbokani. Au repos, le Standard aurait pu mener 0-2. A 1-0, il n'y a pas eu de panique et j'ai été épaté par mes équipiers à Anderlecht. L'égalisation de Dieu est un bijou. J'ai admiré le calme et la précision de Carcela sur son centre victorieux. Encore un jeune qui ira loin. Il a évolué comme un chevronné. La ligne médiane a été parfaite. Witsel a slalomé à bon escient et Defour, qui réalise une grosse saison, a tout balayé devant la défense. J'ai quand même souffert dans la tribune : c'est même plus éprouvant pour le c£ur que sur le terrain. Avec ce 1-1, le Standard a marqué des points mais nous savons tous que c'est loin d'être fini. "" On ne soulignera jamais assez la qualité et l'importance des installations de l'Académie. C'est notre quartier général, notre lieu de travail, notre hôtel. Vendredi, comme d'autres joueurs, j'ai eu un petit entretien avec Laszlo Bölöni. Il a été question de la première manche à Anderlecht. J'ai deviné que l'occupation du terrain serait en gros la même qu'à l'aller. Notre coach nous parle souvent de l'animation. Nos deux schémas tactiques ont été utiles cette saison. En coupe d'Europe, il était normal de se replier, de prendre des précautions et de se créer des espaces. Cela a marché à merveille. En D1, on a bien fait de revenir au 4-4-2. Les chocs face à Anderlecht peuvent être assimilés à des affiches européennes. L'enjeu est énorme et les Bruxellois nous connaissent parfaitement. Il était compréhensible d'en revenir à un style de jeu qui a posé des problèmes à Liverpool, Everton, etc. Même si je préfère jouer en pointe, je comprends qu'il y ait parfois des impératifs. En championnat, Anderlecht nous avait posé des problèmes à Sclessin avec un Mbark Boussoufa dément dans l'axe. Il convenait d'être prudent. Vendredi, l'accent a été mis sur le repos et la récupération. " " C'est une veille de grand rendez-vous comme les autres. Il y a un an, le Standard ne connaissait pas encore cette... habitude qui est devenue une force. L'ambiance dans le groupe est extraordinaire. Ce sera dur, évidemment, mais on va gagner. Le programme est classique à partir de 11h : entraînements, repas, repos, vidéo du match aller, goûter, soirée TV. Je me suis retiré dans ma chambre pour suivre la finale de la Coupe de Belgique entre Genk et le FC Malinois. Il y a un monde fou au Stade Roi Baudouin. J'ai beaucoup apprécié cette fête du football. Le spectacle ne fut peut-être pas grandiose mais j'ai vu 40.000 personnes heureuses d'être là et de soutenir leur club. "" Un match de guerriers. On l'a prévu avant le coup d'envoi et cela s'est vérifié sur le terrain. Un rendez-vous comme celui-là se transforme forcément en partie d'échecs. L'avantage acquis au match aller a pesé dans les têtes. Le Standard ne pouvait pas baisser la garde. Je me suis totalement investi dans mon job collectif. Il fallait bloquer les ailes et le centre de la pelouse tout en exploitant le moindre espace. Anderlecht devait sortir. Le Standard a bien contrôlé les événements. La défense a eu du boulot mais a facilement tenu le coup. Defour a bossé pour trois, Onyewu a régné dans les airs, Bolat a maîtrisé son sujet, Witsel a gardé son calme pour transformer le penalty, etc. Ce titre, on l'a bien mérité. La saison a été très longue et le Standard a toujours essayé de bien jouer au football. Notre progression est d'autant plus impressionnante que le Standard s'est défait de deux joueurs importants : Marouane Fellaini d'abord, Dante ensuite. Le groupe a su gérer ces départs. L'apport de Laszlo Bölöni a été très important. A mon avis, le Standard actuel n'en restera pas à deux titres. Quant à moi, je dois bien réfléchir. J'envisage d'acheter un appartement à Liège. Je sais ce que je dois à ce club. Je ne pourrai jamais être aussi heureux dans un autre pays. Je suis apprécié ici et j'aime la Belgique. I love everbody. Il me reste un an de contrat. Si j'écoute mon c£ur, je reste évidemment. Mais ce n'est pas aussi simple : que veut le club ? Le Standard désire-t-il me garder ou me transférer ? On verra. Mon ami Boris a été épaté par ce que j'ai vécu à Anderlecht et à Sclessin. Il pense que c'est tellement magnifique que je ne peux pas vivre des moments plus magiques. Je m'interroge. Dois-je partir pour relancer d'autres défis ? Je ne sais pas. Jouer en Ligue des Champions avec le Standard, ce serait génial. J'ai des offres de partout en Europe. Je prendrai une décision à la mi-juin. On me propose d'énormes contrats à l'étranger mais j'ai gagné plus que de l'argent au Standard... "par pierre bilic