En tant que Head of Football Development de l'entreprise belge Double Pass, une spin-off de la VUB, Henk Mariman (49 ans) a effectué pendant près de six ans des audits dans des centres de formation en Allemagne, en Angleterre, en Écosse, au Danemark, en Hongrie, en Russie, au Japon, aux États-Unis et au Brésil. Depuis un an, il est revenu au pays pour occuper le poste de manager du centre de formation d'Oud-Heverlee Louvain, club ambitieux de D1B qui appartient au propriétaire de Leicester City. Au cours d'un long entretien téléphonique, il insiste sur l'importance d'une formation optimale dans nos clubs afin de consolider la marque " Red Devils ".

Les coaches jouent souvent le rôle d'enseignants qui savent tout, mais en équipe première, le joueur est livré à lui-même. " Henk Mariman

" Il est très important de préparer l'avenir ", dit-il. " La Belgique possède désormais un produit très réputé à l'étranger, des joueurs de top niveau. Cela doit nous encourager à miser encore davantage sur les jeunes. Nous devons investir davantage dans la formation. "

Le modèle de nombreux clubs professionnels est pratiquement uniquement axé sur les transferts de joueurs étrangers.

HENK MARIMAN : Chacun fait ce qu'il veut, bien entendu. On peut opter pour des achats ciblés pour l'équipe première, mais il est tout aussi possible de combiner les transferts ciblés avec une politique de formation saine. Un club qui forme ses jeunes peut les faire monter régulièrement en équipe première avant de les vendre. De plus, miser sur les jeunes coûte moins cher. Quand on fait le compte de ce qu'un joueur coûte par match, on constate qu'un joueur transféré est beaucoup plus cher qu'un jeune formé au club. Si nous voulons que la Belgique reste au top, nous devons investir davantage dans la formation.

" Je suis un grand partisan des labels "

Que faut-il faire ?

MARIMAN : Je suis un grand partisan des labels. Il faut classer les clubs en catégories A, B ou C en fonction de critères à respecter. Obliger les clubs à annoncer la couleur, leur fixer des objectifs clairs en termes d'investissements. En Angleterre, les clubs de Category One sont ceux qui investissent réellement dans une formation de haut niveau. Ils ont un plan de formation, de recrutement, ils disposent d'un terrain couvert, de X entraîneurs à temps plein, etc. En échange, ils reçoivent des avantages. Seuls les clubs de Category One sont autorisés à recruter dans tout le pays. Les indemnités de formation sont associées à la catégorie du club formateur et l'argent de la Ligue des Champions est réparti sur cette base. C'est pareil en Allemagne, où on travaille avec un système d'étoiles. Mais nous devons aussi analyser l'aspect technique : un club a-t-il un plan de recrutement avec une vision bien déterminée et met-il en pratique son plan de formation ? Il ne suffit pas de recevoir des documents, il faut voir ce qui se fait réellement sur le terrain. L'ancrage de la formation des jeunes dans la politique du club est un facteur crucial également, car sans connexion claire, le travail des jeunes est vain. Cela vaut également pour la post-formation : que fait-on avec les jeunes qui arrivent en équipe première ? Selon quel modèle leur donne-t-on leur chance ? Toutes ces exigences doivent être reprises dans un plan directeur. Quels sont nos besoins en matière de formation ? À quoi devons-nous remédier ? En ce qui concerne la formation des élites, je miserais aussi sur une amélioration du contenu. Il faudrait par exemple analyser notre style de jeu par tranches d'âge. Nous avons tout de même suffisamment de caméras pour cela. Il serait très utile d'analyser les forces et faiblesses de nos équipes et de les comparer avec celles de pays comme l'Espagne, l'Allemagne ou les Pays-Bas. On verrait alors peut-être que nous devons aller plus loin dans certains domaines, comme l'attaque par exemple.

En matière de formation, on peut aussi fournir du bon travail avec des moyens limités. Le meilleur exemple, c'est AZ. " Henk Mariman

Nous n'attaquons pas bien ?

MARIMAN : On peut faire mieux. Notre pays produit peu d'attaquants exceptionnels. Je constate que nous jouons encore beaucoup trop prudemment. Nous devons aussi nous demander quelle influence le système des play-offs a sur l'évolution des jeunes joueurs au sein des clubs de l'élite.

Ce n'est pas une bonne chose ?

MARIMAN : Pour les plus âgés, à partir de U16, il est bon de créer un contexte de résultats, mais pour les plus jeunes, ce n'est pas une bonne idée. Il faut les laisser jouer dans un championnat normal et enlever l'aspect résultat. Les coaches regardent trop le classement alors que c'est accessoire à cet âge-là. L'important, c'est d'apprendre à attaquer, à défendre et à se reconvertir en 11 contre 11. Gagner et perdre font partie du jeu, mais ils sont avant tout là pour faire des expériences. L'aspect compétition, c'est pour plus tard. Il faut analyser cela en profondeur. C'est important également de miser davantage sur les jeunes joueurs qui passent d'un niveau inférieur à l'élite. Avec eux, il ne suffit pas de travailler en groupe. Ils ont du retard et cela ne s'efface qu'en travaillant individuellement. Je vois souvent des joueurs intéressants auxquels il manque des bases. Nous devons faire en sorte qu'à treize ou quatorze ans, ils puissent rattraper leur retard. Les jeunes ne peuvent pas être victimes du fait qu'ils arrivent au plus haut niveau plus tard. C'est peut-être le besoin le plus criant en matière de formation.

Henk Mariman: "Il faut laisser les plus jeunes jouer dans un championnat normal et enlever l'aspect résultat. L'important, c'est d'apprendre à attaquer, à défendre et à se reconvertir.", BELGAIMAGE - CHRISTOPHE KETELS
Henk Mariman: "Il faut laisser les plus jeunes jouer dans un championnat normal et enlever l'aspect résultat. L'important, c'est d'apprendre à attaquer, à défendre et à se reconvertir." © BELGAIMAGE - CHRISTOPHE KETELS

" La clé, c'est l'auto-régulation "

Actuellement, la réalité, c'est que peu de jeunes percent au sein de nos clubs pros. Est-ce parce qu'ils manquent de talent, parce que la formation n'est pas bonne ou parce que les clubs misent davantage sur les transferts que sur l'incorporation des jeunes ?

MARIMAN : En fait, la plupart des jeunes sont un peu courts pour rivaliser avec les joueurs déjà en place. Il est très important de corriger cela en cours de post-formation. L'écart dépend du niveau des joueurs, mais aussi de l'ancrage de la formation par rapport à l'équipe première. Dans de nombreux cas, on constate que les jeunes qui arrivent dans le noyau A ne sont plus encouragés à franchir le dernier obstacle. C'est surtout en équipe première qu'on doit travailler de façon plus individuelle avec eux, sur base d'un plan. L'approche de l'entraînement et le temps de jeu sont des facteurs cruciaux également. Ces jeunes doivent jouer suffisamment et leur évolution doit être contrôlée. L'objectif, c'est que le joueur soit prêt au moment où il reçoit sa chance et ce n'est pas toujours quand on le voudrait. La clé, c'est l'auto-régulation. Dès l'âge de treize ans, les joueurs doivent apprendre à gérer petit à petit leur évolution. Ils doivent travailler leurs points forts et leurs points faibles, mais aussi apprendre à gérer les coups durs. Il y aura un moment où ils ne seront plus numéro 1 à leur poste. Il faut leur donner les outils pour apprendre à gérer cela. Un joueur est l'architecte de sa propre carrière. Il doit être suffisamment indépendant au moment où il franchit une étape. Cela se stimule dès le plus jeune âge, par l'interactivité. Il faut lui laisser mettre en place un plan d'action et le présenter au staff. Les coaches jouent souvent le rôle d'enseignants qui savent tout mieux que tout le monde. En équipe première, un joueur est livré à lui-même.

Pour obtenir sa licence, chaque club professionnel devrait disposer d'une équipe féminine. " Henk Mariman

" Il faut rassembler les gens et mettre en place une vision "

Quel est le prix d'un bon centre de formation ?

MARIMAN : En principe, 8 à 10% du budget total. Mais il ne faut pas penser qu'au budget. On peut aussi faire du bon boulot avec des moyens limités. Le meilleur exemple, c'est l'AZ. Après la faillite, il y a dix ans, ils ont réfléchi à comment reconstruire et ont développé leur vision pas à pas. Aujourd'hui, tout le monde souligne le succès de ce club et la qualité de ses installations, mais il revient de loin. Autre exemple : Fribourg, en Allemagne. Ce club fait souvent l'ascenseur, mais il a une vision claire et lance régulièrement des jeunes. Un club peut mettre l'accent sur différentes choses. Il peut miser sur un plan avec des objectifs stratégiques clairs et une bonne mise en pratique. Il peut mettre en place un plan individuel en fonction de l'équipe première. Il peut aussi déterminer un parcours de formation pour les coaches. En matière de formation, beaucoup de choses ne coûtent rien. Le tout est de rassembler les gens et de mettre en place une vision non cloisonnée. C'est pourquoi il est important que l'aspect sportif soit inclus dans la labellisation. Il ne faut pas nécessairement un gros budget pour mettre une vision en place. Cela dépasse aussi le cadre du football masculin. Pour obtenir sa licence, chaque club professionnel devrait disposer d'une équipe féminine. Nous pouvons encore beaucoup progresser sur ce plan. Les filles méritent d'avoir les mêmes chances que les garçons. À tout point de vue, il faut élargir la base régionale. Les clubs de l'élite peuvent jouer un rôle éducatif pour les clubs locaux et les soutenir à de nombreux aspects. Nous devons continuer à investir dans notre produit tant qu'il est fort.

Le Far West du recrutement des jeunes

Henk Mariman a voyagé à l'étranger pendant six ans pour Double Pass et la chose qui l'a le plus frappé lorsqu'il est rentré, ce sont nos méthodes de scouting. " C'est le Far West ", dit-il. " Je comprends que nous sommes dans un écosystème et que les joueurs se déplacent, mais ça se fait souvent de façon désordonnée et ça cause des dégâts. Les joueurs sont enlevés à leur environnement dès le plus jeune âge et ce n'est pas bon. " Selon lui, il faut absolument réglementer. " Il faut notamment interdire aux clubs de prendre des jeunes joueurs. Jusqu'à douze ans, ils doivent évoluer dans leur environnement social. "

Il constate que ces dernières années, les joueurs sont recrutés de plus en plus jeunes. " Parce que, dès l'âge de douze ans, les indemnités de formation sont assez élevées. Il est dès lors plus intéressant d'engager un étranger que de faire signer un contrat professionnel à un jeune joueur formé ailleurs. Cela provoque une véritable chasse aux moins de douze ans alors qu'à cet âge, la certitude qu'ils vont faire carrière est à peu près de 0%. Cela empêche également de développer une politique stable. En Angleterre, les clubs de Category One se sont mis d'accord pour ne pas se prendre de joueurs de moins de douze ans. Ceux qui ne respectent pas ce point du règlement s'exposent à de lourdes amendes. Et si des parents déménagent, ils doivent passer devant une commission pour que leur enfant soit autorisé à changer de club. Ici, on peut se désaffilier par internet. "

Aux Pays-Bas, cette saison, les six clubs qui ont un centre de formation international (Ajax, PSV, Feyenoord, AZ, Utrecht et Vitesse) ont conclu un gentlemens' agreement par lequel ils s'engagent à ne pas se prendre de joueurs. " Cela permet de travailler dans la sérénité ", dit Mariman. " Aux Pays-Bas, les clubs sont rivaux au plus haut niveau, mais solidaires en matière de formation. On doit absolument arriver à cela en Belgique.

" Il faut également obliger nos clubs à proposer un plan de recrutement clair et leur donner des outils en matière d'identification du talent. Il faut surtout les obliger à quantifier les succès et les échecs. Combien de temps les joueurs restent-ils en moyenne dans un club ? Parmi les joueurs arrivés d'autres clubs, combien réussissent ? Combien de joueurs arrivent chaque année ? Combien s'en vont ? Il faut stimuler les clubs à aider avant tout les clubs voisins à progresser, en concluant des accords de partenariat, il faut aussi limiter le rayon de recrutement. Seuls les clubs qui misent vraiment sur les jeunes doivent être autorisés à recruter dans tout le pays. "

En tant que Head of Football Development de l'entreprise belge Double Pass, une spin-off de la VUB, Henk Mariman (49 ans) a effectué pendant près de six ans des audits dans des centres de formation en Allemagne, en Angleterre, en Écosse, au Danemark, en Hongrie, en Russie, au Japon, aux États-Unis et au Brésil. Depuis un an, il est revenu au pays pour occuper le poste de manager du centre de formation d'Oud-Heverlee Louvain, club ambitieux de D1B qui appartient au propriétaire de Leicester City. Au cours d'un long entretien téléphonique, il insiste sur l'importance d'une formation optimale dans nos clubs afin de consolider la marque " Red Devils ". " Il est très important de préparer l'avenir ", dit-il. " La Belgique possède désormais un produit très réputé à l'étranger, des joueurs de top niveau. Cela doit nous encourager à miser encore davantage sur les jeunes. Nous devons investir davantage dans la formation. " Le modèle de nombreux clubs professionnels est pratiquement uniquement axé sur les transferts de joueurs étrangers. HENK MARIMAN : Chacun fait ce qu'il veut, bien entendu. On peut opter pour des achats ciblés pour l'équipe première, mais il est tout aussi possible de combiner les transferts ciblés avec une politique de formation saine. Un club qui forme ses jeunes peut les faire monter régulièrement en équipe première avant de les vendre. De plus, miser sur les jeunes coûte moins cher. Quand on fait le compte de ce qu'un joueur coûte par match, on constate qu'un joueur transféré est beaucoup plus cher qu'un jeune formé au club. Si nous voulons que la Belgique reste au top, nous devons investir davantage dans la formation. Que faut-il faire ? MARIMAN : Je suis un grand partisan des labels. Il faut classer les clubs en catégories A, B ou C en fonction de critères à respecter. Obliger les clubs à annoncer la couleur, leur fixer des objectifs clairs en termes d'investissements. En Angleterre, les clubs de Category One sont ceux qui investissent réellement dans une formation de haut niveau. Ils ont un plan de formation, de recrutement, ils disposent d'un terrain couvert, de X entraîneurs à temps plein, etc. En échange, ils reçoivent des avantages. Seuls les clubs de Category One sont autorisés à recruter dans tout le pays. Les indemnités de formation sont associées à la catégorie du club formateur et l'argent de la Ligue des Champions est réparti sur cette base. C'est pareil en Allemagne, où on travaille avec un système d'étoiles. Mais nous devons aussi analyser l'aspect technique : un club a-t-il un plan de recrutement avec une vision bien déterminée et met-il en pratique son plan de formation ? Il ne suffit pas de recevoir des documents, il faut voir ce qui se fait réellement sur le terrain. L'ancrage de la formation des jeunes dans la politique du club est un facteur crucial également, car sans connexion claire, le travail des jeunes est vain. Cela vaut également pour la post-formation : que fait-on avec les jeunes qui arrivent en équipe première ? Selon quel modèle leur donne-t-on leur chance ? Toutes ces exigences doivent être reprises dans un plan directeur. Quels sont nos besoins en matière de formation ? À quoi devons-nous remédier ? En ce qui concerne la formation des élites, je miserais aussi sur une amélioration du contenu. Il faudrait par exemple analyser notre style de jeu par tranches d'âge. Nous avons tout de même suffisamment de caméras pour cela. Il serait très utile d'analyser les forces et faiblesses de nos équipes et de les comparer avec celles de pays comme l'Espagne, l'Allemagne ou les Pays-Bas. On verrait alors peut-être que nous devons aller plus loin dans certains domaines, comme l'attaque par exemple. Nous n'attaquons pas bien ? MARIMAN : On peut faire mieux. Notre pays produit peu d'attaquants exceptionnels. Je constate que nous jouons encore beaucoup trop prudemment. Nous devons aussi nous demander quelle influence le système des play-offs a sur l'évolution des jeunes joueurs au sein des clubs de l'élite. Ce n'est pas une bonne chose ? MARIMAN : Pour les plus âgés, à partir de U16, il est bon de créer un contexte de résultats, mais pour les plus jeunes, ce n'est pas une bonne idée. Il faut les laisser jouer dans un championnat normal et enlever l'aspect résultat. Les coaches regardent trop le classement alors que c'est accessoire à cet âge-là. L'important, c'est d'apprendre à attaquer, à défendre et à se reconvertir en 11 contre 11. Gagner et perdre font partie du jeu, mais ils sont avant tout là pour faire des expériences. L'aspect compétition, c'est pour plus tard. Il faut analyser cela en profondeur. C'est important également de miser davantage sur les jeunes joueurs qui passent d'un niveau inférieur à l'élite. Avec eux, il ne suffit pas de travailler en groupe. Ils ont du retard et cela ne s'efface qu'en travaillant individuellement. Je vois souvent des joueurs intéressants auxquels il manque des bases. Nous devons faire en sorte qu'à treize ou quatorze ans, ils puissent rattraper leur retard. Les jeunes ne peuvent pas être victimes du fait qu'ils arrivent au plus haut niveau plus tard. C'est peut-être le besoin le plus criant en matière de formation. Actuellement, la réalité, c'est que peu de jeunes percent au sein de nos clubs pros. Est-ce parce qu'ils manquent de talent, parce que la formation n'est pas bonne ou parce que les clubs misent davantage sur les transferts que sur l'incorporation des jeunes ? MARIMAN : En fait, la plupart des jeunes sont un peu courts pour rivaliser avec les joueurs déjà en place. Il est très important de corriger cela en cours de post-formation. L'écart dépend du niveau des joueurs, mais aussi de l'ancrage de la formation par rapport à l'équipe première. Dans de nombreux cas, on constate que les jeunes qui arrivent dans le noyau A ne sont plus encouragés à franchir le dernier obstacle. C'est surtout en équipe première qu'on doit travailler de façon plus individuelle avec eux, sur base d'un plan. L'approche de l'entraînement et le temps de jeu sont des facteurs cruciaux également. Ces jeunes doivent jouer suffisamment et leur évolution doit être contrôlée. L'objectif, c'est que le joueur soit prêt au moment où il reçoit sa chance et ce n'est pas toujours quand on le voudrait. La clé, c'est l'auto-régulation. Dès l'âge de treize ans, les joueurs doivent apprendre à gérer petit à petit leur évolution. Ils doivent travailler leurs points forts et leurs points faibles, mais aussi apprendre à gérer les coups durs. Il y aura un moment où ils ne seront plus numéro 1 à leur poste. Il faut leur donner les outils pour apprendre à gérer cela. Un joueur est l'architecte de sa propre carrière. Il doit être suffisamment indépendant au moment où il franchit une étape. Cela se stimule dès le plus jeune âge, par l'interactivité. Il faut lui laisser mettre en place un plan d'action et le présenter au staff. Les coaches jouent souvent le rôle d'enseignants qui savent tout mieux que tout le monde. En équipe première, un joueur est livré à lui-même. Quel est le prix d'un bon centre de formation ? MARIMAN : En principe, 8 à 10% du budget total. Mais il ne faut pas penser qu'au budget. On peut aussi faire du bon boulot avec des moyens limités. Le meilleur exemple, c'est l'AZ. Après la faillite, il y a dix ans, ils ont réfléchi à comment reconstruire et ont développé leur vision pas à pas. Aujourd'hui, tout le monde souligne le succès de ce club et la qualité de ses installations, mais il revient de loin. Autre exemple : Fribourg, en Allemagne. Ce club fait souvent l'ascenseur, mais il a une vision claire et lance régulièrement des jeunes. Un club peut mettre l'accent sur différentes choses. Il peut miser sur un plan avec des objectifs stratégiques clairs et une bonne mise en pratique. Il peut mettre en place un plan individuel en fonction de l'équipe première. Il peut aussi déterminer un parcours de formation pour les coaches. En matière de formation, beaucoup de choses ne coûtent rien. Le tout est de rassembler les gens et de mettre en place une vision non cloisonnée. C'est pourquoi il est important que l'aspect sportif soit inclus dans la labellisation. Il ne faut pas nécessairement un gros budget pour mettre une vision en place. Cela dépasse aussi le cadre du football masculin. Pour obtenir sa licence, chaque club professionnel devrait disposer d'une équipe féminine. Nous pouvons encore beaucoup progresser sur ce plan. Les filles méritent d'avoir les mêmes chances que les garçons. À tout point de vue, il faut élargir la base régionale. Les clubs de l'élite peuvent jouer un rôle éducatif pour les clubs locaux et les soutenir à de nombreux aspects. Nous devons continuer à investir dans notre produit tant qu'il est fort.