L'EURO a débuté par une fausse note pour Toby Alderweireld. Sur une longue balle à suivre, le défenseur de Tottenham a été surmonté, ce dont a profité Emanuele Giaccherini pour inscrire le 0-1. Ce but était la conséquence du marquage individuel imposé par Marc Wilmots dans l'entrejeu. Sur papier, ce n'est pas une mauvaise option mais on ne la fait pas avec un tacticien aussi avisé qu'Antonio Conte. En possession de balle, celui-ci avait demandé à ses hommes de couloir, Antonio Candreva et Matteo Darmian, de jouer haut. Idem pour deux de ses trois médians, Marco Parolo à droite et Giaccherini à gauche. Graziano Pellè et Eder, qui formaient le duo de pointe, avaient quant à eux pour mission de décrocher.
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L'EURO a débuté par une fausse note pour Toby Alderweireld. Sur une longue balle à suivre, le défenseur de Tottenham a été surmonté, ce dont a profité Emanuele Giaccherini pour inscrire le 0-1. Ce but était la conséquence du marquage individuel imposé par Marc Wilmots dans l'entrejeu. Sur papier, ce n'est pas une mauvaise option mais on ne la fait pas avec un tacticien aussi avisé qu'Antonio Conte. En possession de balle, celui-ci avait demandé à ses hommes de couloir, Antonio Candreva et Matteo Darmian, de jouer haut. Idem pour deux de ses trois médians, Marco Parolo à droite et Giaccherini à gauche. Graziano Pellè et Eder, qui formaient le duo de pointe, avaient quant à eux pour mission de décrocher. Dans cette configuration, nos Diables n'ont jamais trop su à quel saint se voeur. En début de partie, Axel Witsel ne savait trop que privilégier : le marquage de Parolo ou celui de l'attaquant délaissant l'axe. Un casse-tête qui valait aussi pour Radja Nainggolan dans le même secteur. Comme Willie avait exigé de nos backs de suivre les hommes en décrochage, il en résulta une fameuse embrouille sur le but d'ouverture : Alderweireld se lança sur les traces d'Eder alors que Giaccherini, laissé libre par Nainggolan, put s'engouffrer dans l'espace libéré. Avec pertes et fracas pour nos couleurs. Un goal d'autant plus regrettable qu'après un départ difficile, nos Diables avaient commencé à trouver leurs marques. Ils devront dès lors se rattraper face à l'Eire. TOBY ALDERWEIRELD :C'est évidemment dommage d'en être arrivé là mais il ne faut pas tout remettre en question pour autant. L'Italie nous a donné une belle leçon en première mi-temps mais nous nous sommes rebiffés en seconde et avons longtemps été plus proches du 1-1 que du 0-2. Il ne faut donc pas sombrer dans le pessimisme.ALDERWEIRELD : Je joue où l'entraîneur me poste. Je savais que je restais sur une bonne saison dans l'axe et que j'étais susceptible d'y évoluer. L'avantage d'avoir joué à cette place toute une saison, c'est que je peux opérer le déclic rapidement, puisque je suis rompu aussi aux travaux sur le flanc. La différence ? A l'arrière droit, je suis plus souvent homme contre homme, je suis souvent aligné plus haut et je peux, également, me permettre plus de fautes. Il vaut mieux les éviter dans l'axe car ça offre souvent une occasion à l'adversaire ou un coup franc intéressant. C'est quand même une sacrée différence. En équipe nationale, l'arrière droit était un peu devenu ma place attitrée. Ou, du moins, en avais-je l'impression. Je me suis développé à un certain niveau à ce poste. J'ai grandi au sein de l'équipe à droite. Je n'ai jamais été un footballeur spécial. J'ai toujours dû progresser. Pendant des années, je dirais que j'ai été la force tranquille de l'équipe. Je suis content que la discussion quant à ma place soit close. C'est partiellement grâce à mon évolution que les doutes se sont tus. C'est Georges Leekens qui a eu cette idée. Il m'a même dit que je pourrais faire une très intéressante carrière au back. Au début, j'ai tâtonné. A Amsterdam, je me concentrais justement sur mon rôle au coeur de la défense et voilà qu'en équipe nationale, je devais me couler dans un autre rôle. Au début, la combinaison des deux a été difficile. Maintenant, j'ai des points de référence aux deux positions. Wilmots a dit que je devais saisir ma chance là et j'y ai joué quasiment tous mes matches internationaux, en conférant une certaine stabilité à l'équipe. Pendant les qualifications, j'ai même délivré une série d'assists. Ok, ce n'étaient pas des passes de classe mondiale mais j'ai quand même apporté quelque chose sur le plan offensif. J'ai aussi progressé de ce point de vue. ALDERWEIRELD : Ces élans sont venus à la demande de Marc Wilmots, pas seulement parce que l'adversaire bétonnait. Au début, c'était différent. Nous encaissions beaucoup de buts. Nous devions donc avant tout former un bloc solide. C'est fait. Ensuite, j'ai gagné en confiance et j'ai pu donner une dimension supplémentaire à mon jeu. Je suis ambitieux mais sans excès. Ce n'est pas que je veuille à tout prix délivrer deux ou trois assists. C'est pareil pour Jan Vertonghen. Je ne peux pas parler à sa place mais il s'est bien développé à l'arrière gauche. L'entraîneur sait que nous pouvons évoluer de concert au centre de la défense, que nous sommes unis et que nous avons acquis de l'expérience en Premier League. C'est un luxe. Mais nous pouvons aussi jouer chacun sur notre flanc. ALDERWEIRELD : Le leadership... Je ne peux pas me changer d'un coup ni jouer autrement... Je veux bien diriger les autres mais je ne vais rien faire d'inhabituel. Ça ne serait pas bon pour mon jeu. Nous devons nous y prendre collectivement. Je pense que notre noyau est suffisamment étoffé pour ça. Dans le passé, le banc a toujours été assez fort. Nous ne devons pas commencer à douter. Nous sommes privés de Kompany mais les autres pays déplorent aussi des absences. D'autres joueurs doivent émerger et saisir leur chance durant le tournoi. ALDERWEIRELD : Je reste calme au sein du groupe. Je n'éprouve pas le besoin d'être au premier plan. Je suis plutôt modeste. Je préfère rester dans l'ombre. Je vais collaborer à ce qu'on me demande, comme les prises de vues avec des supporters mais ça n'est pas mon genre. Je suis tout simplement un garçon tranquille. Ce qui fait aussi notre force, c'est que nous sommes ensemble depuis si longtemps que nous supportons beaucoup les uns des autres. Quand il y a quelque chose, nous pouvons le dire sans que ça laisse des traces. Il n'y a pas non plus de gouffre entre ceux qui ont joué au Brésil et les autres. Le groupe est formé de joueurs du même âge, à peu près, ce qui aide. Ce groupe peut encore disputer la Coupe du Monde. L'heure de la récolte est venue. Je ne fixerai pas d'objectif concret. Il faut passer le premier tour puis on avisera. L'Irlande et la Suède, nos deux prochains adversaires, sont très physiques. Ils doivent donc nous convenir. D'autre part, ils pensent que nous sommes les favoris à cause de notre statut et vont donc aborder le match avec décontraction. Nous sommes davantage sous pression, en tant que favoris, mais nous n'avons pas peur. ALDERWEIRELD : Nous pouvons peut-être être plus opportunistes et réalistes. Nous avons beaucoup joué la possession du ballon avant le tournoi. Ce sont les matches qui déterminent ça. Parfois, il vaut mieux monopoliser le ballon alors qu'à d'autres moments, il faut de la vitesse et de la profondeur. Nous pouvons être un peu plus opportunistes, pour nous créer plus d'occasions et développer un football plus attrayant. La leçon à tirer du Mondial, c'est peut-être que tout doit aller plus vite. Mais bon, c'était notre premier tournoi, sous un autre climat aussi. Ce ne sont pas des excuses, je le sais, mais ça a joué un rôle. Maintenant, Carrasco et Origi ont progressé, à l'Atletico et à Liverpool, et ils sont capables d'insuffler cette vitesse au jeu. Nous avançons pas à pas. Nous devons nous concentrer sur nous-mêmes, je pense : comment nous aimons jouer, quels accents placer en fonction de l'adversaire, ne pas avoir peur mais essayer de jouer le mieux possible. Il faut s'adapter ici et là, certes, mais je pense que nous sommes désormais suffisamment forts pour jouer notre football. ALDERWEIRELD : Ces critiques sur notre football... Nous sommes devenus le numéro un mondial. On n'y arrive pas seulement par quelques résultats sans bon football. Mais évidemment, c'est le résultat qui compte. J'ai connu cette période durant laquelle l'équipe nationale développait un beau jeu sans obtenir de résultats. Souvent, les équipes organisaient leur défense contre nous et, sans espace, ça devient difficile. Mais croyez-moi : quand c'est possible, nous aspirons aussi à un bon football. Avec des résultats. Ils viennent en premier. Mais je suis d'accord avec vous : généralement, quand on joue bien, les résultats suivent. ALDERWEIRELD : Je me suis bien senti à Tottenham, dès le premier jour, ce qui m'a permis de signer d'emblée de bonnes prestations. C'est toujours important quand on intègre une équipe : bien jouer tout de suite, faire le plein de confiance. Car si ça va moins bien, les gens vont douter de vous. Finalement, toute l'équipe a signé une brillante saison et chaque joueur en a tiré un profit individuel. Je trouvais que ma saison à Southampton avait été bonne mais quand l'équipe n'émarge pas au premier peloton, on ne le remarque pas. Peut-être fait-on plus attention à moi que l'année précédente ou même qu'il y a deux ans. ALDERWEIRELD : J'en suis très fier. Dele Alli fait la une toutes les semaines et il est toujours plus difficile d'être élu quand on joue en défense. Ceci dit, la dernière ligne a été bonne et nous avons eu un brin de chance. Mes partenaires ont réussi une saison fantastique aussi. Nous puisons notre force dans le collectif. C'est un peu un concours de circonstances. Nous sommes très forts physiquement. C'est connu : Tottenham s'entraîne très dur. La confiance est aussi importante en football. Maintenant, je me sens fort. Je ne peux comparer à aucun autre club ce que nous avons fait en l'espace d'une saison. Nous avons énormément couru, travaillé beaucoup les jambes au fitness. ALDERWEIRELD : Ces dernières semaines, j'ai été traversé par cette pensée : " Oh, non, encore une préparation. " C'est sans doute mental. On peut se dire : " bon, encore deux semaines et c'est fini ", mais je ne l'ai jamais fait car je sais que ça n'arrête jamais. Il faut bien s'y préparer mentalement. Il ne faut jamais penser non plus que c'est évident. Malgré une bonne année avec les Spurs, il n'est pas sûr que je vais disputer un bon tournoi. C'est pour ça que je trouvais cette préparation importante : elle me donnait un bon sentiment. Quand on s'endort sur ses lauriers à ce niveau, on est sanctionné. Et ça, je n'en ai aucune envie. ALDERWEIRELD : Jouer avec la tête. Ça paraît bizarre, surtout quand ça sort de ma bouche. C'est difficile de dire ça de soi-même. Avec les années, j'essaie de mieux m'écarter des duels. J'apprends à défendre avec ma tête. Lire les trajectoires, prédire le danger plutôt que de voler dans le tas ou de s'effondrer. J'ai 27 ans et une certaine expérience. Le Brésil m'a aidé, sans le moindre doute. J'avais peu joué à l'Atletico et j'avais effectué le voyage en Amérique du Sud avec des doutes, mais j'ai montré que j'avais le niveau. Ensuite, tout est allé de mieux en mieux. L'année prochaine, j'espère continuer à progresser avec Tottenham. Le club possède un potentiel conséquent. Dans deux ans, il aura un nouveau stade, en automne, il va disputer la Ligue des Champions. La vie est rose ! Le club est à un moment-charnière. ALDERWEIRELD : Ambitions... La France a une sélection très forte et compte bien le montrer, sur ses terres. L'Espagne est toujours forte et il y a l'Allemagne, naturellement. Pour moi, elle est la favorite. L'Angleterre trouve que nous avons une bonne équipe. A nous de le montrer. PAR PETER T'KINT À BORDEAUX - PHOTOS BELGAIMAGE" Généralement, quand on joue bien, les résultats suivent. " TOBY ALDERWEIRELD " Au fil des ans, j'ai appris à défendre avec ma tête. " TOBY ALDERWEIRELD