Nous sommes au lendemain de la défaite à La Gantoise, qui a suivi la déroute européenne face au champion du Danemark. Cela faisait un bout de temps que Vincent Mannaert, le CEO du Club Brugeois, nous avait promis de passer à la rédaction. La mini-trêve imposée par l'équipe nationale nous semblait idéale pour faire le point et il a accepté, malgré les circonstances. Car les fans sont fâchés et il les comprend. " Nos supporters sont passionnés et ils accumulent les déceptions. Perdre contre Manchester United ou à Naples, ça peut arriver. Mais sept défaites en quinze matches... Je pense qu'ils ont voulu nous faire parvenir un signal. Cela se voit de plus en plus dans d'autres clubs aussi. La seule chose que nous puissions faire, c'est les respecter en les écoutant et en ne se cachant pas. Puis, bien entendu, en tentant d'obtenir de meilleurs résultats. "
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Nous sommes au lendemain de la défaite à La Gantoise, qui a suivi la déroute européenne face au champion du Danemark. Cela faisait un bout de temps que Vincent Mannaert, le CEO du Club Brugeois, nous avait promis de passer à la rédaction. La mini-trêve imposée par l'équipe nationale nous semblait idéale pour faire le point et il a accepté, malgré les circonstances. Car les fans sont fâchés et il les comprend. " Nos supporters sont passionnés et ils accumulent les déceptions. Perdre contre Manchester United ou à Naples, ça peut arriver. Mais sept défaites en quinze matches... Je pense qu'ils ont voulu nous faire parvenir un signal. Cela se voit de plus en plus dans d'autres clubs aussi. La seule chose que nous puissions faire, c'est les respecter en les écoutant et en ne se cachant pas. Puis, bien entendu, en tentant d'obtenir de meilleurs résultats. " VINCENT MANNAERT : Nous cherchons encore les causes du malaise. Certains joueurs sont blessés et il y a eu des départs. Nous savions que l'un d'entre eux serait difficile à remplacer : Mat Ryan. Enfin, plusieurs joueurs n'ont pas encore retrouvé leur niveau de l'an dernier. Ces trois facteurs expliquent déjà en partie pourquoi nous éprouvons des difficultés à être régulier. La saison dernière, à la même époque, nous n'avions pas très bien joué mais nous n'avions pas perdu puis le train s'était mis en marche. Nous avons du retard sur ce schéma. A nous de nous montrer plus constants après la mini-trêve. Refaelov ne reviendra qu'en novembre, tout comme Gedoz. PourEngels et Bolat, il faudra attendre plus longtemps encore. MANNAERT : Victor ne m'a pas encore montré qu'il allait jouer comme la saison dernière. Je crois qu'il est toujours déçu d'avoir loupé son transfert. Je pense qu'il était pratiquement certain de ne plus jouer à Bruges. Un joueur qui entame la préparation devrait pourtant tout faire pour se mettre en valeur avant le 31 août mais ça n'a pas été son cas. L'an dernier, Vazquez a été élu Joueur de l'Année devant Refaelov tandis que Ryan était gardien de l'année. Cette saison, on ne peut pas compter sur eux. Nous y perdons en qualité et en automatismes. Il faudrait pouvoir compenser par une meilleure organisation et une bonne mentalité mais le mental, qui faisait notre force l'an dernier, est moins présent. Quand nous sommes menés, c'est souvent terminé. Depuis le début, nous laissons filer des occasions de tuer les matches. MANNAERT : Non. D'un point de vue médical, Meunier ne pouvait pas jouer. Simons a 39 ans. Si nous ne dépendons que de lui, c'est un problème. Enfin, Vossen avait dit qu'il avait les jambes lourdes. Nous voulions gagner tous nos matches à domicile pour avoir une chance de passer l'hiver car il faut dix points pour sortir des poules. MANNAERT : Comme tout le monde, nous avons une liste de cinq joueurs par poste puis nous choisissons en concertation. Il est trop tôt pour parler de mauvais choix. Disons que ça prend plus de temps que prévu. Nous pensons qu'un Bolat au sommet de sa forme est un excellent gardien pour le championnat belge. Mais il n'est pas encore au sommet de sa forme. MANNAERT : Nous l'avons observé et il a passé les tests médicaux. La saison dernière, nous l'avons vu jouer en finale de Coupe de Turquie et en Ligue des Champions contre Arsenal. Il nous a convaincus. MANNAERT : Il s'est blessé après trois jours mais avant cela, plusieurs joueurs étaient venus me dire du bien de lui : il avait de la présence, était bon dans les sorties et à la relance. Jan (Van Steenberghe, le coach des gardiens, ndlr) et Michel (Preud'homme, ndlr)m'ont dit la même chose. Je comprends donc qu'ils ne voulaient pas attendre trop longtemps. Je pense que lui aussi croyait être prêt. Il ne doit pas remplacer n'importe quel gardien mais Mathew Ryan, un des meilleurs de l'histoire du Club, un symbole de l'esprit No sweat no glory qui caractérise le Club. C'est un fameux héritage. MANNAERT : Je me suis posé la question. Je pense que, par rapport à l'an dernier, tout le monde joue un cran en dessous, ce qui augmente la pression sur le gardien. Les adversaires tirent beaucoup au but. La saison dernière, nous conservions mieux le ballon et, défensivement nous étions plus homogènes, plus déterminés. C'était déjà moins le cas lors des play-offs et Ryan a encaissé davantage. Nous ne devons pas surestimer son absence mais nous avons perdu un bon gardien, qui jouait aussi très bien au pied et à qui on pouvait toujours donner le ballon. MANNAERT : Nous espérons que Denswil nous aidera à le résoudre mais on voit qu'un défenseur formé aux Pays-Bas a du mal à s'adapter à notre football où on ne prend aucun risque. Il a déjà beaucoup évolué et je compte beaucoup sur lui mais on voit toujours qu'Engels nous manque. Tous les médecins auxquels je parle me disent qu'ils reviendra mais que ça prendra du temps. Nous espérons qu'il sera là début novembre. Si c'est le cas et que Meunier n'a plus de problème, ça ira mieux car, sur le plan offensif, je ne crains rien. Je compte aussi sur Mikel Agu (qui se remet d'une fracture du métatarsien, ndlr). Le fait que Porto ait refusé d'inclure une option d'achat au contrat en dit long. Il peut jouer en 3 ou en 6. Vous voyez que nous n'avons pas encore exploité tout le potentiel de notre noyau. MANNAERT : Ils sont suffisamment en forme pour jouer. Ce sont des défenseurs qui ont un rôle bien précis. S'ils ne le respectent pas, ce qui leur arrive parfois en même temps, ça crée un problème dans le rectangle et ça contamine les deux autres défenseurs. L'an dernier, notre ligne arrière était très solide dans les moments importants - à Besiktas et en finale de la Coupe. C'est moins le cas maintenant. J'essaye de replacer tout cela dans un contexte général, les défenseurs doivent sentir que les attaquants ne parviennent pas à tuer le match non plus mais nous avons moins la rage, même si je dois admettre que La Gantoise était très forte. Actuellement (il insiste), c'est la meilleure équipe de Belgique. Depoitre, Kums et Sels tirent les autres vers le haut. Chez nous, par contre, personne n'est au top. L'an dernier, nous avions Ryan ou, par moments, Meunier, Vazquez et Refaelov. Maintenant, nous avons un peu moins de talent et nous ne compensons pas par un mental à toute épreuve. Je ne dis pas qu'on se laisse aller mais je ne vois pas de réaction. MANNAERT : Quand on n'est pas en forme, c'est difficile de diriger. Vormer le fait mais Refaelov et Engels sont les deux qui parlent le plus et ils ne jouent pas. Vossen pourrait le faire mais il n'est pas du genre à taper du poing sur la table. Ça ira mieux lorsqu'il aura montré de quoi il est capable. Le vestiaire se porte bien mais connaissez-vous encore des clubs de D1 qui ont des leaders comme ceux qu'on a connus avant ? MANNAERT : Je suis derrière tout ce que fait Michel Preud'homme. Il faut le prendre comme il est et reconnaître que sa méthode fonctionne depuis des années. MANNAERT : Non. Je ne suis pas un entraîneur bis. Je n'ai pas sa formation. Lui, il s'occupe du matin au soir de son groupe, d'analyser l'adversaire, de tirer le meilleur de chaque collaborateur. J'ai mes idées mais je ne pourrai jamais les argumenter aussi bien que lui. Je peux lui faire part de certaines observations mais il en fait ce qu'il veut. Michel Preud'homme a prouvé qu'il pouvait obtenir des résultats. Pas plus tard que l'an dernier. C'est un gagneur et je sais qu'il se pose des questions. S'il s'avère que nous manquons de talent, nous devrons réfléchir à transférer au mercato d'hiver en sachant que ça coûte cher et que les réussites se comptent sur les doigts d'une main. MANNAERT : Non, il veut d'abord marquer. Pour cela, il utilise nos forces mais aussi les faiblesses de l'adversaire, dont il analyse le potentiel offensif et défensif. MANNAERT : Il est prouvé que, quand on joue beaucoup de matchs, il faut faire tourner. Lokeren a bien joué jusqu'en décembre l'an dernier mais il a craqué après le Nouvel An. Je n'invente rien, des tests à l'effort le prouvent facilement. Si on joue moins de matches, on peut faire appel aux mêmes joueurs. Dans notre cas, les positions changent souvent mais ce sont quand même souvent les mêmes joueurs. Selon moi, le problème n'est donc pas là. MANNAERT : Peut-être que cela va arriver maintenant. En tout cas, nous devons être plus efficaces dans les deux rectangles : on ne peut pas continuer à perdre 50 % des matches. Michel pensait sans doute aussi que les joueurs étaient mieux préparés mais on constate qu'avec la même charge de travail, ils sont moins efficaces que l'an dernier. Pas parce qu'ils s'en fichent mais parce que ça ne prend pas. MANNAERT : Nous devons réagir, c'est clair. Pas sur Twitter ni sur Facebook mais sur le terrain. Nous n'avons pas d'impact sur le résultat mais nous devons réagir. MANNAERT : Je ne fais pas d'hypothèse. J'espère que Michel Preud'homme restera longtemps au Club Brugeois. Est-il compétent ? Oui ! Est-il assidu à la tâche ? Oui ! Est-il correct ? Oui ! MANNAERT : Quand on gagne, tout le monde trouve que oui. Quand on perd, c'est le contraire, alors qu'il a tout fait pour gagner. PAR JACQUES SYS ET PETER T'KINT - PHOTOS BELGAIMAGE" Il faut prendre Preud'homme comme il est et reconnaître que sa méthode fonctionne depuis des années. " VINCENT MANNAERT