" La Belgique a organisé la phase finale de l'Euro 72. Il fallait être costaud pour sortir des qualifications et nous avons sué contre le Danemark, l'Ecosse et le Portugal avant d'éliminer l'Italie en quarts de finale. Quatre équipes se placèrent dans le dernier carré : l'Allemagne, l'URSS, la Hongrie et les Diables Rouges. En demi-finale, le sort nous opposa à l'Allemagne. Ce match se déroula au Bosuil le 14 juin 1972 tandis que Hongrie-URSS eut lieu au Parc Astrid. Jouer dans l'arène de l'Antwerp ne constituait pas un avantage mais chaque région de notre petit pays devait ...

" La Belgique a organisé la phase finale de l'Euro 72. Il fallait être costaud pour sortir des qualifications et nous avons sué contre le Danemark, l'Ecosse et le Portugal avant d'éliminer l'Italie en quarts de finale. Quatre équipes se placèrent dans le dernier carré : l'Allemagne, l'URSS, la Hongrie et les Diables Rouges. En demi-finale, le sort nous opposa à l'Allemagne. Ce match se déroula au Bosuil le 14 juin 1972 tandis que Hongrie-URSS eut lieu au Parc Astrid. Jouer dans l'arène de l'Antwerp ne constituait pas un avantage mais chaque région de notre petit pays devait avoir son affiche : une demi-finale et le match inaugural à Anvers, l'autre demi-finale à Anderlecht, la consolation au Standard, la grande finale au Heysel, etc. Cet équilibre bien de chez nous arrangeait Constant Vanden Stock, Roger Petit et Eddy Wauters, les trois chefs du football belge. L'équipe nationale avait forgé ses meilleurs résultats dans ses deux stades fétiches, Anderlecht et le Standard. A Deurne, l'ambiance nous convenait moins. La grande foule assista à cette rencontre (55.601 spectateurs) avec une majorité de supporters allemands. La Mannschaft était une sacrée machine avec les Sepp Maier, Georg Schwarzenbeck, Franz Beckenbauer, Paul Breitner, Gunther Netzer, Jupp Heynckes et l'inévitable Gerd Müller. Raymond Goethals avait relancé les Diables avec un jeu défensif. Il a tenté de surprendre le coach adverse, Helmut Schön, en nous demandant de nous positionner plus haut. Il fallait éloigner Müller de notre rectangle. Goethals installa aussi Jean Thissen à l'arrière central. Au cas où c'était nécessaire, Jeannot devait prendre der Bomber avant qu' Erwin Vandendaele (arrière central très élégant) ne ramasse les morceaux de carbonnade allemande. Mais Müller n'était pas un immense buteur pour rien. Il a déposé deux lettres dans notre cage : 0-1 à la 23e, 0-2 à la 71e. Ce gars-là était un phénomène doté d'un centre de gravité très bas, etc. Odilon Polleunis a réduit la marque à la 83e minute et les Allemands ont eu peur durant les dernières minutes car le danger venait de partout. Si le match s'était déroulé à Liège ou à Bruxelles, nous aurions eu la peau de l'ours allemand qui gagna la finale contre l'URSS (3-0). Je me souviens avoir percuté le cadre adverse. La Belgique fut finalement troisième (après le 2-1 en consolation contre la Hongrie à Liège où Paul Van Himst décrocha sa 69e cap, une de mieux que le précédent recordman, Vic Mees), son meilleur résultat depuis sa médaille d'Or aux Jeux Olympiques d'Anvers en 1920. C'était bien mais je reste persuadé que nous aurions pu gagner l'Euro 72... " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)propos recueillis par pierre bilic