Il y a un an que l'élégant William Vainqueur prend les poussières devant la défense du Standard. Le Parisien se fait un devoir et un plaisir de laver un maximum de ballons avant de les rendre dans de bonnes conditions à ses camarades du secteur offensif. Le championnat 2011-2012 fut pour lui celui de la relance de sa carrière, de la découverte d'un nouveau championnat, de ses premiers pas sur les scènes européennes, et d'un agenda chargé d'un grand nombre de matches. " Une chose est sûre : j'ai fait le bon choix en optant pour le Standard plutôt que pour Nancy ", dit-il. " Un an plus tard, je me suis affirmé comme joueur. J'ai acquis des planches, j'ai mûri, je suis plus complet et je sais ce qu'un footballeur comme moi doit faire pour accentuer sa progression. "
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Il y a un an que l'élégant William Vainqueur prend les poussières devant la défense du Standard. Le Parisien se fait un devoir et un plaisir de laver un maximum de ballons avant de les rendre dans de bonnes conditions à ses camarades du secteur offensif. Le championnat 2011-2012 fut pour lui celui de la relance de sa carrière, de la découverte d'un nouveau championnat, de ses premiers pas sur les scènes européennes, et d'un agenda chargé d'un grand nombre de matches. " Une chose est sûre : j'ai fait le bon choix en optant pour le Standard plutôt que pour Nancy ", dit-il. " Un an plus tard, je me suis affirmé comme joueur. J'ai acquis des planches, j'ai mûri, je suis plus complet et je sais ce qu'un footballeur comme moi doit faire pour accentuer sa progression. "William Vainqueur : Non, c'est à la Beaujoire que je suis devenu un numéro 6. Et, comme on me le demandait, je me suis immédiatement installé dans ce rôle au Standard. Il y avait du talent et de la structure ; je me suis tout de suite senti à l'aise à Liège, intégré, accepté avec mes qualités et mes défauts. Autour de moi, il y avait des gars qui m'ont permis d'exercer mon job dans de bonnes conditions. Un numéro 6 ne peut pas être efficace si les autres milieux de terrain lui laissent tout le travail de la récupération. Et ce ne fut pas le cas car j'ai pu bénéficier de l'aide de Yoni Buyens et de Jelle Van Damme, entre autres. J'ai rarement vu un joueur qui travaille et court autant que Yoni. C'est une dynamo qui ne s'arrête jamais. Quant à Jelle, tout le stade s'identifie à son engagement, sa présence athlétique, son abattage, son charisme. Grâce à eux, sans dire que tout a été parfait, j'ai pu grandir dans mon rôle. Oui et non car il y a toujours des choses à améliorer, des zones d'ombre comme les PO1. En fin de saison, l'effectif était sur les genoux, usé physiquement et mentalement par des mois de labeur. A partir de janvier ou de février, je ne sais plus, j'ai forcé en jouant autrement : je voulais £uvrer plus haut, percuter et j'ai un peu oublié le reste, ce que je faisais le mieux : défendre. Je devais en revenir à mes fondamentaux et tant mieux si, à l'occasion, je peux mettre le nez à la fenêtre. C'est du bonus mais je dois d'abord me concentrer sur mes tâches d'essuie-glaces. Il faut que je récupère un maximum de ballons. Durant les PO1, je n'ai pas assez joué mais José Riga, a fait des choix que je ne conteste pas car j'étais blessé (genou) et fatigué. Je me remets en question car je vis des moments importants de ma carrière. Si un avenir se dégage un jour avec un grand transfert à la clé, c'est ici que je l'aurai mérité. Avec mon agent, je revois tous mes matches pour cerner ce qui doit être amélioré. J'ai des atouts et des manquements aussi, comme tout le monde. Mais, dans l'ensemble, même si je tenais pourtant à briller lors des PO1, ma première saison ici fut globalement bonne. Cela dit, j'ai réfléchi durant les vacances pour voir ce que je pouvais améliorer dans ma production. Je me suis reposé mais j'ai aussi bossé. J'ai d'abord passé quelques jours à Noisy-le-Grand, le coin où j'ai grandi. Après cela, j'ai embarqué toute ma famille, ma femme, ma fille, ma mère, ma s£ur, direction la Guadeloupe. Il y avait longtemps que nous ne nous étions plus rendus là-bas ensemble. Pour moi, la famille, c'est important. Après, j'ai visité Dubaï avec mon épouse : c'est une autre planète, un monde où tout semble possible. J'avais aussi l'intention de visiter New York durant une semaine puis, suite à une conversation avec mon agent, j'ai opté pour une semaine très différente mais qui m'a fait un bien fou, vraiment... Mon manager connaît bien Robert Duverne, le préparateur physique de Lyon et des Bleus. Duverne a des élèves dans tous les coins de France et notamment à Aubervilliers. Là, j'ai bossé durant une semaine, au rythme de deux séances par jour, avec un de ses disciples. J'ai éliminé quatre kilos et je me suis présenté très affûté à la reprise des entraînements. C'était une bonne base pour entamer ma deuxième saison au Standard. Tout à fait. Les footballeurs professionnels sont habitués à ces changements de décors. A Nantes, j'ai assisté au départ d'entraîneurs à peine en place. Ces va et vient n'étonnent plus personne, c'est le football. Une chose est sûre : je ne cracherai jamais dans le dos de Riga, un homme aimable, qui m'a offert sa confiance. Jans m'a tout de suite étonné car il place le ballon, le jeu, la technique au centre du débat. Or, c'est tout ce que j'aime. Il a des principes et garde la cap. J'ai vu des coaches qui cèdent à la pression des médias quand ils exigent un 4-4-2, deux attaquants ou que sais-je. Jans ne tient pas compte de cela car il est animé par des idées précises, le désir de voir une équipe qui joue bien au football, et manifeste sa foi en ses joueurs. Quand un T1 change de conception suite à des pressions extérieures, il perd le fil de ses idées et son vestiaire en même temps. Jans sait ce qu'il fait et le prouve tous les jours. Il va me faire progresser, c'est une évidence. Je la trouve plus solidaire. Plus complète et diverse aussi. Ces signe peuvent annoncer autre chose. C'est déjà une bonne équipe mais avant de s'avancer, il faut des confirmations face aux grosses cylindrées de la D1. Je ne snobe pas du tout les adversaires que nous avons rencontrés jusqu'à présent. D'ailleurs, Zulte Waregem pourrait même être une des révélations de la saison. Le déplacement au Club Bruges constituera déjà un test intéressant. L'équipe de Georges Leekens s'est renforcée en quantité et en qualité. Et ce sera l'occasion de revoir mon ami Mémé Tchité. Je ne crains pas ce genre de rencontre. Je suis même persuadé que nous sommes suffisamment armés pour les aborder avec ambition. Le Standard monte en puissance mais cela ne suffit pas. Une équipe progresse quand elle se remet en question après chaque match. Il faut surtout rester humble... La saison passée, avant sa blessure, le footballeur que je préférais en D1 était Vadis Odjidja. Je trouvais qu'il avait tout : la hargne dans les duels, le talent, le coffre pour aller au bout de ses raids. Il m'impressionnait. Le Standard est en tout cas capable d'aller chercher quelque chose chez un adversaire qui s'est considérablement renforcé. Quand on transfère Tchité, c'est qu'on a des ambitions. Nous aussi, évidemment. Oui tout à fait. Ce n'est pas une mince affaire de remplacer Kanu et Felipe. Il était intéressant de confier le trousseau de clés à Van Damme et Laurent Ciman. Jelle est excellent dans ce rôle. Il en a pris pour des années. Je pense que c'est son meilleur poste. En plus de leurs activités défensives, Jelle et Laurent sont capables de marquer sur une frappe ou à l'occasion d'un coup de coin, grâce à leur présence dans le trafic aérien. Leurs transversales font mal aussi c'est connu. Pour un demi déf, une défense comme la nôtre, avec Kawashima, Poco et Réginal en plus de Jelle et Laurent, c'est rassurant. Je peux compter sur eux : le travail est bien fait derrière moi. La série de succès nous a fait du bien... Oui, forcément. Le temps a fait son £uvre. Frédéric Bulot, par exemple, est arrivé après une période de revalidation. Maintenant, cela va bien. Sclessin vous pousse vers le but adverse et cette pression-là s'exerce surtout sur les attaquants. Il y a un peu d'adaptation mentale quand un nouveau débarque ici mais qui ne souhaite pas joueur régulièrement dans une telle ambiance ? J'adore ce stress et en un an, cela m'a apporté de la maturité : il était temps, évidemment... Nacho Gonzalez est très important dans ce contexte. Ce joueur, c'est du talent à l'état pur, du métier, une quatrième place au Mondial avec l'Uruguay, des idées. Gonzalez ne roule pas des mécaniques mais quand il dit quelque chose dans le vestiaire, il n'a même pas besoin d'élever le ton de la voix pour que tout le monde l'entende. Je suis admiratif : ce gars ne gueule jamais. Le Standard a plus d'une solution dans la ligne médiane avec Astrit Ajdarevic en tête. A mon avis, nous avons deux ou trois solutions pour chaque place et cela risque de poser des problèmes à nos adversaires car notre jeu sera de plus en plus difficile à lire. Imoh Ezekiel est un phénomène : il me fait penser à Obafemi Martins (ex-Inter de Milan, Newcastle, etc.) par sa vitesse, son sens de la profondeur, son calme, même sa détente malgré son manque de taille. Un attaquant comme celui-là, c'est rare. S'il garde son calme, Imoh est à l'aube d'une grande carrière internationale. Pour les milieux de terrain, c'est une aubaine car chaque ballon peut être dangereux avec lui. Je l'ai vu arriver en janvier dernier. Il a pris part aux PO1 car Tchité et Cyriac étaient blessés. Je me suis demandé comment il se débrouillerait. Seul, il a tiré son épingle du jeu. Sans complexe, Imoh a été excellent durant les matches de préparation et le reste n'était plus qu'une question de temps. Mais si sa jeunesse est un atout, il ne pourra pas tenir seul toute la saison. Le Standard aura forcément besoin de Marvin Ogunjimi ou de Dudu Biton. En attendant, Ezekiel est là et bien là... PAR PIERRE BILIC, PHOTOS : IMAGEGLOBE/ LAMBORAY" Jans place le ballon, le jeu, la technique au centre du débat. "