Pour la première fois depuis plus de dix ans, Els Callens n'est pas sous le soleil australien et l'ancienne joueuse tente d'échapper au trou noir qui guette tant de sportifs de haut niveau quand ils ont raccroché. Trois mois après sa retraite, elle n'a aucun projet professionnel en tennis. Et lorsqu'on lui demande si elle ne serait pas tentée d'imiter Dick Norman et de rempiler après une année sabbatique, elle se contente de sourire. Et voilà que l'Open d'Australie ravive encore sa nostalgie...
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Pour la première fois depuis plus de dix ans, Els Callens n'est pas sous le soleil australien et l'ancienne joueuse tente d'échapper au trou noir qui guette tant de sportifs de haut niveau quand ils ont raccroché. Trois mois après sa retraite, elle n'a aucun projet professionnel en tennis. Et lorsqu'on lui demande si elle ne serait pas tentée d'imiter Dick Norman et de rempiler après une année sabbatique, elle se contente de sourire. Et voilà que l'Open d'Australie ravive encore sa nostalgie... A l'heure où les tennismen se plaignent de la densité de leur calendrier et où les blessures s'accumulent, Callens remet les points sur les i avec d'autant plus de vigueur qu'elle mesure son bonheur passé : " On a déjà suggéré de retarder l'Open d'Australie au mois de mars pour ménager deux mois de repos supplémentaires au circuit. Ce serait faire fi de la météo, moins bonne, et de l'absence de vacances scolaires. En mars, l'Open aurait moins de spectateurs, moins de volontaires, moins de ramasseurs de balle. Les joueurs doivent savoir eux-mêmes ce dont leur corps est capable et faire l'impasse sur certains tournois. Ceci dit, si Maria Sharapova a participé à un tournoi au Japon fin décembre, ce n'était pas à cause du calendrier mais uniquement parce que l'offre était lucrative. Elle serait mal avisée de se plaindre maintenant ".. Els conserve de merveilleux souvenirs de l'Australie : " Les Australiens sont relax et hospitaliers. Ils sont incroyablement calmes. La première fois, j'ai été stupéfaite de les voir rouler à 100 km/h sur l'autoroute. Ce sont aussi de grands sportifs, qui admirent sincèrement les exploits. Ils respectent le beau jeu, contrairement aux spectateurs de Roland - Garros. Et puis, le soleil brille, Melbourne est belle, très verte. Le Rebound Ace convient à tous les styles de jeu mais reflète la chaleur ". A l'heure des souvenirs, Callens compose un recueil de photos. Les s£urs Williams n'y figurent pas. L'Anversoise déplore leur manque de technique : " En plus, elles n'y travaillent pas et stagnent. Justine Henin et Kim Clijsters sont plus véloces, plus explosives. Les Williams ont encore un léger avantage à Wimbledon, c'est tout. Justine doit évidemment toujours rester à l'écoute de son corps, suite à son infection virale, mais elle a l'art d'être en forme au bon moment. Et si je ne suis pas sûre que Kim ait bien fait de se passer de coach, Justine doit devenir plus indépendante de Carlos Rodriguez. Elle guette son approbation à chaque point. Le fait qu'ils se voient moins souvent depuis qu'elle a déménagé à Monaco va sans doute l'aider à s'affranchir quelque peu et je la vois gagner un, voire deux Grands Chelems ". Callens s'avoue impressionnée par la saison de Mary Pierce et d' AmélieMauresmo mais aussi par la percée de la Tchèque Nicole Vaidosova, âgée de 17 ans : " Elle sera bientôt numéro un. Elle est grande et costaude, dispose d'une bonne technique et d'un super service. Elle commet encore des erreurs de jeunesse, évidemment. Elle est meilleure que Sharapova mais moins forte mentalement. C'est le point fort des Russes, mais je ne sais pas si leurs coaches sont en mesure de suivre les évolutions techniques ". Callens suivra attentivement le tournoi masculin, plus susceptible de réserver des surprises. " RogerFederer conservera- t-il sa motivation ? L'Open d'Australie a déjà sacré des vainqueurs inattendus : MaratSafin la saison passée, ThomasJohansson en 2002. J'adore voir jouer Olivier Rochus mais sa taille le handicape. Sous le soleil, son jeu généreux et offensif risque de lui valoir un coup de barre. En plus, il a beaucoup de points à défendre. Je sais ce que c'est : quel stress ! Kristof Vliegen est excellent mais manque de régularité. Je le vois quand même se classer dans le top 50 à 60 cette année ". La gentille Els n'a pas été tendre dans la presse avec Xavier Malisse. Elle se défend : " Mais il en est à son dixième entraîneur ! Cela veut dire qu'il est incapable d'obéir. Il n'a plus qu'un préparateur physique. C'est parfait puisqu'il ne fait que ce dont il a envie ". FILIP DE WULF