"J'ai toujours été supporter d'Anderlecht. À la grande époque européenne, j'allais souvent au stade avec mon père. J'ai régulièrement entendu dire qu'il n'y avait pas d'ambiance au Parc Astrid, je peux témoigner du contraire ! Je me souviens notamment de ce jour où les Mauves ont éliminé le Bayern Munich ( quarts de finale de la Coupe UEFA 1985-86, ndlr). J'étais derrière la cage où ont été inscrits les deux seuls buts, c'était la folie. " Jean-Christophe Demoors parle avec beaucoup d'émotion dans la voix. Cet informaticien aime se replonger dans le football de son enfance. Récemment, c'est le décès de Robbie Rensenbrink qui l'...

"J'ai toujours été supporter d'Anderlecht. À la grande époque européenne, j'allais souvent au stade avec mon père. J'ai régulièrement entendu dire qu'il n'y avait pas d'ambiance au Parc Astrid, je peux témoigner du contraire ! Je me souviens notamment de ce jour où les Mauves ont éliminé le Bayern Munich ( quarts de finale de la Coupe UEFA 1985-86, ndlr). J'étais derrière la cage où ont été inscrits les deux seuls buts, c'était la folie. " Jean-Christophe Demoors parle avec beaucoup d'émotion dans la voix. Cet informaticien aime se replonger dans le football de son enfance. Récemment, c'est le décès de Robbie Rensenbrink qui l'a poussé à le faire. " Rensenbrink, c'était un style de jeu. C'est pour des gars comme lui que l'on regarde le foot ", explique cet abonné depuis 1983 à Sport/Foot Magazine. L'habitant de Suxy, dans la commune de Chiny, ne se rend plus trop au stade depuis son expérience de la finale de la Coupe de Belgique 1999 entre le Standard et le Lierse. Ce jour-là, il est choqué par l'omniprésence des stewards et l'interdiction de circuler autour du stade. " Ça ne m'intéresse pas d'aller voir un match en étant à ce point canalisé. Et puis, j'ai l'impression de ne plus retrouver l'ambiance de l'époque. Avant, on se chambrait avec humour alors qu'aujourd'hui, la partie folklorique a laissé place à une sorte de violence gratuite. " Le Gaumais se satisfait donc d'admirer le sport à la télé pour des artistes comme Eden Hazard. Lorsque Jean-Christophe achète ses premiers magazines lors d'un été des années 70, c'est essentiellement pour suivre le Tour de France. " C'était la belle époque, avec en point d'orgue 1976 et la dernière victoire belge ( Lucien Van Impe, ndlr). De manière générale, j'ai toujours préféré les grimpeurs aux maillots jaune. " Ado, Jean-Christophe s'amourache de Sport/Foot Magazine, dont il suit en priorité les articles foot, avec le changement de vision du sport que l'âge implique. " À douze ans, j'étais plus attiré par les portraits de footballeurs alors qu'aujourd'hui, je lis surtout les sujets d'actualité. Le magazine ne cherche pas à cacher ou embellir la réalité : il a un avis tranché, mais dit les choses comme elles sont. " C'est dans ce même esprit de transparence que Jean-Christophe publie en 2016 une lettre de candidature pour prendre la succession de Marc Wilmots à la tête des Diables. Ses objectifs ? Redynamiser l'hymne national et réduire le salaire des joueurs pour favoriser le développement du sport à chaque niveau. " Ça a fait marrer mes potes ", sourit l'intéressé. Proximité géographique oblige, le Chuchot garde un oeil intéressé sur l'Excelsior Virton, mais n'adhère pas au projet. " Je ne vais pas au stade ", assume-t-il. " On dirait que c'est un enfant gâté qui a acheté un club pour en faire son jouet puis qui râle dès que les pouvoirs publics ne veulent pas l'aider. " Ancien footballeur, Jean-Christophe se consacre désormais à nouveau à son premier amour. " J'ai repris le vélo avec intensité et en septembre 2019, j'ai escaladé l'Alpe d'Huez et le Galibier. Ça s'est bien passé donc je continue à m'entraîner pour faire un jour le Tourmalet. " Une autre Madeleine de Proust.