Robert Waseige: "Je comprends la volonté de la presse de suivre les événements au plus près. Quand on fait bien son métier, pas de problème. Mais il m'arrive parfois de m'élever contre la forme. En 1985, le football avait sa place dans les médias mais n'était pas encore devenu le champ de bataille commerciale. Ce fut le cas au Japon, tout le monde le sait. Là, quelque part, le sport a été pris en otage. Certains croient qu'ils doivent sacrifier au sensationnalisme, ou sont obligés de le faire, et cela nous concerne. On n...

Robert Waseige: "Je comprends la volonté de la presse de suivre les événements au plus près. Quand on fait bien son métier, pas de problème. Mais il m'arrive parfois de m'élever contre la forme. En 1985, le football avait sa place dans les médias mais n'était pas encore devenu le champ de bataille commerciale. Ce fut le cas au Japon, tout le monde le sait. Là, quelque part, le sport a été pris en otage. Certains croient qu'ils doivent sacrifier au sensationnalisme, ou sont obligés de le faire, et cela nous concerne. On ne peut l'ignorer car ce qui est écrit, dit, ou filmé, a un gros impact sur le public. A mon avis, la presse écrite, par exemple, a été poussée dans le dos par l'essor des télévisions. Le sensationnalisme est souvent l'apanage des gens mal intentionnés et un commando, géographiquement situé au nord, s'était offert un os à ronger durant la Coupe du Monde. Là, on a dépassé les limites acceptables du mauvais goût. Même si la donne a donc changé, je considère que la presse belge fait généralement bien son travail. A l'étranger, la pression est bien plus forte. En France, la famille du football le mesure, forme les entraîneurs et les joueurs afin d'affronter cette réalité. Chez nous, ce n'est pas le cas. Chacun apprend cette facette de son métier, la communication, sur le tas, seul. Ce n'est pas toujours suffisant, les clubs doivent s'intéresser à ce problème". Aimé Anthuenis: "Je suis convaincu, comme Robert Waseige, que la concurrence entre les médias est une guerre commerciale. Avant les journalistes étaient des collègues mais, de loin, je vois qu'ils sont devenus des concurrents. Leurs réactions sont différentes. Nous en sommes parfois victimes. En période de transferts, c'est terrible. Si un journal estime ou pense qu'un coach a donné une nouvelle à un de ses concurrents, c'est carrément l'affrontement. Mais je ne me plains pas. J'ai été critiqué à Anderlecht avec l'affaire Stoica. Cela ne m'a dérangé car mes résultats étaient bons. La presse a même souvent fait ma réclame ( sic), parfois trop, et je me suis aussi fait un nom grâce à elle. On parle beaucoup de cours médiatiques, je veux bien mais le plus important, c'est toujours le football. La meilleure salle de cours, quoi qu'on en dise, c'est encore et toujours, heureusement, le terrain. Tout est tellement relatif. Il suffit parfois de lire ce qui a été écrit, ou déclaré, il y a un an. C'est dépassé, parfois inutile ou vain. Depuis dix ans, on ne parle plus que de communication. C'est la tarte à la crème. Une équipe doit bien jouer et gagner: quand elle parle bien sur le terrain, il n'y a rien à ajouter de plus".