Quelle impression gardez-vous de notre équipe nationale après le premier duel face aux Tchèques?
...

Quelle impression gardez-vous de notre équipe nationale après le premier duel face aux Tchèques?Georges Heylens: Ce fut une journée importante pour tout le pays. Il y a eu le match des Diables Rouges, évidemment, mais aussi, en ces temps difficiles pour la Sabena, la relance d'une compagnie aérienne belge. En Espagne, Justine Henin a été au bord du gouffre avant d'aider l'équipe nationale de tennis à se qualifier pour la finale de la Fed Cup. Tout est une question de volonté, de force mentale. J'inscris le succès des Diables Rouges dans cette superbe réaction d'orgueil de toute la Belgique. Avant le match, tout le monde aurait signé à deux mains afin de décrocher ce résultat. Après coup, je me dis qu'on aurait peut-être pu aller chercher ce deuxième but qui aurait gêné considérablement les hommes de Chovanec. Je songe à la possibilité de Johan Walem. Rien n'est fait, ce sera dur à Prague dans une ambiance surchauffée, mais la Belgique entamera le dernier sprint avec une petite avance. Il faudra lutter tout en cherchant à surprendre un gardien de but moyen. La Tchéquie récupèrera Rosicky. A Bruxelles, en première mi-temps, elle a dévoilé de beaux atouts et Geert De Vlieger a dû garder l'oeil ouvert. Les chances belges sont en hausse. L'accent brugeois a donc donné une autre allure à l'équipe nationale?Oui. Pas évident à digérer pour les Mauves, qui n'avaient aucun représentant au début du match. Mais quel Anderlechtois peut revendiquer pour le moment une place de titulaire indiscutable chez les Diables? Yves Vanderhaeghe est carbonisé, Glen De Boeck passe son temps à expliquer les défaites par les actions ratées des autres et n'est plus un capitaine fédérateur. Il a été utile en deuxième mi-temps contre la Tchéquie mais, à dix contre onze, notre adversaire s'est contenté du résultat et sa production offensive était en baisse. Par rapport à cette fatigue bruxelloise, les Brugeois ont apporté leur fraîcheur physique et surtout mentale. La Belgique ne dispose plus d'artistes pour le moment mais on peut réaliser des choses intéressantes avec de bons ouvriers qualifiés. Philippe Clement a abattu consciencieusement son travail. Timmy Simons m'a plu: bon placement, gros volume de travail au profit du groupe sur un terrain difficile. Il se met à plat pour les autres. Gert Verheyen a pesé et marqué le but du succès. Il n'a pas joué à sa place habituelle mais a formé un duo complémentaire avec Wesley Sonck. Le coach fédéral n'avait pas d'autres solutions sous la main. J'aime bien Sonck. C'est un poison pour toutes les défenses et son jeu est marqué par la vivacité, l'audace et l'intelligence. Il n'a peur de personne et a réussi quelques belles détentes aériennes malgré sa petite taille. Van Houdt n'a pas encore ce niveau.Marc Wilmots a repris sa place dans le groupe pour Prague: son absence à Bruxelles avait-elle été compensée par Sven Vermant?J'attendais plus d'un titulaire de Schalke 04. Pas facile de revêtir le bleu de travail de Wilmots. Vermant a été trop timoré et il n'a pas beaucoup plongé dans l'axe. Il s'est contenté des phases arrêtées. Il a rendu des ballons mais il fallait plus. Les Tchèques fermaient tout et se contentaient du résultat au fil de la deuxième mi-temps. Il aurait été intéressant de les surprendre au départ du secteur médian, surtout à onze contre dix durant une mi-temps. C'est la seule petite déception d'une équipe concentrée sur son sujet. On peut la féliciter d'avoir réagi après Zagreb.La Tchéquie jouera autrement à Prague...Oui. A Bruxelles, elle a évolué avec un seul attaquant de pointe. Chez elle, cette équipe sera forcément plus offensive. Elle a récemment balayé la Bulgarie mais a aussi signé des matches de qualité moyenne. Il faudra dérégler son jeu et y croire: ce sera la clef de ce match.Pierre Bilic