BAGGIO, ROBERTO

La star du match de gala Standard-AC Milan, Roberto Baggio apporte son soutien à deux familles éprouvées. Le lendemain, je rencontre un des deux papas. Gino Russo, grand amateur de foot, lance un appel émouvant que Sport/Foot Magazine répercute avant que cette affaire ne porte deux prénoms : Julie et Mélissa (P.B.)
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La star du match de gala Standard-AC Milan, Roberto Baggio apporte son soutien à deux familles éprouvées. Le lendemain, je rencontre un des deux papas. Gino Russo, grand amateur de foot, lance un appel émouvant que Sport/Foot Magazine répercute avant que cette affaire ne porte deux prénoms : Julie et Mélissa (P.B.) En raison d'une rage de dents, le coach hollandais d'Anderlecht a annulé l'interview du matin mais nous propose de l'accompagner en fin d'après-midi chez l'équipementier Lotto où il doit parler de fourniture de matériel pour ses camps de football. Dans la voiture, le dialogue passe très bien entre nous mais, sur place, les négociations sont tendues. Après avoir pris congé du directeur, Boskamp va saluer Stan Van den Buys, un des représentants de la marque en lui demandant de plaider ardemment sa cause auprès du grand responsable. " Essaie de m'arranger quelque chose et n'oublie pas non plus que je joue contre toi après-demain ", lui glisse-t-il sous forme de boutade. Je ne sais pas si les tractations avec Lotto ont été menées à bonne fin. Mais le surlendemain, Anderlecht s'imposait 2-3 au Veltwijckpark et trois buts du Sporting résultèrent d'autant d'autogoals de l'infortuné Van den Buys. ( B.G.) Il va devenir champion du monde pour la deuxième fois en 1988 à Renaix. Steve Bauer le déséquilibre : chute, drame. Quelques heures plus tard, Claude rentre chez lui. Je l'attends avec mon confrère Jacques Sys sur le pas de sa porte. Il nous invite à boire le champagne qu'il avait mis au frais pour fêter le titre. Quelques semaines plus tard, Bauer me reçoit chez lui. Sa femme lui signale que je l'avais qualifié d'assassin et il me flanque dehors. (P.B.) Il me recevait parfois à minuit pour reparler d'un match de l'équipe nationale du soir. Son père était un homme remarquable. D'origine polonaise, il s'était enrôle dans l'armée américaine et participa aux batailles contre les Nazis. Plus tard, il se fixa en Belgique, devint mineur, le paya de sa santé mais bâtit sa maison de ses mains. C'est à l'occasion d'un match européen d'Anderlecht en URSS qu'Alex retrouva un de ses oncles. L'homme avait vu sa photo dans la presse et parcouru des milliers de kilomètres pour le rencontrer. Alex m'a souvent reparlé de la plus émouvante rencontre de sa carrière. (P.B.) Le FAR de Rabat vivait une saison difficile. Après une défaite 0-2 face à un concurrent dans la lutte pour le maintien, la soirée est agitée. Les coups de téléphone se succèdent : le général prend des nouvelles, le capitaine demande l'annulation de la mise au vert, le colonel s'excite. Depireux rétorque au dernier : -Mon colonel, je vous sens très énervé. Ne battez pas votre femme en rentrant, hein ! Notre compatriote raconte tout : " J'ai déjà présenté quatre fois ma démission, mais elle a toujours été refusée ". Après la parution de l'article, il a subi un sérieux rappel à l'ordre. Mais, une nouvelle fois, sans que sa démission soit acceptée. (D. Dv.) Interview au Real Madrid avec Florentino Perez, le nouveau président fraîchement élu à l'époque, Jorge Valdano le directeur sportif, et Alfredo Di Stefano, l'ancien crack du club. Arrivé au stade Santiago Bernabeu, Di Stefano avait patiemment attendu dans une salle annexe que l'entretien avec Perez et Valdano se termine. Mais l'entretien s'est prolongé. Lorsque l'attaché de presse du Real a voulu aller chercher Di Stefano pour l'inviter à se joindre à nous, il avait disparu : l'attente avait été trop longue. (D. Dv.) Le responsable de la cellule scouting d'Anderlecht désire connaître notre programme à la Coupe d'Afrique des Nations au Mali 2002. Ce déplacement ne lui dit rien qui vaille et son corps réagit mal au vaccin contre la fièvre jaune ainsi qu'aux médicaments destinés à combattre la malaria. Il est pris de nausées. Nous le rassurons et lui proposons de partager notre véhicule de location pour les déplacements entre Bamako, Ségou, Sikasso et Mopti. Il change même son billet d'avion afin d'effectuer le voyage avec nous mais une rupture d'anévrisme fatale en décide autrement. (B.G.) Chez le gardien du Club Bruges et de l'équipe d'Egypte. Au Caire, le plateau des pyramides est fermé depuis quelques minutes : il est plus de 17 heures. Nader sort de la voiture et file vers le poste. Il en ressort avec un policier tout excité, qui monte avec nous. Nous redémarrons, le policier passe la tête par la vitre ouverte et, à l'approche de chaque barrière gardée par des hommes armés jusqu'aux dents, il hurle : -Ouvrez tout, c'est Captain Nader. Toutes les barrières s'ouvrent comme par magie et nous nous retrouvons en très petit comité pour les photos : Nader, ses parents, son frère, ses s£urs, le photographe et moi-même. Une demi-heure plus tôt, des milliers de touristes et des dizaines de guides et de vendeurs de souvenirs se bousculaient au même endroit. (Pi.D.) Stade Alvalade à Lisbonne, avant Portugal-Espagne. Aux abords du périmètre de sécurité, je demande l'entrée de la presse. On m'indique un numéro de porte. Je redemande à une hôtesse si c'est bien par là qu'on accède à la salle de presse. Oui, oui, vous prenez l'escalier et vous y êtes !, me répond-elle. Au premier étage, rien. Je continue de monter. Et me voilà dans les loges ! L'endroit est encore désert, trois heures avant le match. Personne n'a rien vérifié. J'aurais pu rester dîner avec le président du Sporting de Lisbonne ou déposer un kilo d'explosif. Je croise finalement une autre hôtesse qui, confuse, téléphone à une collègue qui finit par m'indiquer la bonne direction où fouille et détecteur de métaux sont de rigueur. (D. Dv.) Dans le couple qu'elle forme avec Pierre-Yves Hardenne, le chef, c'est Madame. Une interview de Pierre-Yves pendant que Juju s'entraîne devant nous, dans la région de Namur. France 2 appelle Monsieur le manager pour solliciter un rendez-vous avec Justine. Il répond : -Venez ce soir à 18h. Il va alors prévenir son épouse que la télé française va débarquer. Elle devient verte de rage et Pierre-Yves revient blanc comme un linge. Il rappelle France 2 : -Désolé, mais ça ne va pas être possible aujourd'hui. (Pi.D.) Le défenseur nigérian de Lokeren Stephen Keshi ne joue pas et affirme même avoir la pointure pour jouer à Anderlecht. " Ne pouvez-vous rien faire pour moi ?", demande-t-il. On lui conseille de persévérer. Quinze jours après la sortie de notre interview, le grand Stef est titulaire pour la première fois par Aimé Anthuenis, pour les besoins du derby face à Beveren. D'emblée, Keshi fait fureur et ne quitte plus l'équipe. Mieux même : en fin de saison, il est transféré à Anderlecht et il a toujours cru que j'avais fait le nécessaire pour qu'il aboutisse au Sporting. Par la suite, grâce à lui, de nombreux contacts avec d'autres joueurs africains furent rendus possibles. Et lors de la CAN 92, chaque matin, Keshi tenait absolument à m'inviter au petit déjeuner qu'il partageait toujours avec le Ghanéen Abedi Pelé et le Camerounais Roger Milla. (B.G.) L'ancien joueur congolais de l'Union Saint-Gilloise et d'Anderlecht des années 60, mourait à cause du sida mais, sans le sou, il devait quitter l'Institut des maladies tropicales d'Anvers. Il était recroquevillé sous ses couvertures, le visage et les cheveux gris comme la vie qui le quittait. On a parlé de foot durant une demi-heure. Notre hebdomadaire lança un appel à la générosité, entendu, notamment à Anderlecht. Kialunda fut emporté dignement vers sa dernière demeure. (P.B.) Le champion américain est victime d'un accident de chasse ! Je file en Californie sans avoir la garantie de le voir. Il a quitté l'hôpital de Sacramento. Après huit jours d'attente, il nous reçoit. J'avais l'estomac en compote et le c£ur serré par l'émotion mais concentré. LeMond a échappé à la mort, évoque son retour à la compétition et se lève soudain pour tomber dans les bras du photographe. Ce fut une exclusivité mondiale, diffusée dans de nombreux pays. Personne d'autre n'a mis les pieds chez lui. J'écris le reportage durant une grande partie de la nuit dans un motel de Lake Tahoe, près de Reno. Le voyage du retour fut long mais bien arrosé au champagne. Ce magazine-là n'a jamais quitté mon armoire à la rédaction : c'est mon talisman. Deux ans plus tard, en 1989, LeMond gagnait le Tour devant Laurent Fignon. (P.B.) Belgrade, reportage autour de l'Etoile Rouge. L'attaquant n'ignore pas que j'y ai de la famille que je ne connais pas. Il la retrouve et me présente à un cousin puis à un autre. Beaucoup ont dû quitter leur village lors de la guerre qui déchira le pays. L'émotion était là : sans le foot, je n'aurais jamais rencontré ces proches. (P.B.) Pas méchant, mais parfois dissipé. Lorsque nous lui demandons de pouvoir l'interviewer au Pérou, pendant la trêve, il accepte : ûJe vous communiquerai mon numéro de téléphone local par SMS. Il tient parole. Mais arrivé à Lima, on tombe sur le répondeur pendant trois jours. L'attaché de presse du Sporting Cristal se montre heureusement d'une disponibilité extraordinaire. L'homme propose spontanément de nous accompagner à Chincha, le village natal d'Andrés, à trois heures de bus de Lima. On y rencontre sa grand-mère qui, effrayée, ne veut répondre à aucune question. Un voisin explique qu'Andrés est passé par là deux jours plus tôt, mais qu'il est reparti. Il se manifeste finalement le jour de notre départ, alors qu'on prenait l'avion le soir pour rentrer. (D. Dv.) Il m'invita un jour, chez lui, à Saint-Gilles à un repas de fin du ramadan. Une découverte : quels moments agréables en famille ! Le football est multiculturel. Nordin fut un des premiers à représenter sa communauté au top, prit part à une finale de Coupe des Coupes avec l'Antwerp et entraîne aujourd'hui les jeunes du FC Brussels. Beau parcours. (P.B.) Lors d'un reportage, le boxeur ne rata pas un de ses anciens managers qui déposa plainte contre moi : convocation à la police, interrogatoire, etc. Renard ne se débina pas et affirma que j'avais fidèlement reproduit ses propos. L'action en justice en resta là. (P.B.) BoxingDay, Coventry bat Arsenal 3-2. Rendez-vous avait été pris avec Cédric Roussel pour une interview après le match. Il n'y avait pas d'autre alternative, car il devait directement repartir pour jouer un autre match deux jours plus tard en déplacement. On se retrouve à l'entrée du stade. Mais où réaliser l'interview ? Aucun pub n'est ouvert dans les environs immédiats. Je propose la salle de presse. Arrivés sur les lieux, le contrôle est strict. û Monsieur est journaliste, il peut entrer, mais l'accès est interdit aux joueurs. L'interview se déroule finalement à l'extérieur, dans la tribune, par un froid glacial. L'entraîneur Gordon Strachan viendra nous saluer : - Belgium ? Welcome ! Mais sans proposer de local. (D. Dv.) Le Tintin du foot belge. Je l'ai retrouvé au Congo, au Maroc, au Koweït, en Egypte. Pour dépanner les Belges, il est arrivé au coach de fabriquer sa bière et son pousse-café dans un pays où la moindre goutte d'alcool était interdite. Et tout cela fermentait calmement sur la garde-robe de sa chambre à coucher. (P.B.) J'ai bondi dans la tribune à Belgique-Brésil sur le but annulé de Willy au Mondial pour une faute imaginaire sur le gardien brésilien. Certains collègues concurrents n'ont pas apprécié au nom de l'impartialité de la presse. Quelle injustice alors que la Belgique réussissait un match de légende. Lors de reportages quand il jouait encore à Saint-Trond, sa maman nous offrait parfois une livre de beurre sur le pas de la porte de la ferme de Dongelberg. Impossible de refuser. (P.B.)Pierre Bilic, Pierre Danvoye et Daniel Devos