MA TERRE NATALE

" Il faut monter 121 marches pour accéder à la maison où j'ai grandi. Chaque fois que j'allais à l'école ou chez des copains, je devais me farcir ces marches. J'ai promis à ma mère de la sortir un jour de cette colline. J'y suis parvenu : je lui ai acheté une maison à Trincity, un peu plus à l'est. Je conserve toutefois de bons souvenirs de ma jeunesse et de mon village natal. Carenage est un village de pêcheurs au nord-ouest de Trinité. J'étais le cadet de six enfants. Ma mère est restée à la maison pour s'occuper de nous. Mon beau-père était électricien. Je n'ai découvert qu'à 18 ans qu'il n'était pas mon vrai père.
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" Il faut monter 121 marches pour accéder à la maison où j'ai grandi. Chaque fois que j'allais à l'école ou chez des copains, je devais me farcir ces marches. J'ai promis à ma mère de la sortir un jour de cette colline. J'y suis parvenu : je lui ai acheté une maison à Trincity, un peu plus à l'est. Je conserve toutefois de bons souvenirs de ma jeunesse et de mon village natal. Carenage est un village de pêcheurs au nord-ouest de Trinité. J'étais le cadet de six enfants. Ma mère est restée à la maison pour s'occuper de nous. Mon beau-père était électricien. Je n'ai découvert qu'à 18 ans qu'il n'était pas mon vrai père. Tout petit déjà, j'étais fasciné par le ballon. Ma mère voulait que je consacre plus de temps à ma scolarité mais je me glissais régulièrement hors de la maison pour jouer au football. Parfois, elle me donnait une claque mais ça ne m'empêchait pas de recommencer. Une fois, ma mère a confisqué tous mes vêtements pour que je ne puisse pas sortir jouer. Mais je n'avais que six ans et sortir tout nu ne m'a pas dérangé. Je n'étais absolument pas gêné. J'avais beaucoup trop de tempérament. Ma mère m'a donc envoyé dans une équipe de jeunes de la Defence Force à Chaguaramas. Ce contexte militaire m'a inculqué la discipline. Là, il était interdit de laisser pendre son pantalon n'importe comment. Trinité et Tobago sont deux îles différentes, qui forment un pays. En avion, il ne faut qu'un quart d'heure pour aller d'une île à l'autre et en bateau, le trajet dure deux heures. On va à Tobago pour se relaxer. L'été passé, j'y suis allé pour pêcher, depuis les rochers. Il y a aussi de belles plages à Tobago. La plus connue s'appelle Store Bay. C'est un riff magnifique. On peut y admirer des coraux et des tortues depuis un bateau à fond de verre. Trinité est plutôt l'endroit de l'action. Il y a une excursion scolaire classique qui mène à Pitch Lake, notre mer d'asphalte. C'est un phénomène naturel exceptionnel : il n'y en a que quelques-uns dans le monde. Quand on retire l'asphalte de Pitch Lake, une nouvelle couche se forme d'elle-même. C'est très spécial. Dans la réserve naturelle de Trinité, on peut voir l'ibis rouge, un de nos oiseaux nationaux. Si vous aimez la bonne cuisine, vous devez aller à Las Cuevas Beach. Je vous conseille le Bake and Shark, une sorte de sandwich à la chair de requin. C'est délicieux ! Dwight Yorke est le footballeur de Trinité et Tobago qui a le mieux réussi. Il a d'abord joué pour Aston Villa puis pour Manchester United. Les gens de Trinité aiment profiter de la vie, se donner du bon temps. Dwight n'est pas différent. Ce n'est pas pour rien qu'on l'a surnommé Midnight Dwight, mais quand il sortait, il travaillait deux fois plus dur le lendemain. J'ai toujours admiré son sens du travail. Je trouve étrange qu'un tel joueur ne soit pas porté aux nues chez nous. Un footballeur ne passe pas son temps à distribuer des autographes, ici. C'est lié à la mentalité lay-back de la Trinité. Par contre, si un footballeur étranger célèbre débarquait, les gens se comporteraient en groupies. Quand les Belges mangent des frites, ils les agrémentent de mayonnaise. C'est tout à fait inhabituel pour nous. Nous les consommons normalement avec du ketchup et du poivre. Ceci dit, depuis que je vis en Belgique, je me surprends parfois à ajouter de la mayonnaise à mon cornet de frites ! " Il éclate de rire. KRISTOF DE RYCK