Dimanche prochain, le SK Beveren disputera, face au Club Brugeois, sa cinquième finale de Coupe de Belgique. Sa dernière apparition à ce niveau remonte à près de 20 ans. En 1985, le club waeslandien s'inclina aux tirs au but face au Cercle Bruges : 5-4, après que le match et ses prolongations se furent soldés sur la marque d'un but partout.
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Dimanche prochain, le SK Beveren disputera, face au Club Brugeois, sa cinquième finale de Coupe de Belgique. Sa dernière apparition à ce niveau remonte à près de 20 ans. En 1985, le club waeslandien s'inclina aux tirs au but face au Cercle Bruges : 5-4, après que le match et ses prolongations se furent soldés sur la marque d'un but partout. A l'époque, les Jaune et Bleu vivaient leur âge d'or, comme en attestent deux succès en championnat de Belgique (1979 et 84), ainsi que deux triomphes au Heysel (1978 et '83). Cette fois, en revanche, les footballeurs du Freethiel ne sont qu'au début d'une phase ascendante qui les a vus progresser de la 18e place, voici deux ans, au ventre mou de l'élite, cette saison. En attendant mieux ? Jean-Marc Guillou : Au tout début de mon implication, en 2001-02, Beveren avait terminé 18e et n'avait dû son salut qu'aux problèmes extra sportifs de l'Eendracht Alost et du RWDM. Une année plus tard, le club avait terminé 11e dans la hiérarchie et, ce coup-ci, nous ne faisons pas mieux mais gagnons l'assurance d'une participation à la Coupe de l'UEFA grâce à la finale de la Coupe contre un Bruges, déjà qualifié en Ligue des Champions. Je ne vais pas bouder mon plaisir. Mais il n'y a pas lieu non plus de pavoiser, car l'équipe aurait pu terminer plus haut si elle s'était appliquée jusqu'au bout. Malheureusement, la perspective d'une apothéose au stade Roi Baudouin est allée de pair avec une complète déliquescence en championnat. J'espère que nous aurons recouvré tous nos esprits et moyens à l'heure de défier les Flandriens, le week-end prochain, car en l'espace d'un match, tout est possible. Il va de soi que les départs de Gilles Yapi Yapo au FC Nantes ainsi que de Yaya Touré et Arsène Né au Metalurg Donetsk, ont privé l'effectif d'une bonne part de sa substance. Je remarquerai toutefois que sans le concours de ces trois éléments, dont les mutations se justifiaient à la fois pour des raisons footballistiques û un tremplin sportif pour eux û et économiques û une manne financière intéressante pour Beveren û, l'équipe a continué à tenir la dragée haute aux meilleurs... jusqu'à ce qu'elle perde le fil de ses idées suite à sa qualification au détriment d'Anderlecht. Je regrette surtout ce contraste trop marqué. Beveren, c'était... noir ou blanc, cette saison, mais rarement gris. Avec nous, c'était soit la victoire, soit la défaite, mais quasi jamais le nul. Corollairement, nous livrions tantôt une prestation à s'en lécher les babines, tantôt un spectacle mitigé mais jamais une performance dans la bonne moyenne. Le plus agaçant, c'était encore ces absences d'uniformité au cours d'une seule et même rencontre. On commençait bien, puis tout s'effilochait sans pouvoir y trouver la parade. Gérer un match n'a sûrement pas été notre point fort. En tant qu'apôtre du beau jeu, ce chiffre-là m'afflige même si j'estime que mes joueurs ont droit à des circonstances atténuantes. Le plus souvent, ils ont vu rouge suite à une agression physique ou verbale d'un adversaire. Rarement ont-ils mis le feu aux poudres. Loin de moi l'idée de les disculper car il faut rester maître de ses nerfs en toutes circonstances. Mais je puis comprendre que certains, poussés à bout, disjonctent parfois. A Beveren, j'essaie de mettre tout en £uvre pour responsabiliser tant et plus les joueurs. N'Dri Koffi Romaric, plus soupe au lait qu'un autre, a d'ailleurs été promu capitaine, à un moment donné, C'était une bonne manière de le conscientiser. Il n'en reste pas moins que les plus hautes instances du football pourraient intervenir également, afin d'éviter ces dérapages malheureux. Dans bon nombre de sports, je remarque en tout cas que les changements sont illimités en cours de partie. C'est une excellente initiative car elle permet à la fois aux uns de souffler et aux autres de retrouver leurs esprits. Il n'y a, malheureusement, que dans le monde du ballon rond qu'on se complaît, depuis la nuit des temps, dans un immobilisme abscons. Tout d'abord, il n'est pas interdit de penser que l'accord sera prorogé, pour une nouvelle période de plusieurs années, en 2006. Jusqu'à présent, je n'ai qu'à me féliciter, en tout cas, de la tournure des événements, puisque chacun y trouve son compte : les joueurs, le club, et moi-même car je dois quand même continuer à financer les académies que j'ai mises tour à tour sur pied en Côte d'Ivoire d'abord, puis à Madagascar. D'autre part, je crois avoir prouvé aussi que ce modèle était parfaitement transposable en Belgique puisque, grâce à un bon screening au départ, ainsi qu'à un suivi bien pensé, la première promotion d'élèves formés à Abidjan tient parfaitement la route dans le championnat de Belgique. Et elle aurait même pu être plus forte si des garçons comme Aruna Dindane, Didier Zokora ou Kolo Touré n'avaient pas quitté la structure entre-temps. Mon plus grand plaisir, je ne l'éprouve pas dans la fonction que j'exerce actuellement au Freethiel. Non, mon véritable bonheur, c'est l'érection de ces centres où, par l'intermédiaire de formateurs qui adhèrent complètement à mes principes, j'ai la possibilité d'inculquer à des jeunes éléments ma philosophie. Pour moi, c'est même jouissif. Je le ferais d'ailleurs volontiers en Belgique si la situation s'y prêtait. Hélas, il n'y a, dans ce pays, rien ne protège l'écolage du blé en herbe. Ici, la formation ne profite pas aux clubs souches, mais à ceux qui se servent sans vergogne dans l'assiette du voisin. Sur ce plan-là, la Belgique est en retard de deux guerres. Tant qu'il n'y aura pas de virement de bord en la matière, personne ne voudra investir dans les jeunes comme je l'ai fait. Car c'est la plupart du temps un investissement à fonds perdus, étant donné qu'il profite le plus souvent aux autres. Au lieu de se focaliser sur les notions d'interdiction ou de limitation, qui peuvent de toute façon être battues en brèche par un émule de Maître Misson, il me paraît plus indiqué de favoriser l'épanouissement de ses propres joueurs. Comme Anderlecht s'y est pris, à ses risques et périls puisque, par manque de protection, il a quand même perdu en cours de route certains jeunes joueurs qui font à présent le bonheur de Manchester United ou du PSV. Depuis mon arrivée en Belgique, il y a trois ans, j'ai demandé dix fois au président de la Ligue Professionnelle, Jean-Marie Philips, de débattre du problème de la protection des jeunes joueurs. Mais il n'est pas parvenu, à sensibiliser les autres dirigeants. J'en conclus donc que ceux-ci, malgré les doléances qu'ils expriment parfois dans la presse, ne veulent pas changer le cours des événements. Ils préfèrent un produit fini plutôt qu'un autre qu'ils élaborent eux-mêmes. Dans le premier cas de figure, ils prennent toutefois un risque car un transfert n'est pas toujours garant d'une réussite totale. En revanche, si une cohérence a été respectée dans le travail avec les jeunes, ces mêmes responsables en recueilleront les fruits au plus haut niveau également. La preuve par Anderlecht. Les apports peuvent venir d'horizons différents, à condition qu'ils se fondent harmonieusement dans la collectivité. Un garçon comme Igors Stepanovs en est un parfait exemple : il a parfaitement assimilé les contours de notre jeu et s'est révélé un atout précieux dans l'épanouissement des jeunes joueurs qu'il a eus à ses côtés. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne. Certains ne s'habituent pas à un style rôdé depuis des années. Tant pis. C'est peut-être cru à dire, mais ce qui m'intéresse au premier degré, c'est la réussite de mon projet. Tant mieux si Beveren en profite dans l'immédiat, mais je ne me sens pas concerné par ce club dans 20 ans. Dès lors, ou bien l'on est réceptif au système ou on ne l'est pas. Dans ce dernier cas, il vaut mieux aller voir ailleurs et faire converger ici d'autres éléments rompus depuis toujours à ma conception du football. Actuellement, il en va là de joueurs d'origine ivoirienne, pour les motifs que l'on sait entre-temps. Mais dans quelques années, en principe, il y aura des Malgaches voire des Nigériens si un projet que j'ai en tête aboutit dans ce pays-là aussi. A un moment donné, j'espère mettre sur pied un système de vases communicants afin que quel que soit le pays dont ces garçons sont originaires, tous portent le label Académie JMG. Morphologiquement, vu leur petit gabarit et leur poids plume, la plupart de ces garçons n'épousent pas le profil requis pour un footballeur, contrairement aux pays de l'Afrique de l'Ouest où l'on trouve un mélange intéressant de types physiques. La preuve par le grand Yaya Touré, le costaud N'Dri Koffi Romaric et le petit Josselynn Joss Péhé. Mais le football ne s'embarrasse pas de telles considérations. Récemment, une sélection mixte d'académiciens ivoiriens et malgaches a participé au tournoi de Rezé, près de Nantes, et a disputé la finale chez les moins de 19 ans, face à Amiens. Anderlecht a terminé septième. C'est quand même significatif, non ?Bruno Govers" Le foot belge NE PROTÈGE PAS SES JEUNES " " Ce qui m'intéresse, c'est la réussite de mon projet et pas BEVEREN DANS 20 ANS "