En quittant le parking de presse du Stade Roi Baudouin, dimanche soir, bien après le coup de sifflet final, on pouvait apercevoir un car du Club Bruges sur lequel on pouvait lire No Sweat, no Glory. De la sueur, Michel Preud'homme n'en a guère vu sur le front de ses joueurs. La gloire n'était donc pas au bout des 90 minutes.
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En quittant le parking de presse du Stade Roi Baudouin, dimanche soir, bien après le coup de sifflet final, on pouvait apercevoir un car du Club Bruges sur lequel on pouvait lire No Sweat, no Glory. De la sueur, Michel Preud'homme n'en a guère vu sur le front de ses joueurs. La gloire n'était donc pas au bout des 90 minutes. " Nous avons très mal entamé la partie et c'est très étonnant dans une finale ", disait le coach, étonnamment serein dans la défaite (1-2). " Nous ne pressions pas, nous étions en retard sur les deuxièmes ballons, il n'y avait pas de mouvement et nous ne parvenions pas à conserver le ballon devant. " En tout, le Club a fait le jeu pendant dix minutes, après l'égalisation de Lior Refaelov. Cela aurait dû changer après la pause mais l'exclusion d'Abdoulay Diaby a obligé Bruges à reculer. Seule l'organisation brugeoise était bonne. Jusqu'à ce que Matthieu Dossevi dépose le ballon sur le crâne d'Ivan Santini et que Ludovic Butelle manque sa sortie. Game over. Hormis Stefano Denswil, blessé et remplacé dans l'axe par Benoît Poulain, Preud'homme avait opté pour l'équipe qui avait éliminé Gand. Mais c'était le 3 février. Depuis, Ruud Vormer (abdominaux), Diaby (déchirure musculaire) et Lior Refaelov (abdominaux) s'étaient blessés. Dimanche, Bruges était au grand complet, mais sur papier seulement. Diaby était prisonnier du duo Alexander Scholz/Milos Kosanovic, Refaelov n'accélérait que trop rarement pour poser des problèmes à Darwin Andrade et Collins Fai ne devait pas forcer son talent pour contenir un José Izquierdo invisible. " Il faudra aborder les play-offs différemment ", dit Preud'homme. Car dès le 2 avril, contre Ostende, c'est sans doute la même équipe qui aura pour mission de ramener un 14e titre à Bruges. Il y a un an, juste avant de battre Anderlecht en finale de la Coupe, les joueurs de Bruges avaient sorti Besiktas de l'Europa League (1-3). A l'époque, on prétendait qu'ils étaient fatigués au moment d'entamer les play-offs. Ils avaient terminé le championnat avec quatre points d'avance sur Anderlecht et Gand mais cette avance, ramenée à deux unités, s'était avérée insuffisante. Après une défaite européenne à Dniepropetrovsk, Bruges avait perdu au Standard, à Anderlecht et contre Gand. Bilan : 16/30 et un titre qui filait dans l'escarcelle des Buffalos. Cette fois, le Club est à nouveau en tête au moment d'aborder les play-offs. Il compte deux points d'avance sur Gand et quatre sur Anderlecht. Lors de la phase classique, il a engrangé 3 unités de plus que l'an dernier, a marqué presque autant (64 buts au lieu de 69) et n'a encaissé que deux buts de plus. Après la trêve, le Club a présenté un visage plus stable. Après le départ de Victor Vazquez, qui a tout de même rapporté deux millions au Club, Michel Preud'homme n'a pratiquement plus touché à son équipe, permettant ainsi l'éclosion de Hans Vanaken. Personne n'avait compris pourquoi ce joueur acheté pour quatre millions avait passé autant de temps sur le banc au profit d'un joueur souvent blessé et qui, avant même le début du championnat, avait dit qu'il voulait partir et était même prêt à jouer au Qatar, ce qui en disait long sur son degré de motivation. Vanaken, lui, avait mordu sur sa chique, se contentant de faire son boulot. Sans plus. Ce n'est qu'après le départ de l'Espagnol qu'il s'est réellement exprimé. Le puzzle était complet : Vanaken, en dix, derrière un attaquant de pointe. Et les statistiques s'en sont ressenties. Avant le match à Courtrai, Bruges n'avait pris que 37 points sur 60 (61 %). Après Courtrai, il a gagné neuf matches et n'a perdu qu'à Genk (27/30, soit 90 %). Au cours de cette période, alors que Refaelov et Vormer n'étaient pas là, Vanaken a délivré deux assists et inscrit cinq buts. Avant la trêve, il n'avait marqué que 3 fois (et un assist) en 20 matches, dont 14 comme titulaire. Si on ajoute les deux buts inscrits en coupe au Patro Eisden Maasmechelen, ça lui fait 8 buts et 7 assists en 41 matches, soit mieux que la saison dernière avec Lokeren (7 goals et 6 assists), play-offs II non compris, et un peu moins bien que pour sa première saison en Jupiler Pro League (9 buts, 10 assists). Dimanche, pourtant, Vanaken a sombré avec l'équipe. Celle-ci a abusé de ballons aériens tandis que lui était étouffé par le pressing du Standard. Yannick Ferrera l'a dit : " La consigne était de presser haut, de ne pas les laisser tranquilles. " Ce n'est pas un secret : en Belgique, cela suffit souvent pour gagner des matches. Le Standard l'avait fait à Lokeren mais n'a pas été capable de le reproduire tout au long de la saison. Et Bruges l'avait fait face à Gand mais, cette fois, il a manqué de fraîcheur. No Sweat, no Glory... PAR CHRIS TETAERT - PHOTOS BELGAIMAGE