Contre Wevelgem, après deux minutes de jeu, Pieter Loridon frappe Wim Van de Keere au visage. Il présentera ensuite ses excuses... C'est que celui qui organise des manifestations au profit des enfants malades, est coutumier de gestes déplacés. Aussi à l'égard du public, des entraîneurs, de ses dirigeants et de ses collègues. Au début de cette saison, pourtant, il avait déclaré : " Le nouveau Loridon est arrivé ! "
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Contre Wevelgem, après deux minutes de jeu, Pieter Loridon frappe Wim Van de Keere au visage. Il présentera ensuite ses excuses... C'est que celui qui organise des manifestations au profit des enfants malades, est coutumier de gestes déplacés. Aussi à l'égard du public, des entraîneurs, de ses dirigeants et de ses collègues. Au début de cette saison, pourtant, il avait déclaré : " Le nouveau Loridon est arrivé ! " Pieter Loridon : Chaque saison, je change. Jamais avant je ne m'étais autant occupé de la défense... On parle beaucoup de moi. Beaucoup associent ça à un manque de professionnalisme. Pourtant, peu de joueurs sont aussi sérieux que moi. Un exemple ? A 16 ans, j'ai été le premier à être renvoyé de la sélection anversoise, sur 128 candidats : ma détente ne dépassait pas cinq centimètres. Pourtant, aucun de ces joueurs n'a été aussi loin que moi. Vinnie Arrendelle évolue en D2, c'est tout. J'ai travaillé dur. Mes amies n'appréciaient pas de me voir tant courir et faire de la musculation en vacances mais c'est ça, le professionnalisme. Bonne question. Ma motivation est le fruit de complexes et de frustrations. (Il soulève son T-shirt et arbore un ventre musclé). Regardez : avant, ce n'était que cellulite, maintenant, c'est un beau six-pack. Bill Varner, mon idole, m'a appris qu'il fallait travailler après l'entraînement. Ensuite, il a dit : - I created a monster ! J'ai suivi ses conseils en passant cinq jours par semaine au fitness. J'ai un vélo d'appartement et des élastiques. Si je mange des frites, une demi-heure après, je suis sur mon vélo, de peur de grossir. Je m'entraîne plus en-dehors de la saison que pendant : course, vélo, j'ai besoin de transpirer. Je voulais arrêter cette année car depuis trois ans, le RB Anvers m'ennuie mais Ronny Bayer m'a convaincu de continuer et j'ai retrouvé mon plaisir de jouer. On le remarque : je m'intéresse de nouveau au public, mes émotions ressortent. Je suis vraiment émotionnel. Une fois, à Ostende. J'avais marqué cinq trois points sur sept quand je me suis blessé au pied. Je me tordais de douleur à terre. Les gens se sont moqués et m'ont traité de crapule ! En me traînant hors du terrain, j'ai fait un doigt d'honneur à ces gens. Oui, c'est même une motivation supplémentaire. Parfois, j'en ai besoin . Oui. Wesley Sonck était un supporter. Il assistait souvent aux matches à Alost. Je suis un des joueurs les plus médiatiques. Je n'ai jamais recherché cette attention, pourtant, c'est la presse qui vient. Mais je n'accepte pas toutes les invitations, le sport reste au centre de mes préoccupations. Grâce à ça, nous avons été payés, après trois mois d'attente à Okapi Alost, par exemple, et on a introduit le système des licences en basketball. Je n'en ai pas tout le mérite mais le fait d'en parler a quand même fait changer les choses. De fait, les deux dernières années n'ont pas été folichonnes. J'aurais dû parler plus mais je suis payé pour être positif à l'égard du club. Je préfère tenter de résoudre les problèmes en interne. Je n'en parle publiquement que si aucune solution ne se dégage. Je ne veux pas devenir comme Gunther Schepens, qui espère que son entraîneur va partir. Une fois, le RBA devait jouer à Liège un dimanche. Un ami, patron d'une discothèque, m'a dit que deux joueurs étrangers avaient fait la java jusqu'à six heures du matin. Ce n'est pas permis. Si j'en parle à l'entraîneur et qu'il ne réagit pas, j'interviens. Je ne veux pas montrer Tony Van den Bosch du doigt. La discipline doit venir des joueurs ! Que penser quand, pendant l'échauffement, certains ne parlent que de dancings ? Dois-je me battre avec eux ? En tant que capitaine, je dois être un exemple. Sur l'ensemble de ma carrière, je suis peut-être arrivé une fois en retard à l'entraînement. Je n'ai pas leur côté glamour. Ceci dit, il y a trop de souris grises ! Frank Vandenbroucke ne devrait cependant pas oublier qu'il doit prester de temps en temps. Si je dois choisir entre Gert Verheyen et Wesley Sonck, je n'hésite pas, avec tout mon respect pour Verheyen. (Il rit) J'ai un dieu : mon fils, Lex. Sa mère et moi sommes séparés mais nous restons en bons termes. Mon fils reçoit une bonne éducation, nous avons conclu un arrangement dans son intérêt. Mes parents étaient divorcés. Je sais donc à quel point il est important d'avoir un foyer. Lex peut décider quand il veut voir son père ou sa mère. Il a trois ans et huit mois. Je l'emmène souvent à l'entraînement. Pendant les matches, il joue avec ses autos mais quand il entend que j'ai marqué, il lève les bras. Il comprend ce que je fais mais l'essentiel est qu'il sache que je serai toujours là pour lui. Mon père, John, a été un grand joueur mais je n'ai jamais compris ce qu'il représentait. Et pas question de dire un mot de travers sur mon fils. J'ai fait tatouer son nom sur ma jambe. Aux Pays-Bas, on a chanté des saloperies à ce sujet. Ça m'a rendu fou. J'ai plongé dans le public et attrapé le fautif. Ça n'a pas duré mais ce fut intense. Un instant. Si on dit que je suis un showman, d'accord. Qu'on me décrive comme un homme arrogant, encore d'accord. Mais je ne suis pas un dragueur. De 21 à 23 ans, quand je vivais seul, j'ai eu une vie mouvementée. Au fil des années, on préfère la qualité. Evidemment ! Il faut se faire à l'idée qu'on ne peut plaire à tout le monde. Je n'ai pas un mauvais fond. J'aime aider les gens mais ce n'est pas toujours possible. L'année dernière, j'ai organisé un match au profit de patients atteints du cancer. C'est peut-être mon plus beau succès. Et j'ai visité des dizaines d'écoles dans le cadre d'une campagne contre le tabagisme. J'en suis fier. Alors, de temps en temps, je peux bien me laisser aller sur le terrain, non ? Matthias Stockmans