1 Vous êtes passé tout près d'un transfert au Standard cet été, ce qui aurait constitué une évolution sportive et financière. Vous pouviez signer pour trois saisons mais finalement, vous êtes toujours à Zulte. Pourquoi ?

Tony Sergeant : Dans un premier temps, il y avait un accord entre les deux clubs concernant la somme de transfert. J'étais personnellement d'accord avec les Liégeois pour un contrat de trois ans. Soudainement, le Standard n'a plus voulu payer le montant exigé par Zulte Waregem, où je suis encore sous contrat pour deux ans. C'est dommage que les deux parties ne soient pas tombées d'accord car j'ai un peu été le dupe dans l'histoire (il soupire). L'envie de travailler ensemble doit être réciproque. S'ils m'avaient vraiment voulu, les Rouches auraient délié les cordons de la bourse. Il s'agit d'une opportunité perdue à 29 ans. On parle d'une différence énorme à tous niveaux entre les deux clubs. J'aurais voulu tester mes limites et voir si j'avais le niveau d'un cercle plus huppé. Heureusement, j'ai pu faire abstraction de tout cela très rapidement, même si tout le mois de juillet on me posait des questions sur mon...

Tony Sergeant : Dans un premier temps, il y avait un accord entre les deux clubs concernant la somme de transfert. J'étais personnellement d'accord avec les Liégeois pour un contrat de trois ans. Soudainement, le Standard n'a plus voulu payer le montant exigé par Zulte Waregem, où je suis encore sous contrat pour deux ans. C'est dommage que les deux parties ne soient pas tombées d'accord car j'ai un peu été le dupe dans l'histoire (il soupire). L'envie de travailler ensemble doit être réciproque. S'ils m'avaient vraiment voulu, les Rouches auraient délié les cordons de la bourse. Il s'agit d'une opportunité perdue à 29 ans. On parle d'une différence énorme à tous niveaux entre les deux clubs. J'aurais voulu tester mes limites et voir si j'avais le niveau d'un cercle plus huppé. Heureusement, j'ai pu faire abstraction de tout cela très rapidement, même si tout le mois de juillet on me posait des questions sur mon avenir. Ce fut loin d'être évident pour entamer la préparation, ennuyeux même à certains moments. De nombreuses personnes évoquent une crise et se plaignent. Mais les gens, ici, sont assez réalistes pour savoir qu'on parle d'un phénomène temporaire. Procéder par longs ballons n'est pas la bonne approche. Nous ne pouvons pas nous le permettre, c'est un signe d'impatience et d'incertitude chez certains joueurs. Prenez cela comme une solution d'urgence parce nous n'avons pas encore retrouvé notre football tout en combinaisons. Nous péchons par précipitation. Pas de panique. L'avantage est que nous connaissons l'origine de nos moins bons matches et que nous en tirions les leçons. Encore une fois, balancer de longues balles devant n'est pas notre truc. La confiance de certains joueurs et de l'ensemble de la formation doit remonter. Evoluer en 4-5-1 devient plus difficile puisque Cédric Roussel est blessé. En attaque, nous sommes justes puisque seuls Tim Matthijs et Aliyu Datti peuvent être alignés pour l'instant. Cela exige une autre approche tactique de la part de toute l'équipe. Peut-être bien. Il est ici question de ne pas boycotter l'entrejeu, ce que nous avons trop fait depuis le début de la saison. Matthieu apporte davantage de sérénité balle au pied. Il peut orienter le jeu, conserver la balle dans l'équipe et chercher les espaces dont l'équipe a besoin. On ne peut les comparer. La grande différence est que l'intégration de Salou fut plus rapide. La force de Cédric réside dans sa présence dans les 16 mètres. Les ballons qu'il y recevra, il les mettra plus facilement au fond, du pied ou de la tête, que Salou. Il est beaucoup plus opportuniste et tourné vers le but adverse. Mais il faut soigner son approvisionnement en bons ballons... Pour moi aussi il est important de pouvoir apporter le surnombre. Si tout va trop vite, on n'impose pas son jeu préféré. La grande force de Salou, par contre, était son état d'esprit au service du collectif... (Il rit). Oui, je n'ai pas encore beaucoup été dans les 16 mètres adverses. J'ai ma part d'erreurs, comme les autres. Sauf contre Anderlecht, pendant la mi-temps de Supercoupe, contre une équipe qui jouait davantage au football, là cela m'a plutôt réussi. Chris peut mieux faire, en effet. Mais cela ne veut pas dire pour autant que nous ne nous entendons pas. Nous recherchons la meilleure complémentarité. De nature, nous aimons tous les deux apporter de la profondeur. Absolument. C'est un problème collectif, au risque de me répéter. Nous devons à présent éviter de pointer du doigt tel ou tel élément. Pour moi, c'est la preuve que Zulte Waregem devra toujours présenter un bloc solide pour réussir. Le club a pour objectif de tout professionnaliser. Je remarque tout de même que l'esprit de camaraderie et le calme sont conservés. On ne paniquera ou ne planera pas trop vite ici. L'approche demeure positive et sereine, c'est le principal. L'entraîneur dispose d'au moins 18 joueurs pouvant être alignés à tout moment. La probabilité d'avoir des joueurs insatisfaits est donc plus grande. Après avoir remporté la Coupe de Belgique et décroché un ticket européen, on ne peut réalistement espérer mieux. L'Europe, c'est déjà un beau bonus, sans plus. Maintenant, nous encaissons les premières secousses dont nous devons nous sortir. Zulte Waregem n'est pas un club du top, ne l'oublions pas. Il ne faut pas rêver, nous avons l'ambition de devenir un bon club du milieu de classement. Terminer chaque année entre la 8e et la 12e place me semble un objectif raisonnable. Terminer 10e une année ne sera pas honteux, aussi longtemps que le public s'amuse et que nous développons un football de qualité. l FRéDéRIC VANHEULE