16/04/2015 10 : 00

Le réveil sonne. Je m'éveille. Seul ! Depuis plusieurs années, nous avons chacun notre chambre mais au début, nous étions à deux par chambre. Je vais déjeuner. Ce n'est pas obligatoire et on peut le faire entre huit heures et dix heures... passées. Je ne déjeune pas systématiquement. Je ne vois pas d'autres joueurs et je retourne dans ma chambre. Nous sommes arrivés à Séville la veille au soir. Je n'ai jamais vu cette ville et il n'y a pas de visite prévue.
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Le réveil sonne. Je m'éveille. Seul ! Depuis plusieurs années, nous avons chacun notre chambre mais au début, nous étions à deux par chambre. Je vais déjeuner. Ce n'est pas obligatoire et on peut le faire entre huit heures et dix heures... passées. Je ne déjeune pas systématiquement. Je ne vois pas d'autres joueurs et je retourne dans ma chambre. Nous sommes arrivés à Séville la veille au soir. Je n'ai jamais vu cette ville et il n'y a pas de visite prévue. La promenade traditionnelle. Elle dure une vingtaine de minutes et elle est suivie par une séance de stretching à l'hôtel puis par la présentation de notre adversaire. Elle ne prend que vingt minutes et est agrémentée d'images. Nous posons rarement des questions. Nous avons déjà reçu des analyses vidéo de nos adversaires. Les défenseurs reçoivent les images des attaquants et les avants celles des défenseurs qui vont les couvrir. En Coupe d'Europe, c'est intéressant mais en Russie, je connais tous mes adversaires et je n'en ai plus besoin. De toute façon, le club adverse peut jouer très différemment, à cause des circonstances ou tout simplement sur une décision tactique, et alors ça ne sert pas à grand-chose. Nous mangeons ensemble. C'est un buffet. Nous avons emmené notre cuisinier et le médecin détermine ce que nous mangeons. Par exemple des pâtes et pas de dessert. Pas d'alcool le jour du match ni même de sodas. Ensuite, nous allons nous reposer. Je ne parviens pas à dormir. Donc, j'allume la télévision et je surfe sur internet. Je ne souffre pas du stress. Nous mangeons des pâtes trois heures avant le match puis nous retournons dans notre chambre nous doucher. J'ai le temps de préparer mon sac. Il y a encore une brève discussion tactique à propos des phases arrêtées. Départ pour le stade, sous escorte policière. Le stade n'est qu'à un quart d'heure et la circulation est fluide. Je vais reconnaître le terrain. L'adversaire n'est pas encore sorti du vestiaire. Nous rentrons et nous nous préparons pour l'échauffement. Quelqu'un met de la musique. En général, c'est Hulk qui fait office de DJ mais aujourd'hui, un autre s'en charge. Je sais que je suis titularisé : nous l'apprenons au plus tard lors de la première théorie. Le stade est quasiment comble et l'ambiance bonne, avant le coup d'envoi. Je n'ai pas la chair de poule. Ça m'arrive de moins en moins. Avec l'âge, je trouve tout ça normal. Même au Mondial, je n'ai pas été impressionné par l'ambiance. C'est agréable mais ce que je veux dire, c'est que ça ne me rend plus nerveux. Ceci dit, l'atmosphère est devenue impressionnante à Séville dès que les Espagnols ont ouvert la marque. Quand je rejoins la mixed zone, personne ne m'aborde et je ne recherche pas de contacts non plus. Après un match, ce sont toujours les mêmes questions. Notez que si quelqu'un m'aborde, je réponds toujours. Dès que tout le monde est prêt, nous rejoignons l'aéroport. Check-in à minuit trente. Nous avons encore un peu de temps pour le duty free. Notre charter s'envole à une heure et demie. Nous avons cinq heures de vol, ce qui est beaucoup, même selon les normes russes. Cette saison, notre plus long déplacement nous a imposé un vol de trois heures : les clubs plus lointains évoluent en D2, cette saison. Arrivée à Saint-Pétersbourg. Nous pouvons rentrer chez nous juste avant les bouchons du matin. Je suis chez moi à huit heures quinze, ce qui est exceptionnellement rapide. Je vais me coucher car je n'ai pas réussi à trouver le sommeil dans l'avion. Après une sieste de trois heures, footing, sauna et piscine. Si je fais le bilan, je me dis qu'avant le match, j'aurais signé des deux mains pour ce résultat : nous avons perdu 2-1, ce qui est rattrapable. Mais nous avons préservé nos filets pendant 70 minutes et nous avons bien contrôlé le match. Séville était meilleur mais tout reste possible car nous retrouvons quatre titulaires pour le match retour. Et après tout, Séville est quand même tenant du titre en Europa League. PAR GEERT FOUTRÉ