" Pour moi, c'est un homme gentil, discret, très intelligent, un peu mystérieux mais surtout très riche ", avance une des connaissances carolos de Nicolas Dervisaj. Il a les reins solides comme le prouve l'immense propriété qu'il possède dans un des coins les plus huppés du Brabant Wallon. Même un abri de jardin y vaut des fortunes. Dervisaj a certainement investi un argent fou afin de retaper ce domaine digne de Hollywood. Là-bas, on dit que sa famille aurait acheté deux autres demeures dans le même domaine. Dervisaj a d'autres voitures de luxe que sa fameuse Rolls Royce. Un soir d'août 2001, il gara une de ses belles limousines près du Café Leffe, Boulevard Tirou, dans le centre de Charleroi. Dervisaj connaît le Pays Noir. Il y a passé sa jeunesse et, selon ses dires, sa passion pour le football le poussa jusqu'en équipe réserve des Zèbres.
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" Pour moi, c'est un homme gentil, discret, très intelligent, un peu mystérieux mais surtout très riche ", avance une des connaissances carolos de Nicolas Dervisaj. Il a les reins solides comme le prouve l'immense propriété qu'il possède dans un des coins les plus huppés du Brabant Wallon. Même un abri de jardin y vaut des fortunes. Dervisaj a certainement investi un argent fou afin de retaper ce domaine digne de Hollywood. Là-bas, on dit que sa famille aurait acheté deux autres demeures dans le même domaine. Dervisaj a d'autres voitures de luxe que sa fameuse Rolls Royce. Un soir d'août 2001, il gara une de ses belles limousines près du Café Leffe, Boulevard Tirou, dans le centre de Charleroi. Dervisaj connaît le Pays Noir. Il y a passé sa jeunesse et, selon ses dires, sa passion pour le football le poussa jusqu'en équipe réserve des Zèbres. " Mais je ne veux pas qu'on parle de moi ", dit-il. " A cette époque, l'équipe Première était entraînée par Jean Piccinin. J'ai joué dans d'autres clubs pour le plaisir mais, accordez-moi une faveur, ne parlez plus de moi ". Trop tard, car quand on côtoie François Sterchele, on est forcément à la une de l'actualité. C'était déjà le cas lors d'une fameuse soirée d'août 2001. Le Sporting de Charleroi s'était mesuré au RWDM à Bruxelles. Après le match, Enzo Scifo, Dervisaj, Dante Brogno (avec son fils), buvaient le verre de l'amitié au Café Leffe. Où on ne voyait jamais Dervisaj. La cité des Zèbres était alors terrorisée par divers gangs spécialisés en carjacking, hold-up et autres homejackings. Ces bandits utilisaient la méthode forte pour réaliser leurs coups. A une heure avancée de la soirée, ils firent justement irruption dans la taverne où se trouvaient Dervisaj et ses amis. Les bandits étaient masqués et armés jusqu'aux dents : " A qui est la voiture ? Vite les clefs ". Scifo leur remit son trousseau. Les malfrats revinrent sur leurs pas. Ils voulaient l'autre voiture, la plus belle, celle de Dervisaj. Ce dernier fut pris en otage, le temps de mettre le moteur en route. Dervisaj en fut quitte pour la peur. Cet homme très solide avait mesuré le danger. Une question de coup d'£il probablement. N'avait-il pas été portier d'une boîte de nuit du haut de la ville, à Bruxelles, afin de mettre du beurre dans ses épinards pendant ses études ? Un job où on apprend vite à faire le tri entre le bon grain et l'ivraie. A propos d'études, Dervisaj affirme avoir " un diplôme universitaire en économie à Belgrade à l'époque du régime titiste ". Puis, toujours selon ses dires, il ajouta un MBA obtenu dans une université de Boston. Cela aurait constitué le début de ses aventures dans le business de l'électronique, notamment en Chine. " Là, j'ai tout revendu ", dit-il. " En Angleterre, je reste actionnaire principal de mes sociétés ". Il a très vite roulé sur l'or et un magazine économique américain lui aurait consacré une couverture Too quick, too young, too rich, soit trop vite, trop jeune, trop riche. Mais le football reste une des grandes passions de ce fils d'un papa albanais et d'une maman croate. Il aime s'entourer de vedettes et ce sera le cas au Standard où, à partir de 1998, il sympathise avec l'Albanais Adrian Aliaj et le Croate Vedran Runje. Dervisaj se lie d'amitié avec Jurica Selak (ex-joueur de Verviers, Hannut, La Calamine, etc.) qui veut se lancer dans le management sportif. D'origine croate, le Belge Selak est né à Munich mais son grand-père travaillait déjà dans les charbonnages liégeois en 1929. Dervisaj lui avance l'argent nécessaire afin de verser la garantie bancaire exigée par la FIFA pour obtenir le titre d'agent de joueurs. Dervisaj aime bien discuter avec des gens importants, a l'habitude de négocier de gros contrats et de trancher dans des situations stressantes. C'est un financier. Il conseille Selak (qui a l'£il et connaît très bien le football) et devient agent sans l'être car c'est Selak qui a la licence. Même s'il s'en défend probablement, c'est un beau business. L'argent attire l'argent. Selak remue ciel et terre, est dans le coup quand un de ses joueurs, Runje, traite avec Marseille en 2001. Dervisaj se déplace au stade Vélodrome et les discussions avec Pierre Dubiton, l'ancien directeur financier de l'OM s'enveniment. Exaspéré par le forcing de Dervisaj en faveur de Runje, Dubiton se lève et lui balance un coup de tête. Pas n'importe qui ce Dubiton qui a aussi fracassé le nez de l'ex-président Etienne Ceccaldi et dit un jour devant les tribunaux : "Probablement que je suis fou. A 17 ans, j'étais sous les bombes en Algérie. Il doit en rester quelque chose ". Très solide quadragénaire , Dervisaj avait largement les moyens physiques nécessaires afin de contrer Dubiton mais l'affaire en restera là. Drôle de milieu, n'est-ce pas ? Dans l'affaire Sterchele, il y a gros à parier que Dervisaj rêvait de voir le joueur au Standard. Les Liégeois savaient que le Germinal Beerschot avait besoin d'urgence de 1,5 million d'euros. Ils auraient demandé à Selak et Dervisaj d'être patients. Le Standard était la priorité de Sterchele qui avait peur de Frankie Vercauteren. " Il craignait de vivre le même chemin de croix que Mbo Mpenza ", dit un de ses proches. " C'est lui qui a fait une croix sur Anderlecht (en demandant deux jours de réflexion) et le Club Bruges a pris tout le monde de vitesse. Bruges a rapidement trouvé un accord avec le Germinal Beerschot et le joueur est enchanté à l'idée de retrouver Jacky Mathijssen. François ne pouvait plus attendre, alors que le Standard misait toujours sur la patience ". En signant à Bruges, Sterchele reste sous le contrôle de Selak et de Dervisaj. PIERRE BILIC