L'équipe nationale vient de remporter ses matches de qualification contre l'Albanie et la Grèce. Elle est en tête de son groupe avec le maximum des points. Pourtant, ce n'est pas l'euphorie.
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L'équipe nationale vient de remporter ses matches de qualification contre l'Albanie et la Grèce. Elle est en tête de son groupe avec le maximum des points. Pourtant, ce n'est pas l'euphorie.Nico Van Kerckhoven : On a placé la barre très haut, après un EURO décevant. L'Allemagne ne peut pas se permettre de rater un grand tournoi mais les observateurs commencent à remettre Rudi Völler en question. La pression est terrible. Elle n'épargne personne. Oliver Bierhoff a dû céder son brassard à Oliver Kahn. Contre l'Albanie, l'attaquant de Milan a été décevant et il a fait banquette contre la Grèce. Un joueur de son niveau l'accepte difficilement et il a critiqué les méthodes de travail de Völler. Michael Skibbe, l'adjoint de Völler, est devenu directeur technique. Est-il le futur sauveur du football allemand?Je ne sais pas. Il a été très utile à Dortmund, alors qu'il était le plus jeune entraîneur de Bundesliga. On le met maintenant sous les feux de la rampe mais il a peu d'expérience. Placer son empreinte sur la gestion sportive ne sera pas si facile. Miroslav Klose, Sebastian Deisler et Christian Timm rajeunissent la Mannschaft. La fédération veut absolument donner sa chance à la nouvelle génération. Deisler est le plus grand talent produit par l'Allemagne ces dernières années mais une succession de blessures a retardé son éclosion. Il manque encore de régularité dans ses prestations, mais d'ici quelques années, il devrait devenir le moteur de l'équipe nationale, comme Bierofka, de Munich 1860. Deisler a toutes les qualités d'un grand joueur: il est rapide, doté d'une technique raffinée, assez comparable à celle de Mehmet Scholl.Schalke 04 a lâché prise dans la lutte pour le titre. Jusqu'au week-end dernier, vous êtes restés 384 minutes sans marquer. Que se passe-t-il?C'est difficile à dire. Il nous est plus difficile de concrétiser nos occasions de but. Durant le premier tour, nous avons souvent atteint le repos avec une légère avance. Nous pouvions donc contrôler la suite du match et miser sur le contre. Quand nous sommes à égalité, nous n'avons pas assez confiance en nous pour nous livrer à fond après l'heure de jeu. A domicile, il est particulièrement difficile de trouver une faille dans le mur défensif adverse. Il ne faut pas dramatiser ce passage à vide : il marque les esprits parce que nous avons été champions d'automne.Que visez-vous encore: le titre, la Coupe ou simplement une qualification européenne?Tout reste possible. La coupe d'Europe reste notre objectif premier. Nous visons surtout le tour préliminaire de la Ligue des Champions, ce qui implique de terminer parmi les quatre premiers. C'est surtout la presse qui nous implique dans le titre. L'essentiel est d'achever le championnat parmi les six premiers. Ensuite, nous nous concentrerons sur la finale de la Coupe. Mais la qualité de notre premier tour a aiguisé notre appétit et nous rêvons de la Ligue des Champions. Les matches, contre Leverkusen, Hertha BSC, Kaiserslautern et le Bayern Munich, vont être cruciaux.Ces derniers temps, le Bayern, leader du championnat, a retrouvé son surnom, le FC Hollywood...Sa défaite à Lyon en Ligue des Champions l'a exposé au feu des critiques mais il a redressé la barre. L'équipe répond présent quand elle le doit. Pour moi, elle est la favorite numéro un au titre. Sforza a longtemps causé problème au libéro mais sa blessure est tombée à pic pour le Bayern. Jeremies s'implique beaucoup plus dans le jeu que le Suisse. Hitzfeld préfère l'aligner dans l'entrejeu, d'où il peut exercer davantage de pression offensive, mais Jeremies est polyvalent.Kaiserslautern est-il capable de se mêler à la lutte que se livrent le Bayern et Leverkusen?Je ne pense pas. Il manque de régularité. Il a souvent bénéficié d'un brin de chance. On peut en fait le comparer à Schalke 04 au premier tour. Il est en forme, les résultats suivent mais il n'est pas à l'abri d'un contrecoup. Pour le moment, il déborde de confiance, notamment grâce à sa qualification pour les quarts de finales de la Coupe de l'UEFA, mais son programme est lourd. Je ne sais pas s'il parviendra à rester à ce niveau jusqu'au terme du championnat.Le Borussia Dortmund a réintégré Heiko Herrlich, guéri de sa tumeur cérébrale. Toute l'Allemagne est soulagée.Absolument. Le temps s'arrête quand on apprend ce genre de nouvelle. Nous l'avons soutenu pendant sa chimiothérapie par l'intermédiaire d'Andy Möller. Dans des cas pareils, la rivalité qui oppose Dortmund à Schalke s'efface. Heureusement que la tumeur n'était pas maligne. Il va lui falloir du temps pour revenir à son meilleur niveau mais l'essentiel est qu'il soit guéri.Tournons-nous vers le bas du clasement: le VfB Stuttgart est avant-dernier. C'est pourtant un des monuments du championnat.Son calendrier a été très difficile. Il va certainement prendre les points nécessaires à son maintien dans les semaines à venir. Felix Magath fait à nouveau office de dépanneur. Il passe son temps à éteindre les petits incendies internes. Je suis convaincu qu'il va réussir à sauver Stuttgart de la relégation. il lui est tout à fait possible de combler son retard sur Unterhaching, Energie Cottbus et l'Eintracht Francfort, qui recèlent nettement moins de qualités.Peut-on dire que Bochum est condamné?Je crois. Il manque d'expérience et il place trop d'espoirs en son nouvel entraîneur. Le VfL Bochum a trop de retard pour renverser la situation. Ce n'est plus qu'un oiseau pour le chat. En lisant entre les lignes, on s'aperçoit qu'il prépare déjà son retour en deuxième Bundesliga. Bochum s'est trop appuyé sur le meneur turc Bastürck. D'autres joueurs-clefs ont été souvent blessés et l'équipe n'a jamais trouvé ses marques, à cause de tous ces changements. (F.Vanheule)