La lutte pour le titre a des allures de thriller.
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La lutte pour le titre a des allures de thriller.Nico Van Kerckhoven : C'est le moins qu'on puisse dire. Rien n'est encore fait. La dernière journée sera décisive. Nous recevrons Unterhaching, qui a besoin de points pour assurer son maintien, et le Bayern se rend à Hambourg, qui n'a plus rien à perdre ni à gagner. En deux matches, le nombre de candidats au titre est passé de six à deux, puisque Leverkusen, Kaiserslautern, Hertha BSC et enfin Dortmund ont sombré. Nous espérions que le Bayern perdrait des plumes à Leverkusen mais il n'en a rien été. Nous menons au goal-average. Misez-vous sur ce facteur décisif en Bundesliga?Pas vraiment. Nous devons gagner. La tension est palpable. Je suis moins impliqué, puisque je poursuis ma revalidation en Belgique. Des coéquipiers m'ont dit que les journalistes mettaient la pression. Tout le monde part du principe que le champion d'automne sera également couronné en fin de saison, d'autant que nous avons battu nos rivaux directs: Hertha, Leverkusen, le Bayern et Kaiserslautern. L'extérieur pense davantage au titre que nous. Je pense que c'est 50-50. Le Bayern Munich accorde la priorité à la Ligue des Champions. C'est une arme à double tranchant: il est trop orgueilleux pour laisser tomber le titre mais il doit quand même définir ses priorités.En faisant le bilan, qui mérite le plus ce titre?Difficile à dire. L'équipe championne aura en tout cas peu de points cette année. C'est une occasion unique pour Schalke 04. Nous avons perdu à sept reprises. C'est un maximum. Le Bayern Munich a perdu beaucoup de plumes tout au long de la saison. Nous avons été excellents à domicile et nous avons aligné une jolie série au premier tour mais notre deuxième quinzaine de février a été mauvaise. Nous nous sommes repris à temps. Il faut admettre que nous avons tiré un profit maximum des faux-pas de Leverkusen et du Bayern.La finale de la Coupe, le 26 mai à Berlin, vous offre un beau dessert, puisque vous affrontez l'Union Berlin, un club de D3.J'entame la dernière phase de ma rééducation. Lundi, j'ai enfin rejoint le groupe. J'espère être sur le banc samedi et peut-être jouer quelques minutes. Suivre les rencontres de la tribune n'est pas la même chose. J'ai eu ma part dans les succès du club, avant de me blesser à la vingtième journée. Heureusement qu'il reste la finale de la Coupe. Je me suis blessé fin février à Brême. Le diagnostic était alarmant: déchirure des adducteurs. J'étais sur la touche pour quatre à six semaines. Tout s'est tellement bien déroulé que j'ai retrouvé le ballon au bout de trois semaines. J'avais tellement envie de revenir. Mais le premier entraînement a été fatal. Une autre déchirure s'est formée au-dessus de la blessure. Au total, trois déchirures sur le même muscle. Il y a six semaines, j'ai été chez Lieven Maesschalck comme l'an dernier pour mon tendon d'Achille. Schalke 04 était d'accord avec mon choix.Après Manchester United, le Bayern a retrouvé le Real Madrid. Sa campagne européenne est superbe. Un bel échantillon de l'organisation défensive allemande?Je ne m'y attendais pas, surtout au vu de sa pâle forme en championnat. Il ne faut jamais sous-estimer les équipes allemandes. Leur force de caractère émerge toujours. Le football du Bayern n'est pas toujours académique mais il s'en moque. Tout est basé sur une solide organisation. Oliver Kahn, Stefan Effenberg et Mehmet Scholl forment l'épine dorsale de l'équipe. Ces trois joueurs chevronnés entraînent les autres, grâce à leur discipline de fer et à leur motivation. Ils sont animés d'une telle rage de vaincre que les plombs sautent parfois.Berti Vogts, très contesté à Leverkusen, est conseillé par Rudi Völler, le sélectionneur national, et Peter Hemann, l'entraîneur des amateurs. Une fameuse gifle?La critique avait précédé son engagement. Berti Vogts n'a jamais été apprécié en Allemagne. Les supporters ont été encore plus déçus à l'arrivée de Pierre Littbarski et de Toni Schumacher. Au début, les résultats ont masqué son manque de popularité mais il n'a pu rencontrer les attentes, élevées, de son club. Sur l'ensemble de la saison, Leverkusen est sans doute la plus grande déception de Bundesliga. Il n'a pas survécu au premier tour de la Ligue des Champions, il a été rapidement éliminé en Coupe UEFA et ne participe pas à la lutte pour le titre. Le changement d'entraîneur n'a pas eu d'effet positif. On juge vite un joueur ou un entraîneur d'après son image. Vogts est parti avec un handicap, avant même son premier match. On n'accepte pas son obstination ni le prix de ses transferts. Seul Lucio, le défenseur brésilien, s'est imposé, mais Berbatov et Placente sont des achats ratés. On lui demande des comptes, maintenant. Victor Ikpeba, qui s'est heurté à Matthias Sammer, n'est plus persona grata à Dortmund?Il coûte 320 millions. Marc Wilmots et moi en avons discuté il y a deux ans: il ne convient pas à la Bundesliga. Son abattage et sa puissance ne sont pas suffisants. Dès que ses performances ne satisfont pas, il avance des excuses: le décès de sa femme ou son mauvais contact avec l'entraîneur. Franz Beckenbauer s'est plaint dans le Bild du comportement de ses joueurs, qui se laissent trop facilement tomber, mais aussi du laxisme des arbitres. Il reste le Kaiser. On prend tout ce qu'il dit pour du pain bénit. Ses critiques étaient fondées il y a quelques semaines mais il y a progrès. De telles choses se produisent partout. Si nous avons perdu à Kaiserslautern à l'aller, c'est parce que le Bulgare Hristov s'est laissé tomber dans le rectangle. Mais de tels comportements nuisent à leurs auteurs. La presse et les supporters n'apprécient pas ce genre de comédie. Le SC Fribourg, un petit poucet, pourrait bien décrocher un billet européen. Est-ce une surprise?Pas à mes yeux. Il s'agit d'une des meilleures équipes du championnat, surtout d'un point de vue technique. C'est une formation atypique, dont le jeu n'est vraiment pas allemand. Elle s'appuie sur des automatismes parfaitement rôdés mais elle fait davantage penser à une équipe française. Peut-être serait-elle mieux à sa place si elle déménageait de l'autre côté de la frontière. (F. Vanheule)