Pour une fois, commençons par la D2. La victoire de Fulham à Huddersfield l'assure de la promotion. Est-ce un plus pour la Premier League?
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Pour une fois, commençons par la D2. La victoire de Fulham à Huddersfield l'assure de la promotion. Est-ce un plus pour la Premier League? Nico Vaesen : Certainement. Fulham était incroyablement fort. En attaque, il a deux garçons redoutables, Saha et Boa Morte. Pour l'instant, ils placent leurs adversaires sous pression et les avants sont très mobiles mais je pense qu'ils vont procéder autrement l'année prochaine, davantage sur le break. Dans ces conditions, ils auront besoin d'un centre-avant. Saha peut évoluer sur le flanc droit, de manière à dégager des espaces à l'attention de Koller, si le club s'exécute et enrôle l'attaquant anderlechtois. Celui-ci ne peut que réussir en Angleterre, avec son gabarit et sa technique. L'équipe fait circuler le ballon en triangle et attend l'erreur. Fulham va enrôler quatre ou cinq joueurs. D'après Al Fayed, l'argent n'est pas un problème. Dès la préparation, on racontait que Jean Tigana était en train de mettre sur pied quelque chose de fantastique. Effectivement, il a marqué la série de son empreinte dès la première journée. Blackburn est deuxième et pourrait également accéder directement à l'élite. Sur le plan individuel, il recèle certainement autant de qualités que Fulham, mais l'ensemble n'est pas aussi loin. C'est le style de Souness: acheter et vendre.On peut le dire ainsi. Il a enrôlé Brad Friedel, qu'il avait emmené en Turquie auparavant, alors que le club avait déjà deux bons gardiens. Puis Berkovic est venu du Celtic. C'est un va-et-vient perpétuel.Leeds a éliminé La Corogne en Coupe d'Europe. C'est l'équipe du printemps: elle n'a pas encore perdu à l'extérieur en 2001.Viduka est l'avant qu'il lui fallait. La victoire à Liverpool l'a remis en selle pour une place en Ligue des Champions, bien qu'à domicile, il ait perdu beaucoup de points. S'il avait été plus régulier cette saison, il aurait pu titiller Manchester. C'est surtout au premier tour qu'il a trop souvent baissé les bras à domicile. Le retour de Kewell a peut-être tout changé, bien que j'ai entendu O'Leary dire qu'il n'était encore qu'à 75%. Il n'entame d'ailleurs pas tous les matches. Le noyau est plus large que l'année dernière, avec Ferdinand en défense et Keane devant, sans oublier le retour de Batty, décisif à mes yeux. Il soulevait beaucoup de doutes mais il y est parvenu, progressivement.Comme on s'y attendait, Manchester a été sacré champion.Alex Ferguson a déjà déclaré qu'aucune équipe n'était encore parvenue à remporter le titre quatre années de suite. C'est sans doute son prochain défi. Les joueurs conservent leur motivation. C'est fantastique. Le seul point négatif se situe dans les épreuves de coupes, avec l'élimination précoce en Cup et les piétinements en Ligue des Champions, ponctués par l'élimination face au Bayern. L'attaque a constitué un problème cette saison, partiellement à cause des blessures de Cole et de la moindre forme de Yorke, mais Sheringham a été excellent au premier tour. Le manager apprécie beaucoup les joueurs dotés de caractère, les footballeurs qui osent répondre quand ils se font démolir. Ce n'était pas le cas de Bosnich et Taibi avait un style particulier. Quelle est la force d'Ipswich, nouveau en D1 et qualifié pour une coupe d'Europe?Son collectif et l'éclosion de Marcus Stewart, le meilleur buteur actuel. Sans oublier la stabilité de la défense. Le groupe est soudé, sur le terrain comme en-dehors. Il n'a pas eu de passage à vide, il n'a jamais perdu plus de deux rencontres d'affilée. Son début a été difficile, avec plusieurs matches nuls, mais sa progression a été continue. Il n'est pas riche. Il suit surtout des joueurs qui coûtent entre 30 et 60 millions, des joueurs de talent qui n'ont pas leur chance ailleurs. Des garçons qui souhaitent une deuxième chance ou qui viennent de divisions inférieures et veulent faire leurs preuves en Premier League. Plusieurs équipes ont cédé du terrain.Charlton, également promu, avait pris un excellent départ, mais depuis le début de l'année, il est régulièrement en difficulté. Sunderland a pris quatre points en six semaines, Leicester City a perdu neuf fois de suite. Répondre présent chaque semaine n'est pas facile. Les supporters du club n'apprécient pas que Peter Taylor, le manager, soit également entraîneur-adjoint de l'équipe nationale. Ils préféreraient qu'il se concentre sur son club. Il admet avoir des journées chargées mais soutient qu'il travaille de la même façon que quand Leicester faisait partie de l'élite.Liverpool est l'équipe de Coupe de l'année.La formation n'est pas mauvaise en championnat non plus mais ses succès dans les autres épreuves ont surchargé son calendrier. Liverpool a presque été obligé de jouer des matches à enjeu tous les trois jours. Houllier s'en est plaint. Il est possible que cette surcharge joue des tours à Liverpool, bien que le manager ait un banc solide. La défense a gagné en stabilité et plusieurs jeunes émergent.Le transfert le plus cher du moment est celui d'un manager: Glenn Hoddle est de retour à Tottenham.C'en était fini de George Graham, à partir du moment où ENIC reprenait Tottenham. Southampton marchait bien et ne voulait pas laisser partir Hoddle. Il lui avait insufflé un bel élan, grâce à une bonne organisation qui lui a valu beaucoup de courtes victoires, par un but d'écart, alors qu'il n'alignait que des inconnus. Je crois que Tottenham a dû débourser une indemnité de 55 millions. C'est énorme pour un manager. Tottenham va encore faire parler de lui. Hoddle connaît la maison et y a déjà fait son chemin comme manager.En bas de tableau, Coventry a placé son sprint final.Son calendrier reste très lourd, le pire de tous les candidats à la relégation. Je le répète: une équipe comme Middlesbrough devrait pouvoir remporter ses matches à domicile mais elle concède trop de nuls. L'équipe est mieux balancée, mais l'analyse de Match of the Day démontre qu'elle ne place pas assez l'adversaire sous pression et qu'elle le laisse s'aventurer dans son propre camp. Coventry, lui, met son adversaire sous pression. En huit matches, Hartson a inscrit six buts. En plus, il est habitué au stress de la relégation. Rien n'est encore décidé. (P. T'Kint)