" Je me souviens encore des propos de Francis Borelli, l'ancien président du PSG : - Monsieur Heylens, j'aimerais que vous veniez à Paris avec Jules Bocandé. J'ai songé aussi àNico Claesen mais cet attaquant a vraiment une drôle de gueule : il n'a pas le charisme indiqué pour réussir au Parc des Princes. La vie a fait que je n'ai jamais coaché le PSG ; Jules, lui, y a joué après son passage à Metz. Mais j'avais quand même signalé à Borelli qu'il faisait fausse route à propos de Claesen. Plus tard, j'ai croisé l'ex-dirige...

" Je me souviens encore des propos de Francis Borelli, l'ancien président du PSG : - Monsieur Heylens, j'aimerais que vous veniez à Paris avec Jules Bocandé. J'ai songé aussi àNico Claesen mais cet attaquant a vraiment une drôle de gueule : il n'a pas le charisme indiqué pour réussir au Parc des Princes. La vie a fait que je n'ai jamais coaché le PSG ; Jules, lui, y a joué après son passage à Metz. Mais j'avais quand même signalé à Borelli qu'il faisait fausse route à propos de Claesen. Plus tard, j'ai croisé l'ex-dirigeant parisien qui m'a dit : -Vous aviez raison, je me suis trompé à propos de Claesen : il aurait pu se distinguer au PSG. Nico était une trouvaille d' Yves Baré. Il le repéra à Patro Eisden mais n'était pas le seul sur la balle. L'ancien coach des Métallos expliqua à sa famille que ses chances de jouer seraient plus grandes au Pairay qu'au Club Bruges ou ailleurs. Il me semble que le père de Nico avait travaillé dans les usines de la région liégeoise, comme tant d'autres Limbourgeois et cela créa un climat de sympathie durant les négociations. De plus, Nico pouvait jouer à Seraing tout en continuant à habiter Eisden. Les Métallos militaient encore en D2 et c'était une transition intéressante, une dernière étape avant de faire son entrée en D1. J'ai appris à le connaître en 1982-83 : Seraing venait d'accéder à l'élite pour la première fois de son histoire. En tant que coach, j'y ai succédé cette saison-là à Baré, Claude Bissot et même Carlos Oblitas. Même si la découverte de la D1 était dure et la situation au classement inquiétante, j'ai trouvé un effectif haut de gamme. Claesen s'asseyait parfois sur le banc avant de devenir titulaire à 100 %. J'étais séduit par sa vitesse, son courage, sa disponibilité, sa frappe, son esprit positif, son désir d'apprendre tous les jours, etc. Je l'ai aligné en 4-4-2, à côté du grand Bocandé mais surtout en 4-3-3 et il fallait le voir plonger de la droite dans le rectangle quand notre génial artiste péruvien, Oblitas, émergeait à gauche : un vrai régal. Il fut le premier Diable Rouge de Seraing, en 1983 ( Manu Karagiannis fut l'autre). En plus de ses passages à Stuttgart et à Tottenham, il a joué 295 matches/115 buts en D1 (Seraing, Standard, Antwerp, Germinal Ekeren, retour à l'Antwerp, Ostende) et fut international pour le compte de cinq clubs : Seraing, Stuttgart, Standard, Tottenham et Antwerp. Je suis fier d'avoir pu lui indiquer le chemin à suivre. Mais il ne doit rien à personne : il a su saisir sa chance au Pairay et donner tort à Borelli. " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing).propos recueillis par pierre bilic