Dans sa longue carrière, Nico Claesen a porté le maillot des deux clubs. Et il reste nostalgique de son passage à Tottenham, le lieu de vie où il a été le plus heureux. Il se souvient de l'ambiance décontractée qui régnait là-bas, aussi de la façon dont il a été accueilli par des vedettes du niveau de Chris Waddle, Osvaldo Ardiles ou encore Glenn Hoddle. C'est à Tottenham qu'il a côtoyé de très grands joueurs qui avaient le bon goût de rester simples. Il était fréquent que les gars de Tottenham fassent des sorties ensemble. Ils allaient au ciné, ils se donnaient rendez-vous pour assister à un concert de Lionel Ritchie ou de Madonna, ils allaient boire des pots. Et ils rentraient rarement avant minuit. Nico Claesen a souvent rappelé tout ça. Chaque après-m...

Dans sa longue carrière, Nico Claesen a porté le maillot des deux clubs. Et il reste nostalgique de son passage à Tottenham, le lieu de vie où il a été le plus heureux. Il se souvient de l'ambiance décontractée qui régnait là-bas, aussi de la façon dont il a été accueilli par des vedettes du niveau de Chris Waddle, Osvaldo Ardiles ou encore Glenn Hoddle. C'est à Tottenham qu'il a côtoyé de très grands joueurs qui avaient le bon goût de rester simples. Il était fréquent que les gars de Tottenham fassent des sorties ensemble. Ils allaient au ciné, ils se donnaient rendez-vous pour assister à un concert de Lionel Ritchie ou de Madonna, ils allaient boire des pots. Et ils rentraient rarement avant minuit. Nico Claesen a souvent rappelé tout ça. Chaque après-midi sur le coup de 16 heures, il prenait le thé avec ses voisins et il adorait ça. Sur le plan sportif, par contre, ça s'est moins bien passé pour Claesen à Londres. Il avait réussi ses débuts, mais quand l'entraîneur a modifié sa disposition tactique et a commencé à jouer avec un seul attaquant, il s'est retrouvé sur le banc. C'est un fil rouge de sa carrière: il a enchaîné les grands moments et les désillusions. En 1984, il était à Seraing où Georges Heylens lui avait fait passer un palier, il est parti à Stuttgart, mais la Bundesliga ne convenait pas à ce Limbourgeois plutôt effacé. En Allemagne, il a mûri et est devenu plus indépendant, mais la charge physique imposée par ce football n'était pas pour lui. Après un an, il est revenu à Liège, cette fois au Standard, et dès les premiers entraînements, il en a fait joyeusement baver à ses coéquipiers. Nico Claesen n'a jamais été une star, malgré son parcours en clubs et ses 36 matches avec les Diables rouges. Mais il avait une mentalité irréprochable. Pour lui, une seule chose comptait: gagner. Il l'a encore prouvé avec l'Antwerp, où il a participé à la fameuse campagne européenne marquée notamment par la remontada historique face à Sofia, de 1-3 à 4-2. Ce soir-là, il avait inscrit deux buts. À la 91e minute puis à la 93e. Raphael Quaranta avait ensuite terminé le boulot, vers la fin des six minutes de temps additionnel. Sur la fin de son parcours, Nico Claesen est passé par Ostende, Sint-Niklaas et Beringen. D'un point de vue financier, il a tiré le maximum. Il a toujours réussi à signer des gros contrats, aussi parce qu'il se faisait représenter par une négociatrice hors-pair qui ne lâchait rien: sa femme Dominique, fille d'un entrepreneur, avait été éduquée dans un milieu où on ne faisait pas de cadeau. Le joueur aimait investir et il a acquis six appartements dans le Limbourg. Dès qu'il est arrivé à Tottenham, il a acheté une maison à Londres, puis il l'a revendue un an et demi plus tard en faisant une plus-value. Parfois, les négociations avec des dirigeants de clubs étaient tendues. Dans un premier temps, les décideurs de Tottenham n'étaient pas d'accord de lui octroyer ce qu'il demandait. Alors, Nico et son épouse sont rentrés en Belgique. Le lendemain, à cinq heures du matin, le président l'a rappelé pour lui signaler que c'était OK pour lui. À l'Antwerp aussi, c'était chaud avec Eddy Wauters et c'est d'ailleurs ce qui a précipité son départ. Il y a vingt ans que Nico Claesen (58 ans aujourd'hui) a mis fin à sa carrière. Il n'a jamais marché à côté de ses pompes. Il disait souvent qu'un footballeur avait besoin de son équipe pour arriver haut. Il a connu son apogée lors de la Coupe du monde 1986 au Mexique, mais il n'a pas plané pour autant. Il jouait seul en pointe et il attendait des bons centres pour les convertir en pleine foulée. C'était sa marque de fabrique, visible dès ses débuts avec le Patro Eisden. Il avait commencé en équipe première à seize ans, avant de devoir partir parce que le club avait été impliqué dans un dossier de corruption.