Nice s'appuie sur une formule qui fait ses preuves, saison après saison. À l'été 2015, le club de la Côte d'Azur ramène Hatem Ben Arfa au pays, et le place entre les mains de Claude Puel, alors installé sur le banc des Aiglons depuis trois ans. L'ancien coach de Monaco, Lille et Lyon sort à l'époque de saisons abouties dans le jeu, mais mitigées au classement final (17e en 2014, 11e en 2015).
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Nice s'appuie sur une formule qui fait ses preuves, saison après saison. À l'été 2015, le club de la Côte d'Azur ramène Hatem Ben Arfa au pays, et le place entre les mains de Claude Puel, alors installé sur le banc des Aiglons depuis trois ans. L'ancien coach de Monaco, Lille et Lyon sort à l'époque de saisons abouties dans le jeu, mais mitigées au classement final (17e en 2014, 11e en 2015). Pour franchir un palier, le président Rivère décide alors de lancer un mode de fonctionnement qui fera la marque de fabrique du " Gym " par la suite : des joueurs détectés très tôt ou formés au club pour constituer la colonne vertébrale de l'équipe, bercée au style maison, le tout sublimé par un talent hors-normes, qui transforme la supériorité du plan de jeu en victoires au tableau d'affichage. La greffe Ben Arfa prend tellement bien que le prodige du football français frappe à la porte de l'équipe de France avant l'EURO 2016. Avec dix-sept buts et six passes décisives, Hatem envoie Nice au pied du podium, et quitte le club en même temps que Claude Puel. Le Gym décide de repasser les plats, et installe Lucien Favre sur le banc, en lui offrant le talent capricieux de Mario Balotelli à la pointe de l'attaque. L'Italien plante quinze fois en championnat, et les Aiglons bouclent la saison sur la troisième marche du podium, à un rythme qui aurait sans doute été synonyme de titre si les géants parisiens et monégasques ne marchaient pas à coups de millions sur la Ligue 1. Parce qu'il n'y a pas de raison de changer une méthode gagnante, le président rivère frappe une troisième fois cet été, en attirant Wesley Sneijder à l'Allianz Riviera. Homme fort du Triplete de l'Inter en 2010, au bout d'une saison qu'il avait terminée comme finaliste et meilleur buteur du Mondial sud-africain, Wes' cadre typiquement dans ce profil de talent à part, capable d'amener ces quelques pourcents de génie qui font la différence entre un collectif bien huilé et une machine à gagner. Le problème, c'est que Balotelli est resté. Et qu'un talent fainéant, désintéressé des contraintes collectives, c'est bien, mais deux, ça commence à faire beaucoup dans le football des années 2010. La mission de Lucien Favre pour conserver l'équilibre s'annonce périlleuse. Elle pourrait le devenir d'autant plus si Jean-Mickaël Seri finit par quitter la Côte d'Azur. Installé au coeur du jeu et du projet niçois, l'Ivoirien est un milieu de terrain à part, capable de conserver le ballon en toutes circonstances, de dicter le tempo du match et de placer, toujours à propos, l'accélération qui lance une action décisive. Un profil tellement rare que le Barça, en quête d'un coup de fraîcheur au milieu de terrain, serait sous le charme. Le départ de Seri serait, malgré la présence de Vincent Koziello et le retour de blessure de Wylan Cyprien, une catastrophe pour la cohérence du projet niçois. Ce genre de joueur ne se remplace pas en un clin d'oeil. Sneijder pourrait compenser sa perte près du rectangle adverse, mais il faudrait surtout le remplacer dans les circuits de relance, là où Nice installe ses premiers décalages, et crée les conditions propices à l'épanouissement de ses talents offensifs. GUILLAUME GAUTIER