Pour continuer son ascension vers les sommets nationaux, l'OGC Nice avait besoin d'un nom qui brille plus fort que tous les autres. Hatem Ben Arfa, sa résurrection et ses 17 buts ayant pris le chemin de la capitale, le président Jean-Pierre Rivière se met donc en quête d'un " attaquant talentueux et en souffrance dans son club. " L'heureux élu se nomme Mario Balotelli, " un joueur connu du monde entier ", pour son nouveau président, qui affirme qu'en " pleine réussite, il serait au Real aujourd'hui. "
...

Pour continuer son ascension vers les sommets nationaux, l'OGC Nice avait besoin d'un nom qui brille plus fort que tous les autres. Hatem Ben Arfa, sa résurrection et ses 17 buts ayant pris le chemin de la capitale, le président Jean-Pierre Rivière se met donc en quête d'un " attaquant talentueux et en souffrance dans son club. " L'heureux élu se nomme Mario Balotelli, " un joueur connu du monde entier ", pour son nouveau président, qui affirme qu'en " pleine réussite, il serait au Real aujourd'hui. " Dans les faits, la venue de SuperMario à la Côte d'Azur a tout du pari. Parce que la dernière saison digne de ce nom de l'Italien remonte déjà à 2013-2014, quand il avait marqué 18 buts toutes compétitions confondues avec le Milan. Son agent, Mino Raiola, fixe pourtant la barre assez haut : " J'attends que Mario marque 20 buts. " La fin de saison approche, et le compteur de Mario affiche quinze roses, dont treize en Ligue 1. Balotelli a pris tout le monde de vitesse au départ (5 buts pour ses 3 premiers matches) et remet les gaz en vue de l'arrivée (4 buts lors du dernier mois). Entre-temps, les moments de joie se sont faits rares. C'est Alassane Pléa qui est alors devenu le fer de lance de l'attaque niçoise. Mario, lui, a surtout brillé par ses coups de sang (deux cartes rouges) et ses coups de mou, qui ont provoqué l'agacement d'une partie du vestiaire. Valentin Eysseric a déclaré que son équipier italien devrait " peut-être penser un peu plus collectif et travailler un peu pour nous ", alors que le coach Lucien Favre ne cesse de répéter que Balotelli doit " courir plus et mieux ", parce que " marquer des buts n'est pas suffisant dans le football moderne ". Mais le Balotelli niçois n'est pas tellement différent de ses versions précédentes. Le but est sa raison d'être, et l'Italien semble seulement s'activer quand il semble assez proche des filets pour les faire trembler. Il crée peu de jeu (0,5 occasion créée et 0,5 dribble par match), mais se transforme quand le grand rectangle approche. Avec 3,2 tirs par rencontre, il est le deuxième joueur le plus entreprenant de Ligue 1 après Edinson Cavani. Il est également le joueur qui subit le plus de fautes de l'autre côté de la frontière. Malgré les suspensions et les blessures, qui ont refroidi son hiver, la saison de Balotelli figure parmi les meilleures de sa carrière. C'est seulement la quatrième fois qu'il atteint la barre des quinze buts marqués, après ses passages au Milan et à Manchester City. Méconnaissable à Liverpool, l'Italien semblait déjà destiné à une trajectoire qui devait le voir briller dans des clubs anonymes, plutôt que devenir anonyme dans des clubs brillants. À Nice, il a débarqué dans un club que son arrivée a rendu populaire au-delà des frontières françaises. Il fait désormais partie d'une aventure marquante de l'Histoire des Aiglons, qu'il a emmenés jusqu'au podium, dans le sillage des ogres Paris et Monaco. À cinq matches du coup de sifflet final, son tour en hélicoptère au-dessus de la promenade des Anglais, promis en cas de titre, n'est pas encore à ranger au rayon des paris perdus.Et c'est déjà un exploit en soi. Guillaume Gautier