Le chapitre Zagreb est refermé. En attendant une revanche en Bulgarie, Joos Valgaeren se concentre sur la fin de championnat du Celtic: contrairement aux deux dernières saisons, il est toujours en lutte avec les Rangers. Ce mois, Boavista constitue la dernière haie avant la finale de la Coupe UEFA, à Séville. Les affiches se suivent et exigent leur tribut.
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Le chapitre Zagreb est refermé. En attendant une revanche en Bulgarie, Joos Valgaeren se concentre sur la fin de championnat du Celtic: contrairement aux deux dernières saisons, il est toujours en lutte avec les Rangers. Ce mois, Boavista constitue la dernière haie avant la finale de la Coupe UEFA, à Séville. Les affiches se suivent et exigent leur tribut. "Nous peinons davantage que les deux dernières années", reconnaît Valgaeren, touché au genou. "Les Rangers sont bons. Même dans des jours sans, ils ont obtenu des résultats alors qu'avant, ils perdaient des plumes. Les Old Firms, nos duels, avaient tourné à notre avantage les années précédentes, mais cette saison nous avons perdu chez eux alors qu'à domicile, nous n'avons gagné qu'une fois et concédé un nul. Ce partage peut faire la différence au classement. Il ne nous reste qu'un duel: chez les Rangers". Le Celtic a perdu de justesse la Coupe de la Ligue contre son rival et a été éliminé en quarts de la Coupe d'Ecosse contre Inverness. "Lors de la finale, on nous a annulé injustement un but. Particulièrement douloureux! Dans les arrêts de jeu, nous avons raté un penalty. C'était surréaliste: le stade national, rempli pour moitié par nos supporters, nous sommes menés 2-1, nous donnons tout, nous obtenons un penalty, nous le ratons et l'arbitre siffle la fin du match". Sur la scène européenne, le Celtic se porte mieux. A deux reprises, il est sorti vainqueur d'un derby anglo-écossais. Il a éliminé Blackburn puis Liverpool en quarts de finale. Valgaeren: "C'était très important pour nos supporters. Les Anglais méprisent un peu les Ecossais et leur football. Je ne le ressens pas de la même façon, n'étant pas Ecossais. Quand nous avons affronté Blackburn, c'était la surprise du début de championnat. Ensuite, nous avons tiré une équipe de tête en Espagne, le Celta Vigo, et Stuttgart, qui lutte pour une qualification en Ligue des Champions en Allemagne. Puis Liverpool, le top en Angleterre, qui venait de battre Manchester United en finale de la Coupe de la Ligue. C'est un superbe parcours. Nous n'avons pas volé notre place en demi-finales".De l'enthousiasmeLe Celtic joue avec enthousiasme: "Partout, nous nous livrons à fond. Nous sommes très forts offensivement. Nous sommes sûrs de nous créer des occasions et de marquer. Avec cinq médians, nous gagnons aussi la bataille de l'entrejeu".Le Celtic n'aligne que trois défenseurs: "J'ai commencé à droite. Blessures et suspensions m'ont fait atterrir à gauche. Nous jouons de manière opportuniste, en servant notre centre-avant. Nous jouons généralement dans le camp de l'adversaire. Nous ne soignons pas souvent la construction depuis l'arrière. Ce serait différent à droite mais à gauche, je me retiens. Je monte rarement car à trois, il faut rester prudent, même si notre défense est solide. Pour vous donner une idée, je suis le plus petit. Je n'évolue pas souvent dans l'axe. L'entraîneur y veut des hommes plus forts dans les duels aériens".La simplicité et l'engagement sont les forces du Celtic. "Chacun sait comment il doit jouer. Devant, nous avons de la classe européenne, nos flancs savent réaliser une action tandis que le reste est sec et solide. Notre groupe est très international. On joue en 3-5-2 avec Douglas (Ecosse) - Mjälbby (Suède), Balde (France), moi-même - Silla (Côte d'Ivoire), Thompson (Angleterre), Lambert (Ecosse), Petrov (Bulgarie), Lennon (Irlande) - Hartson (Galles), Larsson (Suède)". Les affiches se succèdent. "Quel joueur a disputé d'aussi beaux matches ces dernières semaines? Deux fois contre Liverpool, les Rangers, Stuttgart. Dois-je me plaindre? Non! Evidemment, la différence entre le top-deux et le reste est plus grande ici qu'ailleurs mais les Rangers et le Celtic émargent à l'élite européenne, certainement en matière d'infrastructures et d'organisation. L'enthousiasme des supporters est tel que Boavista pourrait remplir son stade rien qu'avec eux. Cependant, les autres équipes du championnat ne sont pas aussi faibles qu'on pourrait le croire. Cette saison, nous gagnons plus difficilement. C'est comme Anderlecht: s'il avait toujours le même abattage que les autres formations, il gagnerait plus souvent. Face à un adversaire agressif, nous peinons".Il s'est habitué à l'intensité de la compétition. "J'en suis déjà à 44 matches officiels avec le Celtic cette saison. Je n'en aurais pas été capable la première année. Mon corps s'en ressent. Heureusement, nous nous entraînons peu. Je ne tombe pas de sommeil mais je sens à mes tendons, à mes chevilles et à mes adducteurs que je suis constamment à ma limite. On n'a que deux ou trois jours pour préparer un match. C'est très juste pour soigner de petites blessures. Le football de haut niveau n'est pas sain. Je commence à le sentir, mais la saison est loin d'être achevée".Une autre culture"Je ne sais pas si j'ai progressé en Ecosse", poursuit Joos Valgaeren, "Mais je suis différent. Je me suis adapté à la culture footballistique. Je relance moins qu'aux Pays-Bas. Est-ce positif ou non? Le vainqueur a toujours raison et j'ai déjà beaucoup gagné" NDLA: en 2001 le championnat et les coupes nationale et de la ligue et l'an dernier le championnat à nouveau. Tout va plus vite, au détriment de la précision, ce qu'on lui reproche quand il est visionné en championnat ou qu'il se produit en équipe nationale. "A juste titre peut-être, car je n'ai certainement pas progressé de ce point de vue. SefVergoossen insistait sur le soin à apporter aux passes, afin que l'homme en possession du ballon puisse immédiatement entreprendre quelque chose. En Ecosse, il faut chercher la profondeur, rejoindre les autres, jouer avec enthousiasme et récupérer le ballon le plus vite possible. Le défenseur ne participe guère à la relance. Comme je ne joue pas sur mon meilleur côté, je suis encore moins tenté de monter. Pour résumer mon évolution, je dirais que je suis devenu plus réaliste mais que ma relance n'est certainement pas meilleure. Surtout en équipe nationale, où le jeu doit être plus soigné. Las, en une semaine, il n'est pas possible de se métamorphoser. Il ne serait d'ailleurs pas malin de changer d'un coup de style. Enfin, tant qu'un défenseur ne concède pas de but, il n'a pas besoin d'être élégant". Valgaeren n'est pas près de déménager. Il est sous contrat pour deux ans encore. "J'ai pu signer au bon moment. Je n'ai pas d'autre opportunité, malgré notre campagne européenne. Ce n'est toutefois pas nécessaire car je me sens bien à Glasgow. J'y suis considéré. Je ne suis pas une star mais un bon défenseur, qui travaille dur, ne supporte pas de perdre et a une bonne mentalité. Je suis positif sans être euphorique. Je suis heureux. Depuis huit mois, je suis père d'un petit garçon. Glasgow n'est peut-être pas une destination de vacances prisée mais il y fait bon vivre". L'incident qui l'a opposé à un photographe dans un pub n'a pas perturbé ce bonheur. "Je préfère ne pas en parler". Soulagé que l'affaire soit classée sans poursuites? Son sourire s'élargit: "Je viens de dire que je ne parlais plus de ça. Ok?" Peter T'Kint"Je suis plus réaliste mais certainement pas meilleur à la relance"