12 miles. Soit 20 kilomètres séparent ces deux villes du Nord-Est de l'Angleterre. De quoi créer une rivalité régionale. Ou bien plus encore. Car, là-bas, entre la Tyne qui traverse Newcastle, et la Wear qui coule à Sunderland, il y a bel et bien un gouffre, que les siècles, le charbon, la guerre civile, la révolution industrielle, puis le football n'ont cessé d'élargir.
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12 miles. Soit 20 kilomètres séparent ces deux villes du Nord-Est de l'Angleterre. De quoi créer une rivalité régionale. Ou bien plus encore. Car, là-bas, entre la Tyne qui traverse Newcastle, et la Wear qui coule à Sunderland, il y a bel et bien un gouffre, que les siècles, le charbon, la guerre civile, la révolution industrielle, puis le football n'ont cessé d'élargir. La haine entre les deux villes naît au 17e siècle. L'Angleterre se déchire alors entre Parlementaires menés par Oliver Cromwell et Royalistes. Newcastle, dont le commerce du charbon a été favorisé par une charte royale, soutient les Royalistes. Sunderland, pénalisé par cette même charte, a pris le camp des Parlementaires. Depuis cette époque, les deux villes se regardent de travers. La révolution industrielle conduisit les deux cités à miser sur les chantiers navals et à se concurrencer dans le domaine. Mais Newcastle allait progressivement prendre le pas sur sa rivale et s'enrichir. Aujourd'hui encore, malgré la crise qui a fait des ravages dans ce coin industriel de la Grande-Bretagne, Newcastle a tous les atours d'une ville bourgeoise, qui a fortement misé ces dernières années sur la culture, alors que Sunderland n'a pas su se réinventer, offrant au passant le visage d'une ville peu accueillante. Et même si depuis quelques années, les deux villes ont dû apprendre à cohabiter puisqu'elles font partie du même comté, les habitants continuent à se détester. En Angleterre, on considère d'ailleurs le derby de la Tyne and Wear comme le plus électrique, voire le plus dangereux. Pourtant, l'absence de trophées depuis 41 ans fait de ce derby une attraction principalement locale. Le regretté Bobby Robson avait beau déclarer que le derby de la Tyne and Wear " était le plus grand d'Angleterre ", seul le nord du pays s'enflamme aujourd'hui pour le match entre les pies de Newcastle et les chats noirs de Sunderland. Cependant, il fut un temps, au début du siècle, où le Nord régnait en maître sur le football. En 1913, les deux clubs totalisaient déjà huit titres de champion à eux deux. Et en 1901, alors que le stade de St-James Park ne comptait que 30.000 places, 70.000 personnes s'y étaient pressés (prenant place dans les arbres !) pour assister au derby. Pour réussir dans un des deux clubs, c'est bien simple : il faut marquer de son empreinte le derby. Ce qu'a réussi Peter Beardsley, natif de Newcastle, qui réussit un triplé en 1985 pour les Magpies. Ce que n'a par contre pas compris Ruud Gullit. En 1999, alors entraîneur de Newcastle, Gullit laisse le dieu vivant Alan Shearer sur le banc. Newcastle est battu 1-2 par Sunderland. Les fans se déchaînent et obtiennent la tête du Hollandais. ? PAR STÉPHANE VANDE VELDE