Malgré les nouvelles toujours aussi dérangeantes sur les matches truqués, l'intérêt pour notre foot reste intense. Au risque de paraître un brin cynique, on a la nette impression qu'on en parle encore plus que d'habitude dans le pays. L'intensité massive de l'attention rappelle d'ailleurs une conception publicitaire à l'emporte pièce qui dit - Qu'on dise du bien ou du mal d'un produit, ça vaut toujours mieux que de l'ignorer...
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Malgré les nouvelles toujours aussi dérangeantes sur les matches truqués, l'intérêt pour notre foot reste intense. Au risque de paraître un brin cynique, on a la nette impression qu'on en parle encore plus que d'habitude dans le pays. L'intensité massive de l'attention rappelle d'ailleurs une conception publicitaire à l'emporte pièce qui dit - Qu'on dise du bien ou du mal d'un produit, ça vaut toujours mieux que de l'ignorer... Il ne faut pas être naïf : il y a également pas mal de gens attirés par les nouvelles sensationnelles de l'affaire des rencontres truquées. Un polar. Sans oublier le fait que, comme l'ont mis en évidence sociologues et psychologues, le foot demeure dans l'imaginaire populaire un milieu viril où les matamores ont toujours droit de cité. Les joueurs entre eux ou à l'égard des arbitres, les dirigeants et les coaches vis-à-vis de la presse, les fans dans leur attirance pour le danger, etc. Tout le monde veut prouver qu'il est un homme ! Et dès qu'on parle de gangsters, c'est encore plus excitant. Mais au-delà de ces histoires de cow-boys et indiens, c'est surtout le moment de nettoyer ce qui doit l'être et de rappeler aux jeunes que même si des scandales éclatent (et celui-ci en est un fameux), le sport ce n'est pas ça. Bref, une excellente leçon de ce qu'il ne faut pas faire : la triche, ça pue ! Dans tous les autres pays touchés par la corruption née de matches truqués par les parieurs comme l'Italie avec le Totonero dans les années 80 ou l'Allemagne, le Brésil et le Portugal, avec les arbitres récemment, le foot attire toujours autant. Il est plus fort que tout et c'est encore plus vrai après un bon nettoyage. On espère qu'il sera de printemps chez nous. Malgré le dicton (populaire, cette fois) qui prétend que le crime ne paye jamais, le fait de parier sur son propre sport et d'influencer le résultat est aussi vieux que le sport pro. Des tas de boxeurs se sont couchés sur le ring pour laisser gagner l'adversaire. Les paris sur les matches sont toujours très courants en tennis auprès des coaches... et des joueurs. Et en février, la star mythique du hockey sur glace, le Canadien et jeune retraité Wayne Gretsky (qui dirige un club de NHL et était directeur des hockeyeurs canadiens aux JO de Turin) vient d'être entendu aux Etats-Unis dans une affaire similaire. Berk ! Mais l'ambiance dans les stades est quand même polluée. Mercredi soir, dans le match d'alignement entre le Standard et La Louvière, le public de Sclessin adressa une avalanche de -Vendu, vendu à l'arbitre en fin de partie. A tort, car des directeurs de jeu n'ont jamais fait l'objet de coïncidences troublantes pour l'instant dans l'affaire. Les fans qui vont au stade doivent donc faire preuve d'énormément d'autodiscipline et ne pas soupçonner tel gardien ou tel arbitre ou tel coach de vouloir tricher. Il faut profiter des matches sans penser à l'affaire et laisser mener l'enquête par ceux qui y sont habilités. Il est d'ailleurs acquis que le championnat ne sera pas neutralisé et que le classement final sera maintenu. Si des clubs veulent, une fois la lumière établie, demander des dommages et intérêts aux tricheurs démasqués, ce sera à la justice de s'en occuper. Mais revenons à ce fameux Standard-La Louvière. Il nous a énormément fait songer au dernier derby Anderlecht-Brussels, il y a dix jours. Les deux clubs de pointe ont eu un nombre impressionnant d'occasions réelles de marquer mais en ont raté pas mal. Finalement, les Mauves ont simplement eu moins de malchance que le Standard (car c'est bien de cela qu'il s'agit). Les Mauves ont marqué deux buts et ont eu le bonheur de voir deux ballons extrêmement chauds passer dans leur petit rectangle sans être transformés. Alors qu'à Sclessin, les Rouches n'ont inscrit qu'un goal et que les Loups ont marqué un but quasiment sans le faire exprès, profitant d'un rebond causé par un terrain dans un état lamentable. Quatre jours plus tard, le Standard confirmait ses bonnes dispositions pour obliger Bruges au nul sur son terrain sans Sergio Conceiçao. Anderlecht se plaçait en tête avec deux points d'avance sur ses deux poursuivants. Tout reste possible... Sur le terrain aussi, le printemps sera chaud. John Baete