Nos clubs ont effectué, la semaine dernière, leur grande entrée sur la scène européenne. Certains avaient déjà goûté à l'ou ou l'autre amuse-gueule, mais les choses sérieuses ont commencé mardi (pour Bruges), mercredi (pour Anderlecht) et jeudi (pour Genk). Nos représentants ont connu des fortunes diverses. Ces rendez-vous précoces constituent toujours des pièges extrêmement dangereux.
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Nos clubs ont effectué, la semaine dernière, leur grande entrée sur la scène européenne. Certains avaient déjà goûté à l'ou ou l'autre amuse-gueule, mais les choses sérieuses ont commencé mardi (pour Bruges), mercredi (pour Anderlecht) et jeudi (pour Genk). Nos représentants ont connu des fortunes diverses. Ces rendez-vous précoces constituent toujours des pièges extrêmement dangereux. Le mois passé, à la veille de l'entrée en lice d'Anderlecht au deuxième tour préliminaire de la Ligue des Champions contre le Neftchi Bakou, une phrase de FrankieVercauteren (qu'il faut par ailleurs féliciter pour sa gestion du groupe) nous a fait tiquer : " Ce match survient un peu tôt, après trois ou quatre semaines de préparation ". Qu'est-ce qui l'empêchait d'entamer la préparation 15 jours plus tôt ? Rien, si ce n'est une certaine tradition qui veut que l'on entame cette préparation fin juin/début juillet, et que celle-ci soit calquée sur la date du début du championnat. Pourtant, vu la cagnotte qui est en jeu, nos clubs-phares jouent leurs matches les plus importants de la saison fin juillet/début août, puisque c'est alors qu'ils peuvent remporter les Euromillions. Or, ils abordent souvent ces échéances importantissimes sans être complètement rodés. Et si tout le football belge s'adaptait à la nouvelle donne continentale ? Le football a évolué. Aujourd'hui, pour nos clubs, la saison européenne ne s'étend plus de septembre à mai comme autrefois, mais de juin à décembre. L'époque où des clubs comme l'Antwerp ou Malines atteignaient les demi-finales ou la finale d'une compétition européenne est révolue. Nos représentants, à l'une ou l'autre exception près, ne passent plus l'hiver. En revanche, ils débutent en plein c£ur de l'été. L'UEFA ne s'adaptera pas à nous. Donc, adaptons-nous à l'UEFA. En commençant, par exemple, le championnat de Belgique 15 jours plus tôt. Le 21 juillet, pourquoi pas ? C'est une date symbolique pour notre pays. Cela obligerait nos clubs à commencer leur préparation 15 jours plus tôt également. Ils seraient donc mieux rodés pour aborder les grandes échéances européennes particulièrement précoces. Ils négligeraient sans doute moins, aussi, la fameuse Coupe Intertoto qui fait couler tant d'encre. Cessons de la snober. Que cela nous plaise ou non, il faut se rendre à la raison : la Coupe des Coupes n'existe plus, et aujourd'hui, pour les clubs qui ne font pas partie du Top 4, la Coupe àToto (comme certains la surnomment ironiquement) est devenu un passage obligé. En France, lorsqu'un club est 10e à deux journées de la fin, il s'enthousiasme : - Siongagnelesdeuxderniersmatches, on aencoreunechancedesequalifierpourl'Intertoto ! En Belgique, lorsqu'un club est qualifié, il répond : - Non, merci, celanenousintéressepas ! Parce que les affiches proposées ne sont pas intéressantes ? Non, surtout parce que les dates proposées pour les rencontres bousculent les habitudes. Qu'on arrête de dire que l'Intertoto, ce n'est pas l'Europe. Les finales aller se disputaient la semaine dernière, avec Hambourg-Valence, Deportivo-Marseille et Cluj-Lens. Ce n'est pas l'Europe, cela ? Il n'y avait pas de club belge, mais un club roumain qui n'est probablement pas beaucoup plus fort mais sûrement plus enclin à travailler en plein été. Considérer l'Intertoto comme une compétition attractive passe aussi par un changement de mentalité. En juillet, Gand a affronté Valence, deux fois champion d'Espagne au cours des trois dernières années. Aucune chaîne belge n'a retransmis l'événement. Elles ont préféré, ce jour-là, diffuser des matches amicaux de Bruges et du Standard. C'est significatif. Commencer le championnat de Belgique 15 jours plus tôt, afin d'augmenter les chances de nos clubs sur la scène européenne, sous-entendrait évidemment de terminer le championnat précédent plus tôt également. Mais où est le problème, si nos footballeurs professionnels prennent congé du 15 mai au 15 juin, plutôt que du 1er au 30 juin ? Il y en a un, et de taille : les rendez-vous de l'équipe nationale. Trouver une solution à cet épineux problème est sans doute compliqué, mais cela mérite qu'on y réfléchisse. Daniel DevosL'UEFA ne s'adaptera pas à nous. Donc, ADAPTONS-NOUS à l'UEFA