La défaite contre les Etats-Unis, en demi-finale de la Coupe des Confédérations, a au moins démontré que l'Espagne n'était pas invincible. De là à dire que la Belgique aura ses chances, samedi à La Corogne, il y a de la marge. Car Vicente Del Bosque est ambitieux : il vise carrément le toit du monde.
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La défaite contre les Etats-Unis, en demi-finale de la Coupe des Confédérations, a au moins démontré que l'Espagne n'était pas invincible. De là à dire que la Belgique aura ses chances, samedi à La Corogne, il y a de la marge. Car Vicente Del Bosque est ambitieux : il vise carrément le toit du monde. VicenteDelBosque : On n'y est pas encore, à la Coupe du Monde. Avant de penser à l'avenir, il faut envisager le présent. Mais il est clair que le fait d'avoir participé à la Coupe des Confédérations nous a permis d'avoir une petite idée de ce qui nous attendra l'an prochain. Ce fut une expérience très utile. Cette épreuve nous a aussi permis de voir à l'£uvre l'un ou l'autre nouveau joueur, surtout dans l'entrejeu, mais on doit s'efforcer de garder la même ossature afin de ne pas perdre cette cohésion qui avait fait notre force à l'EURO 2008. Peut-être, mais on doit rester attentif à ce qui se passe dans les catégories d'âge : les -21 ans et même en-dessous. Des jeunes ont déjà intégré le noyau A : Gérard Piqué, Bojan Krkic, Juan Mata, Sergio Busquets et Diego Capel. Ce sont des joueurs déjà rompus au plus haut niveau et qui peuvent nous rendre des services si on en a besoin. On a appelé Piqué et Busquets en Selección au bon moment. On connaissait déjà Gérard de longue date à la fédération : il joue en équipe nationale depuis les -17 ans. Bojan et Capel ont déjà reçu leur chance et la recevront encore. Bojan est encore un gamin, mais il a un talent énorme. Il a démontré, par moments, qu'il pouvait tenir son rang. On le ménage aussi au FC Barcelone, où Pep Guardiola - comme Frank Rijkaard avant lui - essaie de ne pas le brûler. Mais chaque fois qu'il a joué, il a été brillant. Oui, bien sûr. Mais le problème, c'est qu'on a déjà Fernando Torres et David Villa aux avant-postes. Les autres doivent, pour l'instant, se contenter d'un rôle de suppléant. C'est le cas de Negredo, qui a livré une saison extraordinaire avec Almeria et s'apprête à relever un nouveau défi avec le FC Séville ; de Fernando Llorente, qui est le nouveau joueur-référence de Bilbao ; mais aussi de l'autre Llorente - Joseba - qui joue à Villarreal ou encore de Daniel Güiza. Oui, même s'il a connu une saison relativement difficile avec le Real Madrid. Il va entrer dans l'histoire du football espagnol. On a beaucoup de bons gardiens en Espagne : Pepe Reina, Diego Lopez, Andrés Palop, Victor Valdés, Daniel Aranzubia, Gorka Iraizoz... et même Toño du Racing Santander, qui a aussi été très bon la saison dernière. Il a livré une grande saison avec Barcelone, ce qui est moins évident qu'on ne le croit, car il n'a pas beaucoup de travail à chaque match mais doit répondre présent à chaque fois qu'on a besoin de lui. La plupart du temps, il l'a fait : il s'est montré dynamique, vif, attentif. Je l'apprécie beaucoup, mais il faut faire des choix. Je ne suis pas obligé de dire du bien de lui et pourtant je vais le faire : je l'apprécie beaucoup comme être humain et comme footballeur. Il n'est pas aussi âgé que cela. 31 ans, c'est loin d'être un âge canonique pour un footballeur. Mais j'ai hérité de l'équipe constituée par mon prédécesseur, Luis Aragonés, et comme elle fonctionnait, je n'ai pas éprouvé la nécessité d'y apporter beaucoup de changements. Je ne sais pas. En football, on ne peut jamais dire jamais. Les portes de la Selección ne sont pas fermées pour Raul. Si, en cours de saison, il se montrait tellement fort qu'il surclassait les autres attaquants espagnols, je pourrais revoir mon jugement. La Selección a acquis un grand prestige en Europe, et ce n'est pas pour rien que l'UEFA nous a cités en exemple. Nous sommes en train de vivre une période historique, pas uniquement à cause du titre de champion d'Europe conquis en 2008 mais aussi par la manière dont il a été obtenu. Aujourd'hui, dans le monde entier, on parle de l'Espagne comme d'une bonne équipe nationale. Il n'en a pas toujours été ainsi. Et la visibilité qu'offre internet a encore accentué le phénomène. Oui. Je sais que, lorsque l'on évolue avec deux attaquants, les autres joueurs ont un rôle moins offensif, mais le plus important est que l'on ait un style de jeu reconnaissable. Je pense que c'est le cas. On reconnaît l'Espagne à sa circulation du ballon, à son jeu sans ballon également. Après, le petit schéma tactique avec un ou deux attaquants, ce n'est qu'un dessin.