Les jeunes footballeurs africains, dit-on, sont appréciés pour leurs grosses qualités athlétiques et techniques, mais manquent de cette rigueur tactique qu'ils n'apprendront qu'au contact des pros européens. Or, une technicité plus débridée, plus créative, doit aboutir à des matches plus ouverts. D'où, petite synthèse optimiste : la CAN, avec des protagonistes qui se retrouvent entre eux et sont loin d'être tous européanisés, devrait nous offrir davantage de buts qu'à l'ordinaire !
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Les jeunes footballeurs africains, dit-on, sont appréciés pour leurs grosses qualités athlétiques et techniques, mais manquent de cette rigueur tactique qu'ils n'apprendront qu'au contact des pros européens. Or, une technicité plus débridée, plus créative, doit aboutir à des matches plus ouverts. D'où, petite synthèse optimiste : la CAN, avec des protagonistes qui se retrouvent entre eux et sont loin d'être tous européanisés, devrait nous offrir davantage de buts qu'à l'ordinaire ! C'est faux, c'est même chaque fois l'inverse. Les CAN sont pauvres en buts, l'édition 2015 (2,06 par 90') n'a pas dérogé. Alors, que croire ? Que le foot occidental est en fait plus débridé que l'africain, ou qu'il n'est pas réellement plus tactique, ou que les Georges Leekens et autres sorciers blancs ont jugulé la créativité noire, ou que les défenseurs d'Afrique (baraqués) fichent la trouille aux attaquants d'Afrique (plus félins) ? Mystère et boule de gomme. L'apothéose foireuse de cette CAN, ce furent en tout cas 4 h de jeu sans but, au cours des petite et surtout grande finales avec prolongations : même si nous fûmes contents pour Boubacar Barry Copa, roi d'un jour de la comédie des tirs au but, et gentil garçon... Là-dessus, symbole joli, paraît l'agenda de l'A.G. du Board (*) : suggérée par les penseurs de la FIFA, l'autorisation d'un 4e remplacement lors de prolongations sera soumise au vote le 28 mars à Belfast. Motif : vu que ces 2x15' se jouent souvent pour du beurre et sans but (c'est vrai), un homme frais supplémentaire donnerait du peps, du spectacle, des buts. Ça, c'est faux : l'autorisation sera votée, mon petit doigt me le dit, mais elle n'amènera rien. Si les prolongations s'avèrent inopérantes, ce n'est pas parce que les gars sont crevés, c'est parce que leur trouille augmente de la 90e à la 120e : c'est bête, mais c'est comme ça. Pour gaoler à gogo durant cette ultime demi-heure, faut faire l'inverse, RETIRER des joueurs : 10 contre 10, puis 9 contre 9, puis 8 contre 8... et on termine à 7 contre 7, durant 7'30" sur un terrain devenu énorme pour 14 gars époumonés ! Là, je vous fiche mon billet qu'il y aura de la tactique, des coaches innovants, des espaces, des chevauchées, des ébahissements, des gardiens troués... et rarissimement le recours au triste suspense des tirs au but ! A Belfast, on attend de l'IFAB deux autres décisions. D'une part, une plus grande flexibilité de remplacements dans le football de base/loisir (sic). Whynot, même s'il est navrant que le loisir (qui finit quand ?) soit ainsi opposé au foot du top (qui commence quand ?) : alors que nos décideurs continuent de prétendre fièrement que leur jeu doit sa popularité à des règles planétaires, quel que soit le niveau... D'autre part, butnotleast, le débat sur la triple peine (péno-exclusion-suspension), au menu depuis 2010, devrait trouver un épilogue (mais c'est pas sûr). Elle porte mal son nom, c'est une double peine : la suspension qu'entraîne le carton rouge ne dépend pas du Board, chaque fédé étant libre de juger l'exclusion suffisante ! Ensuite, j'ai un truc pour aboutir à une simple peine suffisamment punitive : au moment où le penalty est sifflé, l'arbitre ne brandit rien au fautif. Et APRÈS le botté, il lui brandit jaune s'il y a but ou rouge si le péno est raté ! Ne vous marrez pas, une peine similaire à options figure déjà dans la Loi12. Il y est question d'une occasion de but manifeste qu'un attaquant se ménage par une longue course vers le but, malgré le hands préalable d'un défenseur ou malgré une faute meurtrière à laquelle il a résisté, l'arbitre ayant appliqué l'avantage : le défenseur sera exclu au cas où l'attaquant loupe son coup, mais ne sera qu'averti au cas où l'attaquant met la balle au fond ! Le saviez-vous ? (* ) IFAB, International Football Association Board, maître des Lois du Jeu depuis 1882 : et, de ce point de vue, maître d'une FIFA née seulement en 1904... Si les prolongations s'avèrent inopérantes, ce n'est pas parce que les gars sont crevés, c'est parce que leur trouille augmente de la 90e à la 120e.