Alex Jacobs

Ariel Jacobs : " Je n'étais pas pressé de m'affilier dans un club. Il n'y avait pas de Préminimes ni de Diablotins. Je me rappelle que, pour mes 11 ans, mon père m'avait promis un cadeau dont je me souviendrais toute ma vie (laconique). Je ne cache pas que j'ai été déçu de recevoir l'équipement vert et blanc de Diegem. Mon père n'a jamais joué au foot et ne pouvait donc pas m'apporter grand-chose techniquement mais, du point de vue de la rigueur, il était très exigeant. Il m'a prévenu : si j'étais exclu, je ne pourrais plus jamais jouer. Je ne l'ai pas oublié et j'ai toujours essayé d'inculquer le respect à mes enfants comme à mes joueurs. Je suis fier de n'avoir été suspendu qu'une seule fois, pour trois cartes jaunes. Mon père m'a également toujours appris à jouer simplement. Chez les jeunes, j'avais dribblé trois hommes et délivré un assist mais je me suis fait engueuler ".
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Ariel Jacobs : " Je n'étais pas pressé de m'affilier dans un club. Il n'y avait pas de Préminimes ni de Diablotins. Je me rappelle que, pour mes 11 ans, mon père m'avait promis un cadeau dont je me souviendrais toute ma vie (laconique). Je ne cache pas que j'ai été déçu de recevoir l'équipement vert et blanc de Diegem. Mon père n'a jamais joué au foot et ne pouvait donc pas m'apporter grand-chose techniquement mais, du point de vue de la rigueur, il était très exigeant. Il m'a prévenu : si j'étais exclu, je ne pourrais plus jamais jouer. Je ne l'ai pas oublié et j'ai toujours essayé d'inculquer le respect à mes enfants comme à mes joueurs. Je suis fier de n'avoir été suspendu qu'une seule fois, pour trois cartes jaunes. Mon père m'a également toujours appris à jouer simplement. Chez les jeunes, j'avais dribblé trois hommes et délivré un assist mais je me suis fait engueuler ". " Jos Peeters, qui est aujourd'hui mon beau-père, a été mon premier entraîneur. Il m'a aligné comme ailier gauche et j'y ai appris à jouer des deux pieds. La deuxième saison, il m'a aligné en pointe. J'ai marqué trois buts pour mon premier match et je n'ai plus quitté ce poste. J'ai débuté en équipe Première de Diegem à l'âge de 16 ans. Nous sommes descendus de P1 en P3. Etienne Borré, l'entraîneur, venait de D3 et nous a appris à structurer l'équipe. En peu de temps, nous avons rejoint la Promotion. A l'époque, j'ai aussi commencé à entraîner les jeunes de Diegem. A 21 ans, je suis parti à Halle, où on m'avait promis un emploi à l'OTAN. Un an plus tard, je suis revenu à Diegem. J'ai encore joué à Diest mais ce fut une erreur car je manquais de vitesse pour être attaquant en D2 ". " J'ai été joueur-entraîneur de Diegem pendant trois saisons. J'avais 29 ans et j'ai aussi commencé à entraîner l'équipe nationale des -16 ans. Dès l'âge de 26 ans, j'avais suivi les cours d'entraîneur. J'étais interprète à l'OTAN et je consacrais mes jours de congés aux stages ou aux tournois de jeunes. J'ai ensuite entraîné les -18 ans et les Espoirs. En septembre 1989, je n'avais plus un seul jour de congé. Je suis allé trouver Alain Courtois pour lui dire que j'arrêtais mais il m'a demandé un peu de patience, le temps de me donner un statut d'employé. Le 1er janvier 1990, je suis entré à la cellule marketing de l'Union Belge ". " Je suis entré à la Fédération à un moment bizarre : Walter Meeuws avait été limogé et on ne parlait que de communautaire. En février, Guy Thys a accepté de revenir à condition d'avoir deux adjoints : Michel Sablon et moi. Là, j'ai été confronté pour la première fois au football de haut niveau. C'était un grand pas en avant car les Belges se sont qualifiés pour le Mondial. J'étais fier de faire partie d'un groupe qui produisait du bon football et aurait mérité de gagner face à l'Angleterre. Thys nous impliquait beaucoup dans ses choix. A la 110e minute du match à Bologne, il nous a fait signe de préparer une liste pour les tirs au but. Quand David Platt a marqué, il a donné un coup de pied dans le vide, a cédé son stylo et son papier à Michel Sablon puis est rentré au vestiaire sans un regard. Il savait que c'était fini et qu'on ne pourrait rien y changer : la vie continuait. Moi, j'étais impressionné, frustré, fâché, impuissant. Il y avait des larmes, tout le monde était vidé. Mais cette Coupe du Monde fut une expérience fantastique ". " J'entraînais les Espoirs et les -18 ans mais je souhaitais travailler plus en profondeur. Je voyais ce qui n'allait pas chez les jeunes et ces problèmes remontent aujourd'hui à la surface : nous manquions de technique et de joueurs à certains postes, comme celui de médian défensif. Je voulais changer les choses, faire jouer les Diablotins sur de petits terrains, mais je me heurtais à un tas de règlements. Pour faire passer une idée, il fallait l'aval d'un nombre incalculable de commissions et il n'en restait finalement rien. Les Français n'ont mis que quelques années pour changer les mentalités et fonder les centres de formation. Nous pas ". " J'étais frustré, et quand le RWDM est venu pour la deuxième fois à la charge, en décembre 1998, j'ai accepté. Ce ne fut pas un succès mais les circonstances étaient difficiles : pas de terrains, pas de structure, pas d'argent. Lors de la troisième saison, la direction m'a mis la pression. Les problèmes financiers étaient insurmontables. Les joueurs voulaient quitter le terrain, je les en ai empêchés. Chaque jour, il y avait des factures, des huissiers. J'ai aidé Paul Kpaka à déménager parce que personne ne voulait le faire. J'effectuais un travail de l'ombre qui n'était pas apprécié. Freddy Smets était directeur technique mais je ne l'ai jamais vu, même pas après l'annonce de mon limogeage. En janvier 2001, alors que je n'étais plus payé depuis 5 mois, Eric De Prins et le soi-disant investisseur Charles Simar m'ont proposé un contrat de cinq ans, avec plus de responsabilités. J'ai voulu attendre un peu mais mi-avril, après un nul contre Visé, j'étais viré ". " Après le RWDM, j'ai failli travailler à l'Antwerp. Eddy Wauters a été très correct : il m'a averti personnellement qu'il avait opté pour Wim De Coninck. A la mi-septembre, Roland Louf m'a contacté pour aller à La Louvière. Si j'avais su ce qui m'attendait, j'aurais refusé. C'était le Far West. Tout le monde faisait ce qu'il voulait avec l'argent de Filippo Gaone. Il n'était jamais là et au courant de rien. Seul Louf travaillait vraiment. A la trêve, nous étions derniers mais, soudain, nous avons pris des points et la machine s'est mise en route. Jusqu'à la curée suivante. J'ai repris la préparation avec 12 joueurs. Nous avons, malgré tout, remporté la Coupe de Belgique et cela a fait du bien au club. Ma grande satisfaction, c'est d'avoir construit quelque chose avec peu de moyens. Et en trois ans, je n'ai jamais eu le moindre problème avec Gaone. J'étais d'accord de rester mais on ne pouvait me donner aucune garantie ". " J'avais des offres de La Gantoise et de Lokeren mais Genk m'a ensuite approché. D'abord pour être entraîneur mais, quand il a vu que j'avais une vision des choses plus larges, Jos Vaessen a plutôt pensé à une fonction de directeur technique. J'ai accepté sur un coup de tête. Je n'ai jamais eu de problèmes avec lui mais le budget détermine tout. Et à Genk, comme il fallait finir de payer le stade, il ne restait pas grand-chose. Cela dit, ce n'est pas le club qui m'a énervé, c'est le boulot. Il n'est pas simple de diriger un club d'un petit pays. Les transferts internes demandent beaucoup d'énergie. Demandez à Marc Degryse ou Herman Van Holsbeeck. Le travail au quotidien avec les joueurs me manquait aussi. J'ai eu la chance qu'on ne m'avait pas oublié. Mouscron m'avait déjà demandé de succéder à Paul Put mais Genk avait refusé. Cet été, les Hurlus sont revenus à la charge mais le suspense pour l'obtention de la licence a duré trop longtemps. On a reparlé de moi dans les journaux et Roger Lambrecht est venu me voir. C'est ainsi que j'ai signé à Lokeren ". MATTHIAS STOCKMANS