Quelle est votre philosophie de jeu ?
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Quelle est votre philosophie de jeu ?Celle qu'on a vue contre Anderlecht : exploiter au maximum les qualités de nos joueurs, en partant d'un travail collectif de récupération. A partir de là, on n'a pas besoin de faire 36 passes pour arriver au but. Si ceux qui me reprochent mon style de jeu regardaient les matches de Ligue des Champions, ils verraient qu'avec trois passes, on est devant le but... Anderlecht nous a laissé des espaces et on a pu les exploiter. Et surtout exploiter les qualités de Tchité, Cyriac et Carcela. Le foot, c'est jouer sur toute la largeur du terrain et passer par les flancs. Je ne sais pas pourquoi on en revient toujours aux longs ballons... Sans doute parce qu'il y en beaucoup plus qu'avant ? Je n'ai jamais demandé aux défenseurs de jouer directement sur l'attaquant. On a inventé cette histoire de longs ballons et c'est resté. C'est une invention ! Car toutes les équipes, à un moment donné, jouent long. Au Standard, il suffit qu'il y ait une longue passe sur un match pour entendre certains dire :- Regarde un peu, on balance. Certains de vos joueurs comme Defour ont critiqué ces ballons qui passaient au dessus de leur tête. Comment expliquer cela ? Sans doute parce que c'est une équipe jeune, qui manque de personnalité, dans des rencontres où on note l'absence d'animation au sein de l'entrejeu. Avec la pression, les défenseurs se débarrassent du ballon. Comme Léonard le faisait aussi. Mais on n'a jamais critiqué André Cruz qui faisait des passes de 60 mètres à Henk Vos. On ne parlait pas de longs ballons. On disait que c'était exceptionnel. Comme le but de Mbokani contre l'Olympiacos. Vous ne pouvez pas nier que cela jouait plus au sol sous Bölöni ? Mais il y avait plus d'individualités. Tu donnais le ballon à Dalmat, Jovanovic ou Mbokani et ils le gardaient. Cependant, ce n'est pas dans ma philosophie de football de faire 36 passes. Je n'aime pas le tic-tac. Tu as 60 % de possession de balle mais tu n'as pas une occasion ! Le football, c'est avoir des occasions. Comment ? En exploitant au maximum ses qualités offensives et les faiblesses défensives de l'adversaire. Vous êtes donc davantage porté sur le foot anglais que sur celui de l'équipe d'Espagne ? On n'est pas le Real ni le Barça. Quand je parle de verticalité, cela peut être une balle à cinq mètres. Avec une passe, on peut battre deux joueurs mais il faut aller dans les intervalles. On a aussi critiqué le Gand de Michel Preud'homme parce qu'il utilisait de longs ballons. Mais cette équipe a terminé vice-championne ! On a trop souvent tendance à confondre " balancer " et " long ballon ". Quand on est battu à 10 minutes de la fin, on peut balancer devant et jouer sur le deuxième ballon. Mais ma philosophie de jeu, ce n'est pas ça. Par contre, une transversale, c'est magnifique, c'est une arme footballistique. En Coupe d'Europe, on ne voit que de la verticalité. Comment avons-nous battu le Panathinaïkos ? Si on avait voulu rivaliser avec eux sur le plan technique, on n'aurait eu aucune chance. Il fallait exploiter les espaces et on leur a marqué trois buts. Aujourd'hui, on oublie que cette équipe en avait mis six à l'AS Rome et que Salzbourg restait sur un 18 sur 18.