Une semaine avant l'important voyage à Anderlecht, Michel Preud'homme a évoqué la rumeur qui l'a déjà transformé en futur directeur technique et coach des Diables Rouges. Ce n'était peut-être pas le moment pour les Standardmen de s'encombrer l'esprit mais cette éventualité, lancée par le Soir, avait été confirmée par les huiles de l'Union Belge. Il fut même question d'une récente rencontre au sommet mais l'entraîneur de Sclessin a démenti cette information.
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Une semaine avant l'important voyage à Anderlecht, Michel Preud'homme a évoqué la rumeur qui l'a déjà transformé en futur directeur technique et coach des Diables Rouges. Ce n'était peut-être pas le moment pour les Standardmen de s'encombrer l'esprit mais cette éventualité, lancée par le Soir, avait été confirmée par les huiles de l'Union Belge. Il fut même question d'une récente rencontre au sommet mais l'entraîneur de Sclessin a démenti cette information. La grande maison de verre était-elle sur le point de commettre le même coup qu'en 1997 quand Michel D'Hooghe harponna Georges Leekens à Mouscron ? Cette pêche miraculeuse requinqua indiscutablement l'équipe nationale mais ce fut une catastrophe pour les Hurlus. Les Hennuyers gambadaient en tête de la D1. Leurs chances dans la lutte pour le titre semblaient évidentes. La trahison de Leekens les arrêta dans leur élan. Mouscron paya donc la note, fut le dindon de la farce, le cocu de cette liaison. Le Standard a évidemment plus de métier que l'Excelsior dans la maison de passes que peut parfois être la D1. On rigole quand Leekens y trompe son monde à la moindre occasion. Lui qui arrive à flirter à Gand avant de se précipiter dans d'autres bras à Lokeren. A chacun son style et l'histoire de MPH est forcément différente. Un journal a même affirmé que le T1 du Standard pourrait devenir très vite le directeur technique de l'équipe nationale mais que le coaching serait confié à Jean-François de Sart jusqu'en fin de saison, ce qui lui permettrait de préparer les Espoirs (largement présents en équipe nationale A) sur la route de Pékin. Ce scénario semble difficilement réalisable. Preud'homme n'a déjà pas une minute à lui dans l'exercice de ses responsabilités au Standard. Et cela ne s'arrangera pas au cours de la saison, surtout si son groupe confirme l'étendue de ses ambitions sur le haut de la vague. Avec le temps, après avoir fréquenté les bureaux du Standard et de l'Union Belge, il s'est rendu compte que le terrain : c'est son truc. Ce lieu d'expression est un laboratoire plus intéressant pour lui que les couloirs du pouvoir. Avec son costume trois pièces, il avait été roulé sous les boules de l'Atomium où on lui avait promis des tas de postes importants. MPH y a été utilisé, presque manipulé. Les pontes ont puisé dans ses idées et, comme il était cher, on l'a découragé. Au Standard, d'autre part, on lui reprocha probablement le choix de JohanBoskamp. Son univers s'assombrissait mais MPH a sept vies et s'est accordé de nouvelles tranches de libertés en prenant la succession du colosse hollandais à la dérive. Il ne dépendait plus de personne, s'accordait même une liberté de man£uvre par rapport à la haute direction du Standard. Ses avis techniques sont forcément plus crédibles que ses idées dans la gestion d'un club. Il a abattu un travail très important la saison passée en rassemblant ce qui pouvait l'être et décrocha un billet européen en fin de saison. On n'a peut-être pas assez insisté sur la valeur de cette récolte. Il ne lui manqua que la cerise sur le gâteau : la Coupe de Belgique. Ce jour-là, MPH a certainement été surpris par le coaching de Cedomir Janevski qui gagna, notamment, la bataille physique de l'entrejeu. C'était pourtant le moment d'écrire la première ligne ce son palmarès de coach. Cette défaite signifiait aussi qu'il restait du pain sur la planche. En bon boulanger, MPH a les mains dans la farine. Le boulot accompli depuis le début de la campagne actuelle est impressionnant. Les Liégeois se sont séparés de quelques anciens dont les médailles pesaient trop lourd. Les Rouches ont confié leur brassard à un jeune de 19 ans ( StevenDefour) et confirmé leur confiance à l'égard des teenagers de leur centre de formation. A l'Académie Robert Louis-Dreyfus, MPH a concocté le meilleur cocktail des stades de D1. Il y a bien eu un hiatus ( Oguchi Onyewu aligné en pointe contre Zenit Saint-Pétersbourg) mais le Standard pratique généralement le plus beau jeu de D1. Les Liégeois sont offensifs, spectaculaires, tout en étant invaincus en championnat. Le bilan actuel est magnifique. Une équipe, une ambition et une philosophie sont en place mais il faut désormais entrer dans la continuité. Un changement radical de cap en fin de saison serait peut-être néfaste. Même avec Eric Gerets ou Sergio Conceiçao (cités par la rumeur), il faudrait à nouveau relancer la machine. MPH n'a pas terminé son job et on devine qu'il aimerait aller au bout de ses idées. Son point presse de vendredi passé était le début d'une partie de poker entre le coach et son club. Preud'homme est en fin de contrat. Il ne veut surtout pas donner l'impression de vouloir quitter Sclessin. Le Standard ne bouge pas pour le moment car les supporters n'admettraient pas que le club se sépare d'un coach qui les fait rêver. Qui veut quoi ? Après le match de Coupe de Belgique contre KVSK United (3-0), Preud'homme a rappelé qu'il désirait en savoir plus sur les intentions de sa direction, sans plus. Il accepterait facilement que son employeur actuel change de cap, donc de coach. Si c'était le cas, cela lui permettrait de préparer son avenir, d'étudier ce que d'autres lui proposeront. C'est une façon intelligente de mettre la pression sur la direction mais Luciano D'Onofrio n'est pas le premier joueur de cartes venu. Si MPH s'interroge à ce point-là, est-ce que cela signifie qu'il y a un éloignement entre l'entraîneur et l'homme fort de Sclessin ? Luciano attend peut-être des réponses avant de trancher. Et il en saura peut-être plus après Anderlecht-Standard. C'est un match phare, un examen important. Le patron attend peut-être des attitudes comme celle du Marseille d'un certain Gerets à Liverpool ou à Lyon. Si c'est le cas, MPH sera renforcé dans son rôle de coach qui fait du bon boulot. L'équipe nationale est un beau bâton de maréchal mais Preud'homme a encore beaucoup à apporter à la tête d'un club. La Fédération rêve de Preud'homme mais devra revoir ses plans si le Standard gagne au stade Constant Vanden Stock. Si c'est le cas, Preud'homme et Onofrio chanteront juste : " Ne me quitte pas. Il faut oublier. Tout peut s'oublier. Moi, je t'offrirai des perles de pluie venues de pays où il ne pleut pas. Ne me quitte pas, ne me quitte pas... " par pierre bilic - photos : reporters