L'introduction des demandes de licences auprès de l'Union Belge trahit les ambitions des clubs. Ils sont rares les clubs de D2 à avoir réclamé non seulement le sésame pour l'antichambre mais aussi pour l'élite. Le RWDM n'a jamais caché son envie de revenir dans la cour des grands tandis que Mons n'hésite plus à projeter son avenir en D1. En tout cas, le club a introduit son dossier.
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L'introduction des demandes de licences auprès de l'Union Belge trahit les ambitions des clubs. Ils sont rares les clubs de D2 à avoir réclamé non seulement le sésame pour l'antichambre mais aussi pour l'élite. Le RWDM n'a jamais caché son envie de revenir dans la cour des grands tandis que Mons n'hésite plus à projeter son avenir en D1. En tout cas, le club a introduit son dossier."A l'image de nombreux clubs, Mons dervait réaliser quelques aménagements du stade pour répondre aux normes", affirme Thierry Pister, qui apposera cette semaine sa signature pour une prolongation de contrat d'un an avec une option pour une seconde année. "Une nouvelle tribune devrait, de toute manière, être érigée en vue de la prochaine saison. Tandis qu'un audit financier s'occupe actuellement de situer les potentialités budgétaires exactes du club". Pour son come-back en D2, l'AEC Mons épate. Le maintien, objectif initial, a été rapidement acquis. Au point que la barre a été placée un cran plus haut : "Alors que nous sommes entrés dans la dernière ligne droite, nous courons toujours après un objectif : atteindre le tour final. Même si c'était inattendu, je ne demande pas qu'on m'applaudisse. Avec le noyau que la direction avait mis à ma disposition, ce n'est pas un exploit. Moi, j'ai besoin de défis, de pression. Lors des deux dernières saisons qui étaient en même temps mes premières en tant qu'entraîneur, j'ai été servi. Néanmoins, aujourd'hui, je sens que cela me manque un peu". L'an prochain, elle va revenir, la pression. Lors des discussions qui ont amené Thierry Pister à prolonger son expérience au stade Tondreau, les aspects sportifs ont bien évidemment été décortiqués. Avec une option très précise : "Le club ne veut pas attendre vingt ans pour rejoindre l'élite. Cette saison était celle de la stabilisation. Nous y sommes arrivés de manière plus lointaine que prévu. L'an prochain, l'accession au tour final sera un must. En cas d'échec lors du tour final, la saison suivante devra déboucher sur le titre. La direction m'a d'ores et déjà demandé de préparer physiquement, footballistiquement et mentalement l'équipe pour la D1". Reste que ce championnat, même s'il a dépassé les espérances, laisse déjà à son entraîneur un goût amer : "Je n'ai pas peur de dire que nous valons les quatre premiers du classement général. Alors que le championnat tire déjà à sa fin, je n'ai pas encore pu aligner à une seule reprise mon équipe-type. Depuis le début de la saison, je dois composer avec un minimum de quatre à cinq blessés. Pour le déplacement à Ingelmunster, ce fut le pompon avec dix absents. Et pas dix réservistes! J'ai également remarqué que nous avons encore trop tendance à privilégier le beau geste au détriment de l'efficacité. Certaines équipes de tête possèdent des joueurs méchants capables d'éliminer un adversaire du match. Je n'en ai pas et je n'en veux pas".L'AEC Mons et son président Maurice Lafosse aimeraient marcher sur les traces de l'Excelsior Mouscron qui a rejoint la D1 et est rapidement parvenu à s'y incruster. "Je ne tiens pas à parler des autres car je ne connais pas les situations exactes", affirme Pister. "Néanmoins, je remarque simplement qu'un club comme La Louvière a dû attendre la fin du tour final pour effectuer des transferts et que la majorité des acquisitions provenaient de la D2. Pour tenir la route en D1, c'était un peu court et cela coûte cher de rectifier le tir". Plusieurs joueurs ont déjà entamé des pourparlers en vue de rempiler à Mons mais il n'y aura pas de place pour tout le monde. Le club a grimpé d'un étage avec un noyau mais ne peut désormais garder tout le monde. "Le niveau de jeu a augmenté et les exigences aussi. Il est bien évident que nous effectuons un inventaire. Ce n'est pas une tare mais certains éléments sont trop justes pour la D2. D'autant que ceux que nous allons engager devront être capables de jouer le top de la division voire le bas de tableau en D1. Nous devons nous préparer à cette éventualité de rejoindre l'élite plus tôt que prévu". Le nom de Thierry Pister commence à circuler au sein de la profession des entraîneurs. Même s'il y a eu des heurts avec sa direction, le travail de l'ex-Standardman est apprécié. Sinon ses dirigeants ne lui auraient pas fait resigner pour deux saisons supplémentaires : "Je n'ai jamais caché mon objectif personnel : entraîner un jour en D1. Vais-je y arriver? Il faut un peu de chance. Néanmoins, je dois remercier Mons d'avoir fait confiance à un jeune entraîneur. J'ai évidemment commis des bourdes mais le club ne me les a pas fait payer cash".Jean-Marc Ghéraille