H enk ten Cate a été stupéfait, au premier entraînement du NAC Breda, de découvrir son nouveau, Orlando Engelaar (25 ans, 1,96 m, 90 kg), dans le maillot du Real Madrid. En fait, c'était symptomatique de la phase par laquelle le médian polyvalent passait : il n'avait que 21 ans (son numéro de maillot depuis lors) et n'était pas encore pleinement conscient des obligations au plus haut niveau. Depuis lors, Engelaar porte le maillot du RC Genk, où son apport, décisif ces dernières semaines, s'inscrit dans la lignée des progrès déjà accomplis à Feyenoord et au NAC. Henk ten Cate, l'ancien entraîneur du NAC, est maintenant adjoint à Barcelone :
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H enk ten Cate a été stupéfait, au premier entraînement du NAC Breda, de découvrir son nouveau, Orlando Engelaar (25 ans, 1,96 m, 90 kg), dans le maillot du Real Madrid. En fait, c'était symptomatique de la phase par laquelle le médian polyvalent passait : il n'avait que 21 ans (son numéro de maillot depuis lors) et n'était pas encore pleinement conscient des obligations au plus haut niveau. Depuis lors, Engelaar porte le maillot du RC Genk, où son apport, décisif ces dernières semaines, s'inscrit dans la lignée des progrès déjà accomplis à Feyenoord et au NAC. Henk ten Cate, l'ancien entraîneur du NAC, est maintenant adjoint à Barcelone : " Il a eu la malchance de se blesser à l'aine dès son premier match et il a peiné pour retrouver son niveau. A la longue, les membres du club ont commencé à douter de ses aptitudes. Pas moi. Je lui ai volé dans les plumes : je le trouvais trop gentil. J'estimais qu'il devait être plus brutal, mieux exploiter sa robustesse, y compris en dehors du terrain. Pour lui, ce fut une leçon de vie : il devait se montrer davantage, se mettre en valeur, être convaincu de ses propres qualités et ne pas penser que les autres étaient meilleurs. Ce n'est pas un trait néerlandais et ça m'avait frappé. Il a besoin de temps mais tout dépend de lui à Genk, car en football, on n'obtient pas toujours le crédit de temps nécessaire. Je ne pense pas qu'il ait atteint son plafond. Dans un an ou deux, il pourra effectuer un pas supplémentaire. Il a une excellente technique, il man£uvre vite, il a un tir fantastique et une bonne vista. Orlando est un joueur complet. Son démarrage pourrait être meilleur mais ce problème est lié à sa grande taille. Je l'ai fait commencer sur le flanc car nous n'avions personne d'autre mais ensuite, il a évolué dans l'axe de l'entrejeu ou derrière l'avant-centre. Il peut aussi évoluer en pointe, dos au but, ce qui n'est pas donné à tout le monde. Orlando est très puissant... On ne s'en rend pas toujours compte mais la question, c'est : avec quelle force s'engage-t-il dans les duels ? S'il a la volonté de gagner son duel, nul ne le battra. En revanche, s'il se demande ce qu'il va en tirer, il perdra. L'ambiance l'influence beaucoup ". Rob Baan, ancien directeur technique de Feyenoord, occupe cette fonction à Al-Jazira, aux Emirats Arabes Unis. " A 17 ans, il a été opéré des ligaments croisés du genou. Il a perdu trois trimestres et surtout une des phases les plus cruciales de sa formation. Quand Feyenoord l'a prêté à l'Excelsior, qui militait alors en D2, il a dû se battre pour retrouver sa forme et atteindre le niveau requis. Ensuite, il a porté son choix sur le NAC, car il voulait évoluer en Eredivisie. Feyenoord ne pouvait lui offrir aucune garantie de jouer car, à ce moment, ThomasBuffel et ShinjiOno étaient en train d'éclater à sa position. Certains, comme RobinVan Persie, sont de véritables comètes, tandis que d'autres, comme PaulBosvelt, progressent pas à pas. La maturation d'Orlando a pris du temps. Sur le terrain, il n'est pas le plus rapide non plus mais il a développé un don : celui de penser très vite. Avec cet atout, on peut briguer l'élite. J'ai essayé de le réembaucher à Feyenoord mais ses exigences financières étaient trop élevées ". Eduard Burleson, manager du NAC : " Les deux parties doivent évidemment trouver un accord. Des clubs anglais et l'Ajax s'intéressaient aussi à lui mais il n'en est rien ressorti de concret. Les clubs anglais ont l'habitude de suivre un joueur très longtemps. Ils en sont restés à ce stade. Genk, en revanche, s'est montré très concret. Il fallait donc prendre une décision. Orlando était choyé au NAC. Il ne savait pas grand-chose de Genk ni du championnat belge mais après avoir assisté à un match et discuté avec les dirigeants, il a été agréablement surpris par le football belge. Découvrir un autre championnat n'est pas mauvais pour le développement d'un joueur. En principe, on peut attendre plus longtemps mais encore faut-il être sûr qu'il y aura des offres concrètes. Nous avons donc décidé que Genk constituerait l'étape suivante. Je trouvais ce choix bon. Il n'est pas encore à son plafond. Le football néerlandais est très tactique et technique tandis que le belge est plus physique et un rien plus rapide. Il faut s'y adapter. Il devait aussi faire la connaissance de sa nouvelle équipe mais cette perspective ne m'a pas effrayé : je sais ce dont il est capable. A Feyenoord, il a atteint l'équipe B et on lui a offert un contrat mais il trouvait que ça traînait trop : des joueurs du même âge, contre lesquels il avait joué, se retrouvaient en équipe fanion de l'Ajax. Il s'est impatienté. Maintenant, deux équipes de Bundesliga le suivent ". SándorPopovics, responsable du scouting au NAC : " Il s'est vite développé parce qu'il est avide d'apprendre, ce qui en fait un joueur agréable pour un entraîneur. Il était inconnu à son arrivée au NAC mais à la fin, il en était un élément clef. Quand on l'utilise bien, il constitue une fameuse arme. Il est chaleureux, compréhensif, patient et respectueux. Il vous rend au quintuple ce que vous faites pour lui. C'est vraiment un chouette gars. Avec René Vandereycken, la combinaison doit être fantastique. Un Néerlandais s'adapte toujours plus difficilement en Belgique que l'inverse. Nous travaillons moins le physique et nous laissons plus d'espaces, je pense. Les Belges jouent davantage pour ne pas perdre. La transition est donc compliquée mais une chose est sûre : il n'est jamais plus fort que quand il peut filer vers le but, à plein tube. Son meilleur ami, Ferry Van Vliet, avec lequel il se rendait chaque jour au club, est décédé dans un accident de la circulation, avec son amie, un jour, alors que, par hasard, Engelaar n'avait pas effectué le trajet avec lui. Il en a été malade pendant des semaines et ses prestations en ont pâti mais il vit pour son sport, comme toute sa famille. Chaque année, les Surinamiens du championnat néerlandais jouent un match caritatif. C'est là que Henk ten Cate l'a remarqué et l'a fait transférer au NAC ". Raoul De Groote" Il peut aussi évoluer en pointe, DOS AU BUT, ce qui n'est pas donné à tout le monde " (Henk ten Cate)