J ean-Marc Guillou, le parrain de l'armada ivoirienne de Beveren a fait ses valises l'an dernier et Walter Meeuws, actif ces dernières années au Maroc, aux Emirats, en Turquie et au Qatar, a pris sa place comme manager à l'anglaise, c'est-à-dire directeur technique et entraîneur. A présent il y a quatre à cinq non-Ivoiriens dans les rangs de l'équipe A et des anciens serviteurs comme David Van Hoyweghen, Davy Theunis et Kristof Lardenoit sont revenus. Les Jaune et Bleu ont aussi transféré le médian français Laurent Macquet et les attaquants Pavel Buskiewicz (un Polonais de 1m89) et ...

J ean-Marc Guillou, le parrain de l'armada ivoirienne de Beveren a fait ses valises l'an dernier et Walter Meeuws, actif ces dernières années au Maroc, aux Emirats, en Turquie et au Qatar, a pris sa place comme manager à l'anglaise, c'est-à-dire directeur technique et entraîneur. A présent il y a quatre à cinq non-Ivoiriens dans les rangs de l'équipe A et des anciens serviteurs comme David Van Hoyweghen, Davy Theunis et Kristof Lardenoit sont revenus. Les Jaune et Bleu ont aussi transféré le médian français Laurent Macquet et les attaquants Pavel Buskiewicz (un Polonais de 1m89) et Ivan Bozic (un Croate de 1m86). Sur le terrain, on n'a pas vu grand-chose avec ce 0 sur 9 initial. Parce que la politique de transfert a refroidi l'ambiance du vestiaire de quelques degrés ? Du temps d' Herman Helleputte c'était presque tous les jours la fête. On riait à l'entraînement et les résultats suivaient. Lorsque Vincent Dufour reprit l'équipe voici deux ans, il changea radicalement l'approche. Le Français était issu des centres de formation et le mot discipline figurait partout. En obligeant les joueurs à être plus souvent au club, il tenta d'avoir plus de contrôle sur eux. Ainsi, les jours de matches, ils avaient droit le matin à un réveil musculaire. Et Dufour les obligeait à porter un appareil cardio-fréquencemètre en dormant. " Pourtant, nous n'avions pas de problèmes avec lui, il parlait souvent aux joueurs, y compris individuellement ", affirme Barry Boubacar Copa, le gardien flamboyant qui est le plus ancien représentant de la colonie ivoirienne à Beveren, puisqu'il y est depuis 2003. " Meeuws insiste plus sur l'agressivité et la concentration. Il exige que nous soyons professionnels, arrivions à temps, mais sans nous imposer de contraintes trop lourdes. Depuis le début de la saison, quasi personne n'est arrivé en retard ". En parlant sereinement avec les joueurs, le manager impose le respect. Eddy De Bolle, son assistant, qui a maintenu Beveren en D1 la saison dernière, sait très bien comment s'y prendre avec les Ivoiriens. " Crier, exercer un contrôle strict ne mène à rien, c'est en leur donnant une certaine liberté qu'ils apprennent leurs responsabilités ". Mais Copa constate une différence de taille : " Les Ivoiriens arrivent plus jeunes ici. Des garçons comme Gervinho (19 ans) n'ont pas le bagage que nous avions lors de nos débuts. Nous avions déjà fait nos preuves au pays. Il faut donc plus de temps pour préparer les nouveaux. N'oubliez pas que nous avons perdu Mohamed Diallo et ( Djire) Junior, ça fait un paquet de qualités à remplacer ". Beveren n'a pas marqué un seul but durant les trois premiers matches contre le Germinal Beerschot, Westerlo et Bruges. " Cela pèse sur le groupe, on voit le doute s'installer ", constate Copa. Le fait qu'il y ait plus de joueurs blancs dans le vestiaire jouerait-il un rôle ? Selon Meeuws, c'est pourtant la direction que prend Beveren : " La proportion est actuellement environ à 50-50 et cela va évoluer. Les deux groupes doivent encore apprendre à se connaître. J'en ai déjà parlé avec Copa et avec le capitaine Theunis. Toutefois, c'est aux joueurs de créer un esprit de groupe. On ne peut pas imposer cela comme entraîneur ". Copa : " Le foot pro ne sert pas à jouer entre amis, hein ? Il ne faut pas non plus dramatiser. On rigole encore volontiers à Beveren, venez voir nos entraînements en semaine ". Et de la musique africaine berce encore toujours le public avant les rencontres à domicile. " Quelques heures avant le match, pas juste avant ", précise Copa. " Nous en avons besoin pour pouvoir nous détendre. Il ne faut pas oublier de rigoler ! " MATTHIAS STOCKMANS