On avait posé le débat à la mi-septembre : Mouscron jouera-t-il les play-offs 1 ? Ce n'était pas fou, cette équipe était alors quatrième. Devant Bruges. Assez loin devant le Standard et Charleroi. Parmi les intervenants, Nordin Jbari répondait : " Pas du tout. " Par contre, Lorenzo Staelens disait : " A mes yeux, Mouscron n'a jamais été candidat à la relégation (...) Les équipes offensives comme Mouscron et Ostende ont toujours une chance de l'emporter et peuvent atteindre les PO1. " Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Cinq matches et une bataille à l'arraché non pas pour accrocher les PO1 mais pour éviter les PO3. Avec quelles chances de succès ? Au crachoir, des anciens Hurlus.
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On avait posé le débat à la mi-septembre : Mouscron jouera-t-il les play-offs 1 ? Ce n'était pas fou, cette équipe était alors quatrième. Devant Bruges. Assez loin devant le Standard et Charleroi. Parmi les intervenants, Nordin Jbari répondait : " Pas du tout. " Par contre, Lorenzo Staelens disait : " A mes yeux, Mouscron n'a jamais été candidat à la relégation (...) Les équipes offensives comme Mouscron et Ostende ont toujours une chance de l'emporter et peuvent atteindre les PO1. " Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Cinq matches et une bataille à l'arraché non pas pour accrocher les PO1 mais pour éviter les PO3. Avec quelles chances de succès ? Au crachoir, des anciens Hurlus.Il a joué aussi au Lierse, et donc il fait automatiquement un parallèle entre Mouscron et ce club aujourd'hui rival direct. " Le Lierse, Waasland Beveren et le Cercle peuvent avoir un avantage dans le sens où ce sont des clubs habitués à se battre pour rester en D1. " Pour Gonzague Vandooren, les incertitudes extra-sportives jouent à coup sûr un rôle dans le parcours récent des Mouscronnois, qui ne prennent plus de points depuis l'annonce d'un prochain changement de propriétaire, en décembre. " Tout aurait été plus simple pour eux s'ils avaient entre-temps été rassurés sur le futur du club " dit-il. Autre élément à prendre en compte : le manque de continuité sportive. " Si on regarde quelques matches contre des grands, style Anderlecht et le Standard, on se dit qu'il n'y a pas de soucis à se faire. Mais si tu ne parviens pas à enchaîner contre des adversaires plus modestes, tu risques d'avoir des problèmes. " Et son pronostic final ? " Mouscron a des qualités, même en ayant perdu son meilleur buteur, Abdoulaye Diaby. Mais je me pose des questions sur l'état d'esprit dans le noyau, j'ai l'impression qu'il était meilleur en D2 qu'aujourd'hui. Parfois, j'ai vu une équipe qui ne se posait pas de questions, qui continuait sur l'élan de sa montée. D'autres fois, j'avais l'impression qu'il y avait comme un complexe, un blocage. Il ne reste pour ainsi dire que des gros adversaires au programme, Mouscron ne s'en sortira que s'il y a une prise de conscience chez les joueurs. Il faut retrouver les gars qui ont parfois épaté pendant la première partie de la saison. Après le match contre le Standard au mois d'août, on a pu se dire, en voyant Steeven Langil et d'autres : -Qu'est-ce que des gars pareils font dans un club comme Mouscron ? Mais ils redeviennent vite des joueurs lambdas. Tout le monde les a découverts et bien cernés entre-temps, ça n'aide pas dans la course au maintien. " Toujours dans le foot, comme entraîneur de Sprimont en D3, il chiffre les chances de maintien sans passer par les barrages : " Au moins 50 %. Il y a eu suffisamment de matches où on a bien vu que la qualité ne manquait pas dans ce groupe. On a parfois carrément vu du génie, de la folie. " Argument pro-maintien supplémentaire : " Est-ce que les autres équipes du bas de classement sont mieux armées ? Je ne trouve pas. " Reste que le bilan des dernières semaines est inquiétant pour le futur. " C'est dans la tête ", poursuit Christophe Grégoire. " Pour le moment, le manque de confiance saute aux yeux, justement parce qu'il y a une très mauvaise série. Mouscron a par exemple perdu à Genk sur deux grosses erreurs individuelles, des erreurs qui trahissent une absence de confiance. Ça ne veut pas nécessairement dire que la défaite est méritée mais ça complique tout... Le plus urgent, c'est de chasser le doute. Je vois des joueurs qui n'osent plus. C'est dans ces situations qu'on voit qui en a dans le pantalon, qui est capable de tirer l'équipe vers le haut. Il est grand temps de le montrer. " Un pronostic pour cet ancien pilier revenu dans la maison, dans un rôle clé au Futurosport ? " Euh... Très difficile à dire. D'un côté, j'y crois... Parce que c'est mon club et que je veux y croire. Les voir redescendre, ça me ferait ch... " Mais encore ? " Quand tu regardes le calendrier, tu peux te demander où ils vont prendre des points ", continue SteveDugardein. Ce calendrier, c'est Ostende, Lokeren, Bruges, Westerlo et Charleroi. " Surtout au regard de l'évolution des dernières semaines. Il faudrait d'abord, ne fût-ce que pour la confiance, refaire un match complet sans encaisser. Ce n'est plus arrivé depuis la mi-octobre. Régulièrement, on voit que le château de cartes s'écroule dès que Mouscron prend un but. C'est aussi dû à l'absence de leaders. Il y a eu des défaites qui font vachement peur ! J'entends que l'état d'esprit est meilleur depuis que Fernando Da Cruz a remplacé Rachid Chihab mais ça ne se voit toujours pas le week-end. Les erreurs fatales continuent. Je me raccroche au fait que ces joueurs sont obligés de se montrer, vu qu'ils n'ont aucune certitude pour la saison prochaine. S'ils ne montrent pas qu'ils sont toujours là, ils passeront pour des tocards. " " Je crains le pire, c'est la chute libre, ça va être une bataille chaque week-end ", lance Ariel Jacobs. " J'ai vu des matches où il n'y avait pas de grinta, aucune envie de révolte : ce n'est jamais prometteur. Heureusement qu'ils ont pris des points inespérés en début de saison. Ce sont ces points-là qui leur permettent d'encore survivre aujourd'hui. " Pour lui, l'instabilité extra-sportive joue un rôle. " Lille, Oman, les rumeurs, ça a une influence, les joueurs ne savent plus où ils en sont depuis plusieurs semaines. Et certains se disent qu'ils ne seront de toute façon plus là dans quelques mois. Il faut se mettre dans la tête d'un joueur de foot. Il se dit : -Quoi qu'il arrive à mon club, je retrouverai de toute façon quelque chose. Se retrouver au chômage, ça peut arriver aux autres, pas à moi. Il se fie toujours aux garanties de l'un ou l'autre agent qui lui promet de lui trouver une nouvelle équipe. Un état d'esprit pareil n'est pas propice à la réalisation d'un objectif comme le maintien. En plus, ils ont une excuse toute trouvée si ça ne tourne plus : les incertitudes extra-sportives. Selon moi, Mouscron n'a pas moins de qualités que les autres équipes menacées, mais s'ils ne retrouvent pas le ressort, ça va être très compliqué. " PAR PIERRE DANVOYE" Je crains le pire, c'est la chute libre, ça va être une bataille chaque week-end. " Ariel Jacobs