Les souvenirs sont parfois trompeurs. Du plantureux 4-0 infligé par les Diables rouges aux Hongrois lors de l'EURO 2016, on retient un Eden Hazard flamboyant ou un Michy Batshuayi décisif. On oublie plus facilement que la rencontre a été accrochée jusqu'à une vingtaine de minutes du terme, malgré un rapport de forces disproportionné sur le papier. La Hongrie de Bernd Storck masquait ses faiblesses grâce à un football parfaitement huilé.
...

Les souvenirs sont parfois trompeurs. Du plantureux 4-0 infligé par les Diables rouges aux Hongrois lors de l'EURO 2016, on retient un Eden Hazard flamboyant ou un Michy Batshuayi décisif. On oublie plus facilement que la rencontre a été accrochée jusqu'à une vingtaine de minutes du terme, malgré un rapport de forces disproportionné sur le papier. La Hongrie de Bernd Storck masquait ses faiblesses grâce à un football parfaitement huilé. L'Allemand, arrivé à Mouscron à la fin de l'été, est un adepte du jeu de position. Le concept, popularisé par Pep Guardiola mais aussi pratiqué, dans des registres bien différents, par Maurizio Sarri ou Antonio Conte, pourrait être résumé comme une façon d'attaquer en zone. Le manager de Manchester City précise : " La majorité des gens pensent que la zone est seulement défensive, mais l'attaque en zone existe aussi. Quand tes attaquants sont loin du ballon, en train d'attendre que l'action arrive jusqu'à eux, c'est de l'attaque en zone. " Sur la pelouse, les déplacements des Mouscronnois ont des airs de symphonie. Chaque décrochage est accompagné de Mbaye Leye et accompagné d'une infiltration sur ce côté droit qu'il déserte souvent. De l'autre côté du terrain, Nikola Gulan et Manuel Benson s'appliquent soigneusement à ne jamais figurer sur la même ligne verticale, pour semer le doute dans l'organisation adverse qui perd alors ses repères naturels. D'abord collé à la ligne de touche, puis installé à l'intérieur du jeu, l'ailier virevoltant prêté par Genk a mis son pied gauche dans les deux buts inscrits par les Hurlus dans une Ghelamco Arena pourtant imprenable depuis l'arrivée de Jess Thorup. Tout le football de Mouscron semble minutieusement chorégraphié. Une approche qui pourrait paraître trop rigide, voire carrément liberticide, mais qui sait s'adapter aux forces et faiblesses du groupe. Protégés par le puissant Frank Boya, les défenseurs centraux limitent leur rayon d'intervention et donc leur risque d'erreur. De l'autre côté du rond central, Taiwo Awoniyi est seul en pointe sur le papier, mais peut compter sur les déplacements de Leye pour transformer ce 4-3-3 théorique en système à deux attaquants, celui dans lequel le Nigérian s'exprime le mieux.