" Les années qui filent m'ont offert un beau cadeau : la connaissance, que ce soit comme joueur ou en tant que coach, de quasiment toutes les occupations de terrain. Jeune, j'ai connu le WM avant découvrir le 4-2-4 et la défense en ligne avec Pierre Sinibaldi, le 4-4-2, le 4-3-3, etc. Au fil des années, les systèmes sont devenus moins rigides et leurs animations plus prépondérantes. J'ai suivi la Coupe du Monde en attendant une nouveauté. L'Espagne a imposé le jeu technique, et je m'en réjouis, en jouant ave son 4-2-3-1, sans rien lâcher derr...

" Les années qui filent m'ont offert un beau cadeau : la connaissance, que ce soit comme joueur ou en tant que coach, de quasiment toutes les occupations de terrain. Jeune, j'ai connu le WM avant découvrir le 4-2-4 et la défense en ligne avec Pierre Sinibaldi, le 4-4-2, le 4-3-3, etc. Au fil des années, les systèmes sont devenus moins rigides et leurs animations plus prépondérantes. J'ai suivi la Coupe du Monde en attendant une nouveauté. L'Espagne a imposé le jeu technique, et je m'en réjouis, en jouant ave son 4-2-3-1, sans rien lâcher derrière. C'est bien mais j'espérais voir d'autres trouvailles dans le chef de ses adversaires. Et, là, je suis resté sur ma faim. Les coaches sont de moins en moins des chercheurs. On l'oublie mais la Belgique a souvent été un laboratoire. Des coaches fouineurs ont trouvé des systèmes pour bien exploiter les atouts de leur effectif. A ce jeu-là, Tomislav Ivic est un des derniers inventeurs du football. En 1980, il a tout chamboulé en débarquant à Anderlecht. Et c'était bien plus intéressant que José Mourinho. Comme le Portugais, Ivic a fait passer le collectif avant les stars. Des monstres sacrés comme Juan Lozano, Ludo Coeck, Frankie Vercauteren, Arie Haan ou Morten Olsen ont adhéré à sa vision. Ce ne fut pas facile de les convaincre d'abandonner leur smoking pour une salopette de simple ouvrier du football. Ivic prônait le hors-jeu et le pressing sur le porteur du ballon. La reconversion était ultra-rapide dès que le Sporting entrait en possession du ballon. Le problème était énorme pour les autres coaches, dont je faisais partie, car les Mauves chassaient à trois ou à quatre pour reprendre le cuir. L'adversaire ne savait plus où donner de la tête sauf si son équipe détenait un gros bagage technique comme c'était le cas de Seraing. Ivic réclamait un gros engagement et une concentration permanente épuisante. Si un joueur lâchait, le système s'écroulait. Par rapport à Mourinho, Ivic cherchait à reprendre le cuir beaucoup plus haut. A l'Inter, le Portugais attendait dans son camp, laissait généralement le jeu à son adversaire et exploitait les contres. Ivic, lui, devait résoudre le problème de sa défense haut placée. Quand un adversaire plongeait dans la profondeur, Olsen, Hugo Broos ou Luka Peruzovic, surtout, exploitaient leur pointe de vitesse pour le reprendre. A la place de Mourinho, j'irais faire un petit tour chez Ivic, à Split. Je suis certain que le vieux mage dalmate lui reparlerait entre autres de son vécu à Anderlecht : cela peut servir, même au... Real ! " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing).propos recueillis par pierre bilic