Il est encore tôt, en ce mercredi après-midi ensoleillé, quand, au hall sportif de Berlare, Sandy Martens tire sa quatrième flèche en direction de la cible du club local, le Koninklijke Ridderlijke Gilde Sint-Sebastiaan, (la Guilde Royale des Chevaliers de Saint-Sébastien, traduction libre) fondé en 1566!
...

Il est encore tôt, en ce mercredi après-midi ensoleillé, quand, au hall sportif de Berlare, Sandy Martens tire sa quatrième flèche en direction de la cible du club local, le Koninklijke Ridderlijke Gilde Sint-Sebastiaan, (la Guilde Royale des Chevaliers de Saint-Sébastien, traduction libre) fondé en 1566! "J'aime ça", confie l'avant. "Je pratique le tir à l'arc depuis que j'ai cinq ou six ans. A cette époque, les arcs étaient encore faits d'une tige de bois et d'une corde. Ils se sont modernisés. Ils sont équipés de poulies et pour un bon arc, il faut débourser de 750 à 1000 euros".Un gamin d'une dizaine d'années lui succède. Non sans allure, il dirige son arc, d'un modèle un rien plus léger, sur les oiseaux-cibles. "Regardez", explique Sandy Martens (30 ans): "A chaque détail, on voit que ce gamin a déjà tout. Son attitude, la position de la flèche, le coup d'oeil". C'est pareil chez les Martens, de Brakel, une famille très connue dans le milieu du tir à l'arc: "C'est dans le sang. Mon père, mon oncle, mon cousin pratiquent ce sport... Ce n'est pas un hasard si nous avons déjà été champions de Belgique avec les Ware Vrienden Brakel (les Vrais Amis de Brakel). Moi-même, j'ai été champion régional en Scolaires et en Juniors. Quand j'étais gosse, nous allions tirer à deux, trois ou quatre familles. Quand il faisait bon, nous emmenions un frigobox et nous partions pour la journée. Pendant que les hommes tiraient, les femmes allaient se promener. Maintenant, il y a plus de femmes qui s'adonnent à cette discipline. Nous en avons deux ou trois chez nous. C'est un sport populaire, accessible aux jeunes comme aux vieux. J'ai toujours aimé le tir à l'arc. C'est une distraction, sinon, le football m'accaparerait continuellement. Ici, je peux me libérer, penser à autre chose, bavarder de tout et de rien. C'est ce qu'il y a de chouette dans ce sport. Je retrouve ma sérénité, ici. Mon amie le dit: - Pour Sandy, le football est générateur de stress, mais le tir à l'arc le détend. (Il rit). Elle a tout à fait raison. Ce qui est aussi gai, évidemment, c'est que je me défends bien, quand je suis en forme. Même s'il s'agit d'un hobby, ma satisfaction est plus grande si j'atteins ma cible". "Lors du dernier championnat de Belgique, il a été le meilleur du club avec neuf points", raconte son père. Les interclubs ont bientôt lieu. On les appelle le concours du roi. L'objectif est de devenir le roi et de disputer le championnat de Belgique, le 16 mai."On ne sait jamais ce qui peut arriver, dans un bon jour", rit Sandy. "Il en va du tir à l'arc comme du reste: il faut un brin de chance. Il faut être incroyablement précis pour abattre ces oiseaux placés à 32 mètres de haut. N'oubliez pas qu'il n'y a pas de viseur sur un arc et qu'en plein air, il faut aussi tenir compte du vent. Il est impossible de faire mouche sans un peu de chance. L'avantage, c'est qu'il n'y a pas 20.000 personnes qui vous regardent comme à chaque match à domicile de Bruges et qu'on ne vous siffle pas non plus si vous ratez votre cible (il rit). Ici, il est permis d'échouer. En football, pas. Comme pour tout sport, il faut être en forme. Je viens de tirer quatre flèches et j'ai réussi un quatre sur quatre mais samedi prochain, il est tout à fait possible que je n'en touche pas une. Certains jours, vous réussissez tout, d'autres pas. L'essentiel est de s'entraîner mais nous n'avons plus de stand à Brakel. Avant, nous en avions deux sur le parking d'un café mais c'est fini depuis les années '80. Maintenant, nous devrions obtenir deux nouveaux stands de tir dans le hall sportif. éa pourrait déjà être terminé cet été. Alors, le club pourra fixer des heures d'entraînement, le soir ou l'après-midi. Maintenant, ce n'est pas possible et nous ne pouvons donc pas attirer des jeunes. J'ai organisé mon concours, le GP Sandy Martens, à Ingooigem. J'ai complètement abandonné pendant sept ans, au moment où j'ai commencé à évoluer en D1, mais je m'y suis remis. J'en ai besoin. Il faut faire ce qu'on aime. Dans les moments difficiles, je m'adonnais au tir à l'arc tous les jours".Cet après-midi, à Berlare, 20 clubs sont inscrits. 61 tireurs sont présents mais on n'en voit guère tout près des deux stands. Une fois leur tir terminé, la plupart rallient la cafétéria,en droite ligne. "Ils boivent un verre ou jouent aux cartesentre les coups",sourit Sandy Martens. "N'oubliez pas qu'un concours dure de 14h30 à 18h30. En été, lorsque nous jouons le soir, c'est de 18.30 heures à 23.30 heures. De fait, de temps en temps, certains boivent un verre de trop, oui. Comme je vous le disais, c'est un sport populaire. Mais on veille à ce que ça ne devienne jamais dangereux (il rit)". Christian Vandenabeele"Ici, on ne vous siffle pas quand vous ratez votre cible"