Les amateurs de basket l'auront déjà tous remarqué : certains joueurs aiment parler, provoquer l'autre ou encore rouler des mécaniques. Le phénomène, venu en droite ligne des Etats-Unis, est présent sur nos parquets. Mais il s'est étendu à tous les sports. En foot aussi, ça existe. On se souvient de l'ancien attaquant anderlechtois NenadJestrovic, qui n'hésitait pas à provoquer son défenseur jusqu'à le faire sortir de ses gonds. MilanJovanovic n'est pas mal non plus dans le genre, tout comme le Brugeois CarlHoefkens.
...

Les amateurs de basket l'auront déjà tous remarqué : certains joueurs aiment parler, provoquer l'autre ou encore rouler des mécaniques. Le phénomène, venu en droite ligne des Etats-Unis, est présent sur nos parquets. Mais il s'est étendu à tous les sports. En foot aussi, ça existe. On se souvient de l'ancien attaquant anderlechtois NenadJestrovic, qui n'hésitait pas à provoquer son défenseur jusqu'à le faire sortir de ses gonds. MilanJovanovic n'est pas mal non plus dans le genre, tout comme le Brugeois CarlHoefkens. En basket, le trash-talking est arrivé avec les premiers joueurs américains. " Il y a ce genre de joueurs dans la plupart des équipes ", confirme ChristopheBeghin, l'intérieur de Charleroi. A commencer par son équipier MattWalsh. Considéré comme ingérable par ses détracteurs, le scoreur américain n'hésite pas à donner de la voix. " Nous, les Belges, nous ne sommes pas trop dans ce trip-là ", explique LionelBosco, le meneur de Liège. Certes mais on se souvient quand même de RonnyBayer et de Jean-MarcJaumin, qui aimaient provoquer l'adversaire. Aujourd'hui, un de nos compatriotes se détache dans ce domaine : WenMukubu. Mais le marqueur liégeois a fait toute sa formation aux Etats-Unis. " Il se parle beaucoup à lui-même. C'est comme cela qu'il se motive ", dit l'un de ses équipiers. Le trash-talking existe aussi bien sûr dans les sports individuels tels le tennis, l'athlétisme ou la natation. " Juste avant la compétition, chacun a ses habitudes ", explique JefBrouwers, psychologue du sport. " Certains cherchent à se mettre dans leur bulle, pour ne pas se déconcentrer. D'autres font du bruit, crient ou parlent volontairement aux autres. Ils veulent les sortir de leur concentration et leur montrer qu'ils se sentent très forts. " En 2008 lors des Jeux olympiques de Pékin, YorisGrandjean, le nageur liégeois s'était hissé en demi-finales du 100m libre. Après la course, il avait reconnu avoir été un peu trop spectateur dans la chambre d'appel. " Je mesure près d'1,85m mais je me sentais tout petit face à certains rivaux. Non seulement, je leur rendais dix centimètres mais, en plus, ils se frappaient les pectoraux et faisaient du bruit. Je dois avouer que ce n'était pas facile de rester dans ma bulle. D'un autre côté, en agissant de la sorte, ils me motivaient également. Ils me poussaient à les défier. " On sait que la chambre d'appel est, pour le nageur et l'athlète, le dernier moment avant l'instant de vérité. Certains athlètes prennent un malin plaisir à rouler des mécaniques. L'Américain MauriceGreene, triple champion du monde du 100m, invectivait ses rivaux avant de sortir la langue dans les starting-blocks. Aujourd'hui, UsainBolt, l'homme le plus rapide du monde, fait le show dès avant la course. Mais s'il cherche sans doute aussi à impressionner ses adversaires, on a le sentiment qu'il fait ses facéties pour se décontracter et amuser le public. Toujours est-il que, dans son sillage, les autres sprinters, à commencer par le reste de la meute jamaïquaine, rivalisent de facéties sur la ligne de départ qui prend des allures de grand cirque. Kevin et JonathanBorlée, nos célèbres twins, ne pratiquent guère le trash-talking mais ils y ont déjà été confrontés. " Tu ne pourras jamais empêcher certains athlètes de vouloir rouler des mécaniques ", explique Jonathan. " Mais, moi, ça m'a toujours laissé de marbre. Je suis dans ma bulle et j'y reste. " Kevin, lui, ajoute : " La chambre d'appel, si redoutée par beaucoup, est un endroit où je me sens très bien. Alors que le stress monte chez d'autres, moi je m'y relaxe tout à fait. C'est peut-être le lieu où je me sens le plus fort. " Le champion d'Europe 2010 et le détenteur du record de Belgique s'alignent, le plus souvent, sur le tour de piste. " Dans cette discipline, le trash-talking n'est pas fort présent ", dit Jonathan. " Les athlètes pensent surtout à leur plan de course, ce qui n'est pas le cas sur 100m. Nous, on a une tactique à respecter malgré un effort très violent. Donc, on essaye de ne pas perdre trop d'énergie avant la course. Sur 100m, tu peux essayer d'influencer l'autre pour l'amener à ce qu'il rate son départ, un élément moins déterminant sur 400m. L'Américain AngeloTaylor est le seul de nos concurrents à vraiment user du trash-talking. Il aime réellement ça. Il crie pour que tout le monde sache qu'il est là et va toujours voir ses rivaux. Cela me fait plus rire qu'autre chose. " Que ce soit en finale des Mondiaux 2011 ou des JO 2012, les jumeaux avaient un atout indéniable : ils étaient ensemble au rendez-vous. " Il est clair qu'être là à deux peut constituer un avantage. Kevin et moi, on se parle, on rigole et on ne fait pas attention aux autres. On ne vise pas forcément à perturber les autres mais si le fait qu'on soit deux leur fait peur, tant mieux. "PAR DAVID LEHAIRE - PHOTOS: IMAGEGLOBE" Tu ne pourras jamais empêcher certains athlètes de vouloir rouler des mécaniques. " (Jonathan Borlée)