Rencontre très probable lors du gala FIFA Player of the Year dans les coulisses de l'Opéra de Zurich : le Dr Michel D'Hooghe, président de Bruges, membre du comité exécutif de la FIFA et président de sa commission de médicale.
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Rencontre très probable lors du gala FIFA Player of the Year dans les coulisses de l'Opéra de Zurich : le Dr Michel D'Hooghe, président de Bruges, membre du comité exécutif de la FIFA et président de sa commission de médicale. Souriant, détendu, le verre de champagne à la main, tentait-il de donner le change quelques 24 heures seulement après l'humiliation vécue lors du derby face au Cercle (0-1) ? Non, le Flandrien est en forme. " Même si je ne n'assumerai pas la présidence brugeoise pendant de longues années encore ", lâche-t-il dans un sourire franc. " Il ne faut pas oublier que je suis là parce que feu le président Michel van Maele m'avait demandé - sur son lit de mort - de lui succéder ". Pas le genre de service d'ami qu'on refuse. Mais la vie du Dr D'Hooghe n'est pas un long canal tranquille depuis qu'il est à la tête des Blauw en Zwart : " Le club tourne bien. Nous avons 25.000 abonnés et il est bien structuré avec Filips Dhondt en charge des affaires financières et Marc Degryse au sport. Nos résultats ne sont pas brillants mais le championnat est encore long. Notre seul souci, c'est le style de jeu. Vous ne pouvez pas imaginer la verdeur de ton et la teneur des e-mails qu'on m'envoie à ce sujet. Attention : EmilioFerrera est un entraîneur très compétent et très professionnel, mais les spectateurs renâclent. Ils veulent plus de spectacle. Pourtant, Ferrera marque des points. Il y a quelques jours, Philippe Clement m'a dit qu'il aurait fait une toute autre carrière encore s'il avait connu son coach actuel plus tôt. C'est dire l'estime dans laquelle on tient Monsieur Ferrera chez nous... " Mais bon, le coach bruxellois sera en fin de contrat cette saison et - à moins d'un miracle (le titre de champion ?) -, on ne voit pas tellement comment il pourrait prolonger son bail dans la Venise du Nord en se basant sur les vibrations actuelles. " C'est beaucoup trop tôt pour parler de ça ", tranche le Dr D'Hooghe. " Mais c'est vrai que notre public espère plus et mieux de ses coaches. On attend toujours, ici, de trouver le vrai successeur à Ernst Happel ". Néanmoins, les vraies inquiétudes de Michel D'Hooghe concernent plus le football belge dans son ensemble que son club : " On n'est plus présent sur le plan international. Les clubs souffrent parce qu'ils font de la formation pour les autres pays. Et l'équipe nationale... On vient d'une période où on s'était qualifiés à six reprises de suite pour la phase finale du Mondial ! " D'Hooghe n'avait pas été tendre à l'égard de René Vandereycken dès le match nul inaugural en Belgique contre le Kazakhstan, affirmant que les Diables Rouges n'auraient que très peu de chances de se qualifier pour l'EURO 2008. " Je ne veux pas critiquer le coach mais ça n'a pas l'air d'aller mieux. A-t-on suffisamment de bons entraîneurs en Belgique ? Pour les clubs, il faut peut-être réfléchir, mais pas pour l'équipe nationale. Là, je ne me poserais pas la question très longtemps : il faut engager un entraîneur étranger ". En ce qui concerne l'Union Belge (on était à quelques jours de la nomination de Jean-Marie Philips comme CEO, laissant loin derrière lui Alain Courtois avec 13 voix du comité exécutif contre 6), D'Hooghe n'était pas moins prolixe : " Il y a énormément de travail à faire à la fédération. Surtout quand on voit le niveau auquel en compagnie d'Alain on avait apporté l'UB. Monsieur Philips ne craint pas les conflits, c'est dans sa nature, mais il faudra que tout le monde se serre très fort les coudes. Notamment pour retrouver la puissance financière d'avant, car c'est cela qui détermine aujourd'hui les succès sportifs ". En attendant, le sponsor Dexia a quitté la fédération pour accentuer son effort brugeois, contribuant même à la construction d'un nouveau stade à son nom : " On peut être fier au Club, on a lancé un projet de stade entièrement financé par le privé. Il faut se secouer en Belgique, autrement on va continuer à rétrograder. C'est pour cela que je vois d'un très bon £il le fait que la Belgique soit candidate (avec les Pays-Bas et le Grand-Duché du Luxembourg) à l'organisation de la Coupe du Monde 2018. Il faut être ambitieux, n'est-ce pas ". JOHN BAETE