Pendant la situation de crise que vient de traverser La Louvière, la présence d'un élément modérateur fut bienvenue. D'autant que ce solide défenseur propose une approche particulière de son métier. Il vante l'amour du maillot.
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Pendant la situation de crise que vient de traverser La Louvière, la présence d'un élément modérateur fut bienvenue. D'autant que ce solide défenseur propose une approche particulière de son métier. Il vante l'amour du maillot.Exceptés les premiers pas à Warcoing (club de 4e Provinciale), vous avez passé 4 ans à Courtrai, 7 à Mouscron et vous accomplissez votre cinquième saison chez les Loups...Dans les trois clubs où je suis passé, j'ai assidûment tenté de m'impliquer à fond. Mon caractère ouvert me pousse à rechercher une intégration rapide. Je vais sans hésiter vers les autres car le contact représente un vecteur essentiel de mon existence. Lorsque je me sens bien quelque part, je ne songe pas à partir. Les belles et grandes promesses relèvent de l'hypothèse pure. Réaliser un transfert est possible. Lorsqu'il m'est arrivé d'être approché, j'ai réfléchi. Excepté les grands clubs, je ne vois pas qui pourrait m'offrir un meilleur confort de vie que La Louvière. Ainsi qu'une telle ouverture professionnelle. Remarque valant également pour ma période mouscronnoise.Pourquoi avoir quitté l'Excel alors?Rien à voir avec l'esprit. Ou les conditions de travail. Il me restait un an de contrat. On m'a signifié poliment que l'entraîneur ne comptait plus trop sur moi. J'ai donc signé à La Louvière en D2. Cette année-là, une cascade de blessures s'est abattue sur la défense de Mouscron. J'aurais selon toute vraisemblance reçu ma chance. Tant pis! En ce qui me concerne, je ne regrette rien puisque via le tour final, nous avons rejoint l'Excel en D1! Mine de rien, je deviens un spécialiste du tour final. J'en ai disputé cinq et remporté deux.Rester au TivoliVous aurez 28 ans en mars, mais vous n'avez pas encore démontré réellement votre valeur parmi l'élite.A Mouscron, je trouvais normal d'être substitut. Goran Vidovic jouait à ma place. Compte tenu de ses brillantes prestations, tant en club que sous la bannière nationale, je n'avais strictement rien à revendiquer. Depuis, j'ai évolué. Gagné en polyvalence. L'actuelle campagne est mon dernier examen de passage puisque j'arrive en fin de contrat à La Louvière. Personne ne m'a encore appelé à la table des négociations. Compte-tenu du remue-ménage, je comprends. De toute manière, je souhaite poursuivre ma carrière au Tivoli.Vous demeurez sur une saison 2000-2001 marquée du sceau de la régularité. 30 matches en tant que titulaire, trois semaines d'absence dues à un abus de cartes jaunes et seulement un dimanche de congé à cause d'une blessure au dos. Remarquable.Je n'ai pas la prétention d'être un joueur capable de soulever un stade grâce à un exploit technique. Ou individuel. Par contre, à l'image d'un Thierry Siquet, je mets un point d'honneur à faire montre de constance. Si l'on dit de moi: -Celui-là, on peut toujours compter dessus, alors j'aurai accompli ma mission. Etre le centre des discussions de bistrot m'importe peu. Tant que l'entraîneur et mes équipiers mesurent la valeur de mon apport, je vais bien. Sans le collectif, je ne suis rien. Vous n'aimez pas vous voir en photo dans le journal?De temps en temps. Pas trop souvent. Je n'ai pas besoin de cela pour être heureux. Après, vous passez pour une "vedette". Les gens vous attendent au tournant. Inutile de susciter des jalousies. Durant des années, mon père, que j'ai perdu depuis six ans, m'a suivi. Après les rencontres, il décortiquait mes actions en se montrant critique. Il m'a appris l'humilité. Je retiens ce qu'il m'a enseigné. J'essaye de réaliser une analyse objective de mon comportement. Au sortir de la pelouse, personne n'a besoin de me signifier que j'ai mal ou bien joué. Je le sais. S'il le faut, je n'hésite pas à regarder plusieurs fois les images à la télévision. A les enregistrer. De la sorte, j'observe mieux les lacunes. Le feu de l'action aveugle. On pense à l'attaquant, au ballon.Pas de personnalité?Votre attitude ne révèle-t-elle pas un manque de personnalité?Le reproche m'est fréquemment adressé. Mais le rôle de leader revient aux plus anciens: Benoît Thans, Domenico Olivieri, Manu Karagiannis. Et si, comme cela est arrivé, un de ceux-ci se trouve en pleine tourmente, aux autres à prendre le relais en créant l'ambiance. On s'en sort en faisant bloc. Impératif que les prises de bec se limitent aux murs de notre local. Sur le terrain, par contre, je ne gueule pas assez. Critique justifiée. En tendant vers une défense de zone où carrément la ligne, le contact vocal détermine l'efficacité de la charnière centrale. Nécessaire de réagir très vite. D'avertir son partenaire de l'imminence d'un danger. Le guider à l'instant de lui adresser une passe. Des points se perdent et se glanent via une information rapide. En prenant le pli à l'entraînement, le réflexe deviendra automatique. Cela s'avère d'autant plus aisé à mettre en place que la majorité des joueurs parlent naturellement le français. Le tout est d'y penser.Vous stigmatisez un manque d'expérience. Etonnant quand on constate que votre moyenne d'âge est élevée.Karagiannis n'est pas en cause évidemment! Manu n'a pas sa langue en poche. Globalement par contre, ça laisse à désirer. Et encore! La saison dernière, durant notre course poursuite, nous avons appris. L'acquis accumulé nous sert en ce début ne prêtant guère à l'enthousiasme. Nous savons qu'il ne sert à rien de paniquer. L'essentiel repose sur le travail. Demeurer concentré. Retrouver notre football. Appréhender l'ensemble de la compétition plutôt que se lamenter sur la première tranche.D'accord, le calendrier ne vous a pas gâtés.Quand je vois le cheminement d'Alost, je remarque que la confiance donne des ailes. Troquons les rendez-vous et peut-être sommes-nous à la place des Alostois, nonobstant le respect que je nourris à leur égard.Laisser des plumes au GBA ou à Genk n'a rien de scandaleux dans l'absolu. Par contre, l'ampleur des scores a surpris, quand même.Voilà le problème! Moralement, nous aurions mieux digéré la pilule si nous nous étions inclinés sur des marges acceptables. Ce qui s'est produit l'an dernier, cela dit. Chacun vantait la qualité de notre football, sans que nous flirtions avec la victoire. Pour le reste, perdre 8-2 ou 1-0, revient au même. Nous avons été cueillis à froid. Depuis la visite du Lierse, la progression se poursuit. Pas encore de façon notable au plan des résultats. Par contre la manière évolue. La responsabilité d'encaisser des buts à la pelle n'incombe pas uniquement à la défense. L'attaque et l'entrejeu ont l'obligation de dresser un premier, puis un deuxième barrage. Maintenant, c'est le cas. Chacun tient plus facilement son rôle. Assume mieux ses responsabilités. Je songe notamment à Ode Tidman. Quel calvaire il a vécu. Il y avait de quoi tuer un jeune gardien. Au lieu de cela, il progresse...Daniel Renard