"Pour ses débuts, Morgan Schneiderlin a démontré avec précision ce dont Manchester United a manqué depuis Owen Hargreaves : un médian capable de récupérer des ballons et de former un bouclier défensif. " Jim White plante le décor dans le Telegraph du lundi suivant la première rencontre du Français sous Louis Van Gaal. Impossible de le cacher, l'intégration du médian a été incroyablement rapide.
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"Pour ses débuts, Morgan Schneiderlin a démontré avec précision ce dont Manchester United a manqué depuis Owen Hargreaves : un médian capable de récupérer des ballons et de former un bouclier défensif. " Jim White plante le décor dans le Telegraph du lundi suivant la première rencontre du Français sous Louis Van Gaal. Impossible de le cacher, l'intégration du médian a été incroyablement rapide. Si pour lui, évoluer à Old Trafford était " un rêve ", il ne semble pas impressionné par la pression liée à son prix de transfert (un peu moins de 35 millions). " C'est comme s'il était déjà à la maison ", poursuit White. " Il transpirait l'excellence. Sa présence sera vitale pour ManU cette saison. Il fait tout avec simplicité, discipline et contrôle. C'est un gars qui rend son équipe meilleure. " Le rôle de Schneiderlein ne prête pourtant pas aux vidéos YouTube accompagnées d'un gros beat de rap. Son boulot est simple : diriger, récupérer, relancer et dicter le tempo quand le besoin s'en fait sentir. Rien de plus. Cela semble réducteur et peu glamour mais c'est à cette tâche qu'il est coltiné dans le système à deux demis défensifs de LVG. " Si ManU l'a acheté c'est parce qu'il voit en lui " The Man ", la plate-forme centrale de son jeu ", analysait The Guardian conscient que le n° 24 est synonyme de travailleur de l'ombre. C'est également ce qui a plu à Didier Deschamps qui l'a, suite à plusieurs blessures chez les Bleus, emmené dans ses bagages au Brésil. Vu la place qu'il occupe actuellement à Manchester, Schneiderlin doit se brider un peu. " La position dans laquelle il jouait avec nous est la meilleure pour lui ", balançait Ronald Koeman, son dernier mentor à Southampton. Chez les Saints, le Français jouissait d'une grande liberté. Posté en 8 lors de sa dernière saison, il avait l'avantage de pouvoir compter sur un équipier pour le couvrir et faire le sale boulot dans son dos. De son propre aveu, il " aime dicter le jeu de derrière et faire des courses vers l'avant. " Mais Bastian Schweinsteiger et Michaël Carrick ne sont pas aussi dociles que Victor Wanyama et compagnie. Mais le gamin a les dents longues. " Je ne me fixe pas de limite ", expliquait-il au blog Hat Trick. Cette ambition, il l'a en lui depuis tout jeune. Personne ne pouvait néanmoins lui prédire une carrière qui l'emmènerait jusqu'à Manchester. Lui-même n'y croyait pas lorsqu'il chaussait ses premiers crampons à Zellwiller, l'équipe de son bled alsacien (le nom Schneiderlin n'est donc pas trompeur). Rapidement, le gamin rejoint l'excellent centre de formation de Strasbourg. Il va jusqu'à intégrer l'équipe fanion dès ses 16 ans, l'âge auquel il signe pro. Un record. Avec des débuts en L2 à 17 ans et en L1 à 18 ans, il est en passe de s'imposer dans le groupe mais le besoin de liquidités du club suite à sa nouvelle culbute vers l'antichambre de l'élite le pousse à partir. Southampton, modeste club de Championship (D2), dépose 1,5 million sur la table et lui fait traverser la Manche. La première saison est complexe pour le médian et se conclut par une rétrogradation en League One et une mise sous contrôle judiciaire de la société qui détient le club. La galère commence et s'il confie être dégoûté et avoir pensé à arrêter, il s'accroche. Mentalement, tout revient dans l'ordre. Et physiquement, tout change. " Je suis passé de 80-82 kilos à moins de 78. J'étais trop lourd jusqu'à mes 21 ans. Ça ne se voyait pas de l'extérieur mais j'étais cuit en fin de match. " Sa remise en forme coïncide avec le renouveau des Saints. Après avoir vécu deux saisons en League One, il remonte directement en Championship avant d'atteindre la Premier League. Après quatre saisons, Schneiderlin découvre le championnat dont tout le monde rêve en tant qu'homme neuf, transcendé par son vécu à l'échelon inférieur. " Quand je suis arrivé, je n'avais pas en tête cette idée d'impact physique. Mais en League One, si tu ne mets pas le pied, tu te fais descendre. Tu dois apprendre à mettre des tampons. " Message reçu 5 sur 5. Schneiderlin finit 2013, et donc sa première saison parmi l'élite, avec le titre honorifique de meilleur tacleur d'Europe sous le bras. Son total s'élève à 162 tacles et interceptions en 12 mois. Il survole aussi bien la Premier League que toutes les autres compétitions majeures. C'est ce style qui fait de lui l'une des coqueluches de St Mary. Il finit son premier exercice avec 4,1 tacles et 3,9 interceptions par match. Ses concurrents ne peuvent pas suivre. L'homme reste pourtant discret sur la pelouse et se cantonne à son rôle de pare-chocs devant la ligne arrière. Ses potes tentent de lui faire comprendre qu'il peut mettre le nez à la fenêtre mais il reste sciemment en retrait. Trop peu perso, il préfère bouger plutôt que faire bouger. Mauricio Pochettino se satisfait de son rendement défensif mais le somme d'évoluer plus haut, de se transformer en box-to-box. " Mais je me vois surtout comme un meneur de jeu en retrait. Le genre de joueur qui touche beaucoup de ballons et qui oriente le jeu. " Ce rôle, qu'il a occupé avant que Ronald Koeman ne le poste plus haut l'an dernier - en témoignent son nombre de tacles (3,7) et d'interceptions (2,6) en baisse mais son taux de réussite à la passe en hausse (+ 4,3 %) -, est celui qu'il devra occuper à Manchester United. Depuis son arrivée à ManU, il a d'ailleurs tellement convaincu l'opinion publique que Sky Sports a osé poser la question qui tue : qui de Bastian Schweinsteiger ou de Michaël Carrick gagnera la bataille pour être le partenaire de Morgan Schneiderlin dans le coeur de l'entrejeu mancunien ? PAR ROMAIN VAN DER PLUYM - PHOTO BELGAIMAGEIl fait tout avec simplicité, discipline et contrôle.